Bois, Roaming, Climat des affaires, Sport…Les autres dossiers brûlants de la Cemac

Attendus de l’agenda du conseil des ministres de l’UEAC de ce 8 décembre 2021.

La filière bois, l’itinérance en matière de téléphonie mobile, le climat des affaires et le sport étaient également au menu de la dernière session ordinaire du Comité Inter-États. Le Conseil des ministres de l’UEAC devrait s’y prononcer.

Le président de la Commission de la Cemac a pris une part active au Comité Inter-Etats

Glissement dans la filière bois?
Le 28 juillet dernier, une décision est prise à l’issue de la réunion ministérielle relative à la stratégie d’industrialisation de la filière bois en Afrique centrale. Paul Tasong, ministre camerounais délégué auprès du Minepat, indique: «malgré quelques propositions pour un glissement, les ministres de la sous-région ont décidé de maintenir la date butoir du 1er janvier 2022 arrêtée pour le début de l’application de l’interdiction d’exportation des grumes». A l’approche de cette date fatidique, la donne a changé. En effet, Charles Assamba Ongodo a fait entendre un autre son de cloche le 3 décembre dernier à l’issue des travaux du Comité Inter-États. Pour le président statutaire du Comité inter-Etats, c’est «à partir de 2023, que les pays de l’Afrique centrale vont s’obliger à industrialiser le bois pour que nous puissions le vendre transformé et non plus en grumes comme cela se passe jusqu’à présent».

Cet élément nouveau résonne comme un changement de pied. Même s’il est pour l’heure difficile de dire, si au final 2022 ne sera qu’une simple année transitoire. Paul Tasong avait déjà annoncé l’accord des ministres de la sous-région pour «une période transitoire d’un an pour que chaque État puisse matérialiser cette décision sur son territoire». Dans tous les cas, il appartient désormais au Conseil des ministres de se saisir de cette question pour arbitrage définitif.

Roaming
Une note d’information sur l’itinérance sur les réseaux mobiles de communication électroniques ouverts au public en zone Cemac vient également d’être transmise au Conseil des ministres. Cette problématique a occupé une bonne place dans l’allocution introductive du président de la Commission de la Cemac le 2 décembre dernier.

Le Pr Daniel Ona Ondo a notamment relevé à l’intention des experts de la sous-région que «la 13ème Session Ordinaire de la Conférence des chefs d’État, tenue le 17 février 2017 à Dibloho, en réaffirmant son attachement aux différentes composantes du Programme économique régional (PER), a marqué sa volonté de faire de l’itinérance communautaire en matière des télécommunications un vecteur d’intégration régionale pour améliorer de façon significative le quotidien des citoyens appelés à se déplacer dans l’espace Cemac».

Et d’argumenter: «réunis à Douala le 9 novembre 2021, les premiers responsables des Autorités et Agences de régulation, après un examen minutieux des différents textes et usages en la matière, ont procédé avec satisfaction à la signature des Protocoles d’accords sur l’itinérance et la suppression des frais d’itinérance dans l’espace communautaire». Les ministres auront donc également à cœur de se prononcer sur cet aspect de l’intégration sous- régionale en validant ou en sanctionnant l’option prise par la Commission de la Cemac.

Climat des affaires
«En dehors des questions budgétaires, les commissaires se sont également pencher sur certaines questions d’intérêt commun en matière d’intégration à l’instar de l’Observatoire du Climat des affaires», a confié le président du Comité Inter-États. On sait en effet que les ministres de l’UEAC vont plancher sur le projet de directive portant mise en place de l’OCA-Cemac. Des avancées sont déjà enregistrées sur le terrain de l’installation des points focaux dans tous les pays de la sous-région à l’exception de la Guinée Équatoriale. L’onction du Conseil des ministres est de ce fait destinée à parachever la mise en place de cet instrument. «Il a une double fonction de centrale et de diffusion d’informations sur le climat des affaires et des investissements en zone Cemac», précise le projet de directive.

Jeux Cemac
Trois projets de textes relatifs au sport en zone Cemac font partie des grandes vedettes du prochain Conseil des ministres. Ils résument dans ce domaine précis les attentes des populations et de la jeunesse de la sous-région. Ils obligent de ce fait les ministres de l’Économie et des Finances à accorder une part importante de leur temps à leur examen et adoption. Il s’agit pour l’essentiel «du projet de décision fixant l’agenda sportif prioritaire de la Commission de la Cemac; du projet de décision portant changement de dénomination de la ‘‘Coupe de football Cemac’’ en ‘‘Jeux sportifs Cemac’’; du projet de décision créant un organe de mobilisation de fonds en faveur de jeux sportifs Cemac», a-t-on appris.

