En prélude à la CAN…Yaoundé se redessine aux forceps

Sous couvert de la prétention à une réinvention de la capitale, il s’opère le saccage désordonné et inesthétique de trottoirs et de quelques grands carrefours. Des voix dénoncent des improvisations et une politique de gribouille dispendieuse.

Des trottoirs reçoivent des pavés sous l’oeil vigilant de la mairie de la ville

Après des décennies passées à gérer douillettement son image délabrée, la mairie de Yaoundé semble avoir décidé que la coupe est pleine. Depuis quelques semaines, des travaux font prospérer les mythes «tout nouveaux tout beaux». Au lieu-dit «Rond-Point Hilton», un ouvrier tente de nous démontrer «la nécessité d’ouvrir, d’aérer et d’assainir une ville devenue insalubre». Dans sa déclinaison formulée et assumée par la mairie de Yaoundé (en accord avec le ministère de de l’Habitat et du Développement urbain, Mindhu), le projet ambitionne de créer une sorte de carte postale proche des hôtels. «C’est important en termes d’image», souffle un proche de Luc Messi Atangana. Ce dernier, en toute bonne conscience «citoyenne», a fait le tour de ses chantiers le 2 juin 2021. La sortie médiatique de l’édile a souligné combien certains hauts-lieux de Yaoundé étaient devenus des sites de tous les problèmes. Rond-Point Damase, Rond-Point Messamendongo, Avenue Kennedy, Trois Statues à Mvolyé… Partout, l’œuvre d’embellissement offre aux habitants le récit de la transformation de Yaoundé avant la CAN.

Assainissement
Par-là, il faut entendre un projet global qui a enfin tenu compte de l’évolution d’une ville dans le temps, que ce soit dans le dessin de ses voies ou dans la répartition de son peuplement. «Les travaux actuellement menés sont le produit d’une réelle crise urbaine qu’on pense dénouer avant la CAN», critique Joel Mousang. L’urbaniste et disciple assumé du feu Pr Théophile Yimgaing Moyo assène: «Ces travaux inquiètent comme un corps malade». Sur sa logique, notre interlocuteur critique la mairie de Yaoundé. «Elle parle d’embellissement, en lieu et place d’assainissement, alors que le travail actuel consiste à tracer dans le vieux tissu des voies larges et droites pour espérer améliorer l’hygiène d’un monstre urbain resserré´ et surpeuplé».

Du neuf dans du vieux…
De là, l’on voit les tensions en jeu. D’un côté, quelques Yaoundéens pensent que l’assainissement orchestré par la mairie n’a absolument rien d’original dans son principe. C’est en tout cas le point de vue validé par Joel Mousang. De l’autre, une opinion estime que le vieux tissu de la ville a juste été mis en pièces. «Simplement un assassinat de nos vieux chaussées et trottoirs», peste un ancien conseiller municipal. Pour permettre de bien comprendre, Chrynchia Nga Mbarga (autre disciple du regretté Yimgaing Moyo) regarde le tout comme «des réalisations ponctuelles qui s’apparentent plus à un travail de décoration qu’à un véritable travail d’urbanisme». «Comme cela doit sembler absurde et illogique à n’importe quel passant ordinaire, comme à tout étranger de n’importe quelle nation, après s’être régalé l’œil de l’apparence magnifique des superbes et coûteux chantiers, de se retrouver aussitôt après la CAN confronté à une autre image de Yaoundé», ponctue-t-elle.

Jean-René Meva’a Amougou

Transport aérien

Du plomb Covid dans l’aile des charters de supporteurs étrangers

Les compagnies aériennes connaissent une baisse de mobilité des passagers depuis le début de la pandémie du Coronavirus. Les mutations de la maladie sont loin d’apporter l’embellie en cette veille de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) de football.

La covid-19 et ses multiples variantes Alpha découvert au Royaume-Uni, Beta en Afrique du Sud, Gama au Brésil, Delta en Inde et Omicron en Afrique du sud impactent négativement les compagnies aériennes. De plus en plus les pays se recroquevillent et se confinent à nouveau. «Depuis la survenue du variant Omicron, nous constatons une baisse de voyages. Déjà la majorité de nos clients fidèles qui voyageaient pour les affaires ou le repos à destination de Charles de Gaulle à Paris, Genève et au Canada s’abstiennent. Seuls quelques étudiants qui poursuivent leurs études au Canada voyagent», confie Steeves Samuel Mangawa, responsable Marketing à l’agence de voyages Camair-co. Et de pour poursuivre : «Il en est de même aussi pour les pays africains comme le Sénégal, le Benin, et la Guinée, nos partenaires clés qui se déplaçaient pour les séminaires et les conférences ont annulé leurs voyages».

Le prix des billets
Les billets restent en vente, mais pas dans toutes les compagnies aériennes. Certaines d’entre-elles ont arrêté des vols à destination du Cameroun, notamment Air Maroc. Les autres compagnies vendent des billets, mais en suivant scrupuleusement les mesures barrières liées au covid-19. «Néanmoins ce qu’il faut noter est que à cause de cette pandémie, certaines compagnies aériennes ont haussé le prix des billets. L’augmentation des prix des billets s’est passée dans le cadre d’une convention ; déjà il y’a une attente tacite entre les acteurs. Et à cet effet nous suivons les clauses, je ne vous en dirai pas plus», lâche notre interlocuteur.

La Can
Le challenge des compagnies aériennes pendant la Can serait de mieux gérer le flux de passagers en provenance de l’Afrique et de l’Europe. «Nous sommes habitués à gérer le flux. Donc avec la venue de la Can total énergie, c’est aussi une opportunité pour nous, cela permet de rehausser l’image de l’entreprise. En terme de préparatifs nous avons déjà signé des conventions avec d’autres compagnies aériennes à l’instar de Egypte Air line, Air Maroc (malgré qu’elle a fermé tout récemment). Il y’a aussi cette nouvelle compagnie Air Sénégal pour des vols inter Afrique. Donc ce sont ces conventions qui nous permettront d’être à la hauteur d’accueillir les étrangers qui viendront au Cameroun», conclut Steeves Samuel Mangama.

Olivier Mbessité

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