Libre circulation pendant la CAN : La CEEAC joue à la frontière Cameroun-Congo

L’institution a la charge de la construction du tout premier Poste de contrôle unique frontalier en Afrique centrale. L’infrastructure située sur le corridor Sangmelima-Ouesso va contribuer à fluidifier le mouvement des personnes et des biens pendant et après la compétition continentale.

La maquette du Poste de contrôle unique frontalier

La Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) était bien représentée ce 22 décembre 2021 à Ntam. La Commissaire à l’Aménagement du territoire et Infrastructures a en effet fait le déplacement de cette localité de la région de l’Est au Cameroun. Aux côtés d’Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre camerounais des Travaux publics, Marie Thérèse Chantal Mfoula Edjomo a pris part en cette veille de CAN à la cérémonie d’inauguration «des chaînons manquants camerounais (tronçon routier Mintom-Lele Ntam-Mbalam long de 321 km) du projet transfrontalier d’aménagement de la route Ketta-Djoum situé sur le corridor Sangmelima-Ouesso». À l’en croire, l’aboutissement de cette phase ouvre la voie au parachèvement d’une autre composante du projet intégrateur. Il s’agit de l’opérationnalisation du Poste de contrôle unique frontalier (PCUF) de Ntam entre le Cameroun et le Congo Brazzaville. C’est le tout premier en Afrique centrale.

État des lieux
«La Commission de la CEEAC se félicite de la construction du PCUF et de l’état d’avancement des travaux de la 2e phase qui pourraient être livrés pendant le 1er trimestre 2022». Par la voix de Marie Thérèse Chantal Mfoula Edjomo, Gilberto Da Piedade Verissimo tenait ainsi à «rassurer les Hautes Autorités des deux pays qu’il ne ménagera aucun effort pour remplir avec succès les missions qui lui ont été confiées». Le président de la Commission de la CEEAC remercie pour cela les nombreux partenaires techniques et financiers parmi lesquels la Bdeac, la Bid, la Jica et en particulier la Bad. «La Banque africaine de développement s’est en effet positionnée pour sa part sur le tronçon Ketta-Djoum long de 505 km. Et c’est compte tenu de l’ampleur des financements nécessaires à la réalisation de ce tronçon, qu’il a été décidé de l’exécuter en deux phases».

La première phase est exécutée de 2011 à 2016. À l’issue de celle-ci, «les travaux de construction du Poste de contrôle unique frontalier (PCUF) de Ntam ont démarré, de même que l’étude de la mise en place du Comité de gestion du corridor». En 2015 cependant, «la Bad a consenti des ressources additionnelles afin de couvrir l’ensemble du coût du projet», apprend-on. Mais au final, «la mise en œuvre des mesures de facilitation de transport sera une réalité dans quelques mois sur la liaison Ketta-Djoum, avec l’achèvement des travaux de construction de voirie du PCUF sous la supervision de la CEEAC», indique la commissaire.

Marie Thérèse Chantal Mfoula Edjomo, commissaire à la CEEAC,
en visite d’inspection à Ntam

Sous-composantes
Le projet de construction du corridor Sangmelima-Ouesso prend appui sur le Plan directeur consensuel des Transports en Afrique centrale (PDCT-AC) de la CEEAC adopté en 2004 et sur le Programme de développement des Infrastructures en Afrique (PIDA) de l’Union Africaine. Il intègre également plusieurs réalisations connexes à l’instar des adductions d’eau, des écoles, des places marchandes, etc. S’agissant spécifiquement de «la composante facilitation des transports, la coordination générale a été confiée par les deux États à la CEEAC».

À la lumière du discours du président de l’institution sous-régionale, cela implique «l’aménagement de la voirie et des réseaux divers pour compléter les bâtiments déjà construits à la première phase au Poste de contrôle unique frontalier (PCUF) de Ntam entre les deux pays, l’étude de l’Accord juridique instituant le PCUF de Ntam et l’élaboration du manuel des procédures de gestion dudit poste et du manuel de formation des services frontaliers».