Théodore Ayissi Ayissi

Ils ont dit

Charles Assamba Ongodo, président du Comité Inter-États, directeur de la Coopération et de l’Intégration régional au Minepat.

«Mettre en place une Caisse de prévoyance sociale pour la gestion des départs à la retraite»

Au titre des résolutions de nos travaux, je m’en vais demander à chacun des experts ici présents, de veiller aux côtés de nos autorités politiques respectives, à la mise en œuvre de recommandations que nous avons formulées au cours des assises qui s’achèvent.

Nous devons à ce propos, à titre de rappel tout mettre en œuvre, pour le paiement de la TCI et le règlement des arriérés y relatifs tel qu’indiqué dans les prévisions, mettre en place une Caisse de prévoyance sociale pour la gestion des départs à la retraite des personnels de la Communauté, apurer selon le plan quinquennal indiqué, la dette intérieure et extérieure de la Communauté.

Ledit budget envisagé doit être un levier au service de l’intégration de la sous-région Cemac.
En outre, le budget 2022 doit permettre d’aller vers la transformation structurelle des économies de la sous-région; de diversifier les moyens de production pour se départir de la dépendance des ressource pétrolières; d’assurer une meilleur intégration des chaînes de valeur; de tirer profit des potentialités de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et de favoriser un environnement sécurisé gage d’une Communauté de paix et de stabilité.

Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Cemac

«En dépit du faible taux de recouvrement de la TCI, plusieurs activités ont été réalisées en 2020»

Le document du projet de budget est accompagné : du Rapport d’activités de l’exercice 2020 clos, du rapport d’activités 2021 à mi-parcours ainsi que du Plan d’action de la Communauté.

On note qu’en dépit du faible taux de recouvrement, plusieurs activités ont été réalisées. On note :
-La poursuite de la mise en œuvre du projet Central African Backbone ayant déjà permis l’interconnexion de bon nombre de pays de la Cemac par fibre optique.

-Le chantier en cours de révision des directives de la Cemac en matière de fiscalité avec l’appui du FMI qui met un accent particulier sur la modernisation des systèmes d’administration et de paiement des impôts et taxes.

-Les initiatives visant à rendre le développement plus vert et plus durable. La Cemac compte préserver durablement le rôle mondial de premier plan que joue la forêt du Bassin du Congo dans l’absorption des gaz à effet de serre, caractérisé par son niveau élevé de stockage de CO2.

De même, les plans d’actions doivent permettre d’engager la Communauté sur d’autres axes.

Le premier doit être la diversification et la transformation structurelle.

Le constat en matière de diversification des économies des États membres de la Communauté reste peu reluisant. La Cemac est confrontée à de nombreuses défaillances du marché relatives notamment à la fourniture des infrastructures, à l’accumulation du capital humain, à la fourniture de financements, à l’établissement des réseaux commerciaux et au fonctionnement des marchés des facteurs et au cadre réglementaire. L’adoption de mesures axées sur ces domaines doit se poursuivre et favoriser le processus de transformation structurelle et de diversification.

Le second consiste en l’émergence d’un secteur privé dynamique.

Plusieurs Programmes sont prévus:

oL’élaboration de Politiques communes dans les secteurs supports à la compétitivité;

oLa mise en place d’un cadre réglementaire et institutionnel pour l’investissement et le Partenariat public-privé (PPP);
oLa création d’un Observatoire du climat des affaires de la Cemac.

La mise en œuvre de ces Programmes suppose au préalable que soient améliorées la qualité globale du climat des affaires et la gouvernance. Elle suppose aussi d’élaborer une nouvelle politique industrielle commune de la Cemac.

Le troisième axe touche à l’investissement humain et le développement technologique.

Tout comme l’absence de diversification des économies, la faiblesse du capital humain, le manque d’emplois décents et de compétences appropriés représentent des défis majeurs pour la Cemac. Le renforcement du capital humain doit se faire à travers la formation; la Recherche scientifique et le développement technologique.

Enfin le dernier porte sur la protection de l’environnement et la politique foncière. Cet axe vise à capitaliser le potentiel des forêts du bassin du Congo, préserver et exploiter de manière durable la ressource environnementale pour une véritable croissance verte de la Cemac. Ainsi, il sera question de faire de la protection de l’environnement une opportunité de création d’activités nouvelles à travers la promotion de l’écotourisme et l’intensification du tourisme intra régional ; la promotion de la responsabilité sociétale des entreprises; et la densification de l’empreinte écologique.

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