Vente des pièces détachées de véhicules : les Nigérians au cœur de la mécanique

Les «Biafrais» ont fait de la vente des phares, amortisseurs, moteurs et autres accessoires issus des voitures délabrées leur gagne-pain.

Les lieux tels que Tsinga, la Briqueterie (Yaoundé II) sont les plus indiqués quand il s’agit de parler des ventes des accessoires des véhicules. D’ailleurs, en circulant dans les ruelles de ces quartiers, l’on peut apercevoir devant les magasins des pots de phares, pare-brise, jantes, amortisseurs, cardan, tableau de bord, et autres portières et vitres. Les Nigérians s’occupent au quotidien de ce pan d’activité. «Les pièces détachées des véhicules viennent des vieilles voitures achetées, des voitures qui ne fonctionnent plus, et parfois des voitures broyées par l’accident de circulation. Après avoir dépiécé le véhicule, on le vend en pièces détachées.

C’est ainsi que ça se passe ici à la casse à Tsinga», explique Heavy Nwaoha. Le vendeur poursuit en précisant que «toutes les pièces détachées vendues ne viennent pas d’ailleurs, toutes sont recyclées des vieilles voitures. On récupère donc les pièces plus ou moins bonnes pour vendre et adapter sur d’autres véhicules. Il faut noter que ces pièces ne sont pas chères, puisqu’elles ne sont pas des pièces d’origine», ajoute-t-il.

Selon le vendeur, la vente des pièces détachées n’est pas sans difficultés. «Notre business n’a pas de prix. Parce que tu ne peux donner un prix fixe à quelque chose dont tu n’es pas sûr qu’elle fonctionne. L’achat se passe sur la base des négociations avec le client. Parfois le client achète la pièce et va l’utiliser pendant des jours et des mois et il revient avec la pièce. On est obligé de rembourser l’argent pour éviter les problèmes et de comparaitre devant les autorités. Puisque les pièces ne sont pas neuves ou d’origine, on ne peut pas donner de garantie». «Néanmoins, les prix varient entre 1000 FCFA et 2000 FCFA. Et puis, tout dépend de la pièce. Ce sont les pièces d’occasion qui ont des prix stables», fait-il savoir. Toute chose qui a contraint ses frères à se convertir dans la vente des pièces d’occasion. «Au regard des difficultés évoquées et pour éviter les problèmes et les pertes financières et de temps, beaucoup ont dû se reconvertir dans la vente des pièces neuves et d’occasion», révèle Heavy Nwaoha.

Atouts
L’activité menée au quotidien a certes ses déboires. Mais il a aussi ses atouts. «Dans la mesure où elle nous permet de vivre plus ou moins décemment. Il y a des moments où tu achètes une vieille voiture et tu trouves que toutes les pièces sont de bonne qualité. Et en vendant, tu trouves de quoi nourrir ta famille et tu résous d’autres problèmes existentiels. On ne peut croiser les bras au regard des difficultés ou commettre des larcins, parce que dans l’ensemble, l’activité est émaillée des difficultés. Ce n’est pas du tout facile, mais nous résistons», conclut ainsi le vendeur des accessoires de véhicules à Tsinga.

OM

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