Dans le même temps, la Commission de la CEEAC doit également se charger de «l’étude d’harmonisation des procédures douanières, l’étude de suivi-évaluation des impacts du projet sur la facilitation du transport, des équipements en mobiliers et matériels informatiques du PCUF et de la fourniture et installation de deux scanners», laisse entendre Marie Thérèse Chantal Mfoula Edjomo. L’ancienne directrice Afrique en charge du suivi du dossier sur le corridor au ministère camerounais des Relations extérieures précise en outre qu’à date, «les procédures d’acquisition de toutes les sous-composantes ci-dessus citées ont été enclenchées à des niveaux d’avancement certes différents, et suivent leur cours normal en vue de l’opérationnalisation du PCUF».

Retombées
Les populations camerounaises et congolaises, la CEEAC et les partenaires techniques et financiers fondent de grands espoirs sur le corridor Sangmelima-Ouesso. Et déjà, «la Bad peut être fière de cet investissement qui contribuera au renforcement de l’intégration régionale à travers la connectivité entre deux grands États, à savoir le Cameroun et le Congo», souligne ce 22 décembre 2021 le Dr Joseph Kouassi Nguessan. Le représentant de l’institution bancaire continentale fait ainsi écho à la représentante du président de la Commission de la CEEAC. Marie Thérèse Chantal Mfoula Edjomo relève en effet que «la réalisation de cette route permettra de faciliter les transports le déplacement des personnes, des biens et des services, d’intensifier les échanges commerciaux, d’accroître le développement et le bien-être des populations des deux pays». Surtout au moment où le Cameroun accueille sur son sol l’Afrique du football.

Mais déjà, l’activité économique connaît à la frontière une amélioration appréciable. On note en effet la présence de plusieurs commerces. Et la proximité avec Mbalam où l’exploitation du fer est effective, ouvre également de nombreuses perspectives. D’où notamment les nombreux appels en direction des autorités, des usagers et des populations. «J’engage les populations de Sangmelima, Meyomessi, Mintom, Lelé, Ntam, Djoum et Mbalam à s’organiser pour développer leurs exploitations agricoles pour produire mieux», a par exemple insisté le Mintp, Emmanuel Nganou Djoumessi.

Du côté du Congo, les attentes sont également nombreuses. L’inauguration de la portion congolaise du corridor s’est faite en 2020 par Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo.
Autres chantiers de la CEEAC

La cérémonie d’inauguration de la portion camerounaise du corridor Sangmelima-Ouesso était également l’occasion pour la CEEAC de passer en revue d’autres projets routiers d’envergure. Il s’agit entre autres du «projet de construction du pont sur le fleuve Ntem et de facilitation de transport dans l’axe de la route multinationale Kribi-Campo-Bata reliant le Cameroun et la Guinée Équatoriale et du projet de construction d’un pont sur la rivière Oubangui entre les villes de Bangui (RCA) et de Zongo (RDC), d’aménagement des chaînons manquants dans les corridors routiers Bangui-Kisangani-Kampala & Kisangani-Bujumbura, et de facilitation des transports, du commerce et du transit le long des deux corridors( CD14)», a listé dans son discours le président de la Commission CEEAC.

Sont également concernés : «le corridor Ouesso-Bangui-Ndjamena appelé et la navigation sur le fleuve Congo et ses affluents Oubangui et Sangha (CD13) et la navigation sur le fleuve Congo et ses affluents Oubangui et Sangha; et le Projet du pont route rail entre Brazzaville et Kinshasa, pour ne citer que ceux-là», fait savoir la Commissaire à l’Aménagement et Infrastructures. À en croire la responsable communautaire, il est en gros escompté de l’ensemble de ces projets «la réduction des coûts de production et de transaction afin d’améliorer la compétitivité des pays d’Afrique centrale sur le marché régional et mondial, et le désenclavement des populations et des zones traversées par les corridors pour améliorer leurs conditions de vie».

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