CAN Total Energies 2021 Une compétition à enjeux pour le Cameroun

De l’avis de plusieurs observateurs, il est certain que cette CAN, si elle est couplée avec une bonne performance des Lions indomptables, permettra de réconcilier les Camerounais avec leur sport-roi et cristalliser leur élan patriotique.

Le président de la Fecafoot et l’entraîneur des Lions des Indomptables

Les intellectuels en mal de débat vont peut-être trouver à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) une raison de s’enflammer. Les plus indulgents pourraient émettre qu’à la faveur de la tenue de cette compétition dans son pays, le régime de Paul Biya dispose d’un appendice salvateur. Seulement, les guerres d’égos et les règlements de compte politiques qui règnent sur la place publique ne doivent pas faire oublier que l’effet de la d’une compétition comme la CAN s’obtient dans le court, moyen et surtout long terme.

Pris par ce bout, la CAN 2021 peut être considérée comme le point de départ d’une longue route vers la reconstruction de l’intégration nationale, en emportant, dans un surprenant unanimisme, l’essentiel de la classe politique. La CAN est en train de raviver un sentiment patriotique qui semblait éteint depuis bien longtemps. Oui, grâce à la compétition phare de la Confédération africaine de football (CAF), tout le peuple camerounais veut se mettre en scène. Pour beaucoup d’observateurs, elle est venue exorciser les vieux démons nationaux, en donnant la plus éclatante illustration de la réussite de l’intégration à la camerounaise.

Gains
Après Yaoundé 72, la crème du football africain pose ses valises une seconde fois au Cameroun. Du 9 janvier au 6 février 2022, 24 équipes se disputent la 33e édition de la CAN. Un évènement continental à partir duquel le pays compte bien engranger de juteux bénéfices. «C’est une compétition à l’importance planétaire, dont on ne mesure pas (au Cameroun) l’impact qu’elle peut avoir». Pascal Abessolo Manga Medza, économiste du sport ne s’y trompe pas.

L’accueil de la CAN constitue un réel ingrédient d’affirmation pour le foot camerounais et son rayonnement à l’international. «Pour bien comprendre ce que représente la CAN, quelques chiffres s’imposent : 60 000 spectateurs au quotidien pendant près d’un mois, environ un milliard de téléspectateurs répartis dans 185 pays, sans compter la présence d’environ 2 500 journalistes. Les sponsors s’en donnent à cœur joie et apportent plusieurs centaines de millions de francs CFA afin de profiter de cette visibilité exceptionnelle. En plus des partenaires officiels. De quoi faire de la compétition l’un des événements sportifs les plus médiatisés du globe, juste derrière la Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques. Rien que ça», détaille Pascal Abessolo Manga Medza.

Pour Thomas Edimo (autre économiste du sport), «c’est une chance inouïe d’avoir une CAN dans son pays (…) pour développer le football au Cameroun et faire rêver les gamins il n’y a pas mieux ; avec le merchandising qui connaît lui aussi son succès avec ses vêtements, casquettes ou autres produits dérivés, à l’image des vestes aux couleurs des équipes».

Du côté de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), l’on se réjouit que désormais, le pays possède les infrastructures et les atouts nécessaires pour s’inviter parmi les destinations footballistiques les plus prisées d’Afrique et du monde. «Dans un pays où le football a cessé de servir de référent national, il est évident que la CAN pourrait remettre notre sport-roi dans les goûts des citoyens. L’effet pourrait davantage être boosté par une victoire des Lions indomptables au soir du 6 février 2020», projette joyeusement Benjamin Banlog, secrétaire général de la Fecafoot.

Ongoung Zong Bella

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