Quoi de neuf?

À Bruxelles, du 17 au 18 février 2022, un sommet entre l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) occupera une bonne partie de l’actualité internationale.

Selon la presse française, ce grand rendez-vous permettra «d’influencer la diplomatie internationale de façon discrète mais efficace». Candidat à sa propre succession, Emmanuel Macron parle d’un «New deal pour refonder en profondeur la relation un peu fatiguée entre l’Afrique et l’Europe». Parmi «plusieurs axes», le chef de l’État français a appelé à «refonder un New Deal, économique et financier avec l’Afrique», notamment pour «aller au bout de cette solidarité à l’égard des Africains», en rappelant «qu’entre 2020 et 2025, il y a 300 milliards d’euros de besoins de financement pour les économies africaines, car elles ont des conséquences économiques et financières de la Covid-19 à gérer».

Par ce rapide tour d’horizon, il apparaît que la construction de cet agenda se caractérise par sa fluidité, par la volonté des acteurs et par la gamme des priorités. Au regard de cette analyse, il transparaît également que, placé sous la présidence française de l’UE, le sommet de Bruxelles repose avant tout sur un travail mené «par le haut». Sur ces prémices, le programme est multidimensionnel et intègre une autre actualité: l’élection présidentielle en France 2022. Et voilà qui induit un surplus de curiosité dans l’affaire. Cette curiosité suggère une question fondamentale: quoi de neuf?

Esquisser une réponse à cette interrogation fait penser au Sommet historique Afrique-Europe tenu au Caire en avril 2000. L’on avait alors posé les fondements d’un nouveau dialogue dans un esprit de respect mutuel et de responsabilité partagée. Pour entretenir ce nouveau dialogue né dans un enthousiasme chargé d’espoir, les deux continents se sont engagés à adopter une «Stratégie conjointe» de long terme devant être mise en œuvre par l’entremise de plans d’action variés d’une durée de trois ans chacun.

Adoptée dans un enthousiasme chaleureux à Lisbonne en novembre 2007 (au lendemain du scrutin présidentiel en France), la Stratégie conjointe, avec son cortège de plans d’action successifs a échoué. On a continué à s’engluer dans la rhétorique au lieu d’enrichir le nouveau dialogue en mettant en œuvre des projets concrets, ayant un impact sur le niveau de vie et le quotidien des populations africaines et européennes et donnant plus de visibilité à la coopération Afrique Europe.

En rappelant que seulement 12 kilomètres la séparent de l’Europe, il est de plus en plus difficile à comprendre que l’Afrique ne bénéficie pas encore, de ce que les économistes appellent, les externalités positives du fait de sa proximité géographique avec le vieux continent. Persister dans ce qui se fait aujourd’hui, c’est ignorer les réalités du moment et s’affirmer dans une voie sans issue qui servira, sans nul doute, de prétexte à s’éloigner du partenariat avec l’Europe.

Aux nombreux appels pour traiter l’Afrique comme une seule entité, comme le stipule la Stratégie conjointe, les Européens répondent en ces termes: «que faites-vous, vous, Africains pour que l’UE traite votre continent comme une seule entité?». Effectivement, aucune démarche concrète n’est engagée, côté africain, allant dans le sens de l’harmonisation des instruments européens de coopération. Loin s’en faut, chaque zone géographique se complaît dans la situation imposée et défend jalousement ses acquis aux dépens de l’intégration africaine.

Ongoung Zong Bella

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