«Globalement, les grosses légumes ont du mal à en découdre avec les autres équipes»

Revenons spécifiquement sur le Cameroun, je crois qu’on aura tout un autre match, en deuxième journée. On aura une équipe remaniée à deux ou trois joueurs. Mais une équipe qui saura qu’il va falloir mettre le paquet pour pouvoir se qualifier et souffler lors de la troisième journée.

Le chroniqueur sportif évalue le début de la compétition et les favoris. Il fait des projections sur leurs chances de qualification au second tour.

Emmanuel Mbankolo

La compétition est lancée depuis dimanche dernier. Et on constate comme une entame poussive pour le gros des équipes participantes êtes-vous d’accord avec cette façon de voir les choses?
Il faut dire que le premier constat qu’on fait est que c’est poussif. Mais pour expliquer cela, il faut comprendre qu’on est au premier tour et il y a aussi la pression. Chacune des équipes veut éviter de mal faire, chacune des équipes veut faire de son mieux, et puis il y a la pression du premier match. Ce n’est pas évident et la CAN c’est du lourd. Ce n’est pas du tout évident. Donc quel que soit le cas, il faut le dire à suffisance, le constat est clair, c’est poussif. Mais dès le deuxième match, ça ira au mieux. Là, il y a véritablement pour l’instant la pression du premier match.

Certains journalistes étrangers et occidentaux évoquent la chaleur pour expliquer la peine des équipes. Est-ce un argument valable?
Dire maintenant dire que c’est le fait de la chaleur, non je ne le pense pas. Dans tous les pays en Afrique, il fait chaud en cette période. En ce moment, je pense qu’au Cameroun, il fait moins chaud que dans beaucoup de pays en Afrique. Ce n’est pas seulement la chaleur, c’est aussi qu’on reçoit des joueurs en pleine compétition, et pour d’autres pays, il y a des joueurs dont les compétitions ont été arrêtées depuis deux ou trois mois. Donc ce n’est facile.

C’est normal qu’on ait cette impression ou bien qu’on ait ces moments-là, le temps de l’adaptation, ce n’est pas évident. Je ne pense pas que la chaleur soit un argument qui tienne. Il y a eu des Coupes d’Afrique des nations au Mali, au Burkina Faso et dans les pays vraiment chauds à cette période-ci et personne n’est mort. On a eu des matchs qui étaient d’une certaine qualité. Donc quel que soit le cas, ça toujours été ça la Coupe d’Afrique des Nations. Ce n’est pas toujours allé tambour battant, c’est une compétition qui va toujours tel un moteur diesel, il faut le savoir.

À la veille du lancement des deuxièmes matchs (jeudi) de poule, quelle lecture globale faites-vous du jeu produit par les 24 équipes participantes?
Il faut dire que globalement que les grosses légumes ont du mal à en découdre avec les autres équipes. On a bien vu que le Cameroun a été costaud tactiquement, mais a peiné quand-même à se départir du Burkina Faso. Ça été le cas pour le Sénégal, on a vu la difficulté du Maroc face au Ghana, même si le Ghana est une grosse légume du football continental. On a vu l’Algérie ne pas trouver ses marques face à la Sierra Léone qui aurait pu l’emporter. Donc, ce n’est pas facile du tout. Ça aussi ça vient juger un peu du nivellement et montre aujourd’hui ce qu’on constate sur le continent en matière de football. C’est quelque chose de très important. Des nations travaillent énormément, et je crois que c’est aussi ce qu’il y a d’intéressant et qui va tout simplement apporter du peps à cette compétition qu’est la Can.

Le cas des Lions indomptables mérite un arrêt spécifique. Comment voyez-vous leur deuxième sortie
Il faut tout simplement dire que dès la deuxième journée, les équipes mettront tout en place pour pouvoir avoir une qualification directe et essayer de faire souffler un peu ses cadors dès la troisième journée. Et je crois que pour les équipes comme le Cameroun, et les autres, il va falloir mettre du paquet.

Revenons spécifiquement sur le Cameroun, je crois qu’on aura tout un autre match, en deuxième journée. On aura une équipe remaniée à deux ou trois joueurs. Mais une équipe qui saura qu’il va falloir mettre le paquet pour pouvoir se qualifier et souffler lors de la troisième journée. Et permettre non seulement aux autres de pouvoir participer aussi à cette belle fête du football camerounais. Je crois que côté Cameroun, il est important et il y a besoin de gagner le deuxième match pour pouvoir souffler. C’est très important.

Quels leviers l’encadrement technique doit actionner pour que les Lions indomptables produisent du jeu à la hauteur de leur réputation?
De mon point de vue, il faudrait faire revenir des joueurs dans l’entrejeu, pour pouvoir permettre à Zambo Anguissa d’avoir plus d’espace et de souffler un peu, ça va aider totalement toute l’équipe. On se rappelle de ce que cela avait donné à Douala contre la Côte d’Ivoire. Et aussi sur le plan de l’attaque, il faudrait tout simplement demander à nos joueurs de couloir de faire un peu plus d’appels, de mettre à contribution un peu plus à base des appels joueurs. On a bien vu que contre le Burkina Faso, quelque fois cela s’est bien fait à gauche, mais pas à droite.

On a eu du mal à permettre à nos latéraux de prendre le couloir parce que très peu de fois à droite, on a vu Ngamaleu appelé à l’intérieur et donner de l’espace au latéral gauche Faï Collins pour pouvoir apporter le surplus. Voilà un peu les éléments d’analyse. Donc ce n’est pas évident. Je pense que la force sera au niveau de l’entrejeu, et je crois que le retour de Martin (Hongla, Ndlr) dans un statut de titulaire pourrait simplement aider notre sélection à la place bien évidemment de Kundé Malon.

Je crois que c’est le seul point qui peut permettre de restituer un peu les choses, et de remettre les choses en place. Pour le reste, des garçons comme Njié Clinton ont démontré que si on leur donne un peu plus de temps, ils peuvent apporter avec leurs percussions. Je pense qu’au niveau du staff technique des Lions indomptables, il y a quelque chose qui se prépare justement pour aller chercher ces trois points et faire souffler totalement tout le groupe.

Deux autres pays de l’Afrique centrale sont en lice avec des fortunes diverses. Il s’agit des Panthères du Gabon et du Nzalang Nacional de Guinée Équatoriale. Quels pronostics à la lumière de leurs premiers matchs?
Bon, il faut dire que le Gabon a gagné un match difficile contre les Comores qui ont joué grandement leur chance. Bon cela n’a pas été facile du tout. On attend la Guinée Équatoriale, et on verra essentiellement ce que cela donnera. Il est question pour l’Afrique centrale du moment, où c’est elle qui accueille la compétition de pouvoir sortir de cette phase de premier tour, avec tous les pays qualifiés au second tour. Cela sera un bel exploit et un bel hommage quand-même pour la sous-région.

Quel regard sur l’arbitrage après ces trois premiers jours de compétition?
Pour ce qui est des arbitres, il faut dire qu’il n’y a pas grand-chose à redire. Je crois que sur le plan de l’arbitrage, les choses jusqu’ici se font encore mieux. Surtout encore qu’ils ont l’appui de la VAR dès le début de la compétition. Je pense qu’à partir de ce moment-là, les choses se passent normalement.

Quelle note sur 10 pour le comité d’organisation de cet évènement sportif? Que faut-t-il corriger?
Pour ce qui est de la note, on ira quand-même sur un 8/10 en attendant qu’on règle le problème des tribunes dans les stades et après, ce sera pratiquement un 10/10.

Interview menée par Thierry Ndong Owona

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