Promote 2022 : l’industrialisation de l’Afrique déjà sur la rampe de lancement

En prélude au Grand Forum de Yaoundé, la Fondation Inter-Progress organise une série de tables rondes. La première a mis l’accent sur les secteurs prioritaires de l’industrialisation et a fait l’objet d’un plateau spécial sur la CRTV télé ce 23 novembre 2021.

Le Salon international Promote se profile à l’horizon. L’événement déjà à sa 8ème édition est placé sous le haut patronage du président de la République, Paul Biya. Il se tient du 19 au 27 février 2022 au Palais des congrès de Yaoundé. Il porte sur le thème : «L’industrialisation de l’Afrique, la clé de l’émergence du continent». L’ambition affichée après l’annulation en février dernier pour des raisons sanitaires, est de parvenir à la «relance des entreprises, relance de l’économie nationale et relance de l’économie continentale», affirme ce 23 novembre 2021 Pierre Zumbach. Le président de la Fondation Inter-Progress prenait part à une table ronde sur l’identification des secteurs prioritaires du processus d’industrialisation. La table ronde se tenait en prélude au Grand Forum de Yaoundé. Elle est d’ailleurs annoncée comme la première d’une série.

Nécessité
Ce 23 novembre 2021 sur le plateau spécial de CRTV télé, les quatre participants à la première table ronde sont unanimes sur la nécessité d’enclencher et d’accélérer le processus d’industrialisation de l’Afrique. Pierre Zumbach, promoteur du Salon international Promote, Adrien Towa, directeur des études de projets à Electricity developement Corporation (EDC), Gérard Ntchoubia, président de l’Association camerounaise pour les énergies renouvelables (Acer) et Mamadou Malick Bal, économiste à la CEA, ont tous entonné le même refrain.

À savoir que «la pandémie a révélé la faiblesse structurelle de nos économies et nous a contraints à changer de paradigme. Et en raison du choc pétrolier de 2014 et des difficultés budgétaires qui en ont résulté, le débat sur l’industrialisation avait déjà été engagé», indique Mamadou Malick Bal au présentateur Olivier Kingué Moli. Ce à quoi Pierre Zumbach ajoute : «l’industrialisation est nécessaire, il faut se lancer, il ne faut pas hésiter. Il y a dès lors nécessité de participer à Promote, d’abord pour soi-même en tant que chef d’entreprise, et ensuite pour la marche de l’économie».

Énergie
L’énergie a constitué pour les participants, le secteur prioritaire par excellence pour parvenir à l’industrialisation de l’Afrique. Ceci en raison de ce que l’Afrique présente encore un gros déficit en la matière. Puisqu’à date, la situation est telle que «600 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’hydroélectricité, 1200 localités ne sont pas connectées au réseau électrique et 900 personnes n’ont pas accès aux combustibles forts», ont-ils présenté. Tout en indiquant également qu’«il faudrait au final 40 millions de dollars par an pour répondre aux besoins du continent».

CEA
Cela dit, le potentiel du continent est énorme. Il est par exemple constant que celui de la République Démocratique du Congo (RDC), du Cameroun et du Gabon représente le premier potentiel d’hydroélectricité en Afrique. Et que de ce fait, il s’agit tout simplement de bien l’exploiter dans la perspective de l’industrialisation du continent. Et à la CEA, deux événements organisés à Brazzaville et en RDC ont précisément pour vocation d’apporter un début de réponse à cette préoccupation. En contribuant notamment à faire de ce pays un leader dans la production des batteries faites à base de cobalt. De façon à approvisionner l’industrie automobile par exemple.

EDC
Pour le compte d’EDC, Adrien Towa rappelle volontiers que «la production au Cameroun est historiquement basée sur l’hydroélectricité, et que progressivement, on a ajouté le gaz, le thermique et les centrales solaires, notamment dans le septentrion, pour ce dernier cas». À l’exemple de la Chine, du Canada et du Brésil qui ont pu booster leurs économies respectives, l’hydroélectricité apparaît aussi pour l’institution «comme une énergie renouvelable et bon marché. Étant donné que le carburant d’un barrage c’est l’eau», souligne le directeur des études de projets à EDC. Le responsable indique en outre que le Cameroun a désormais l’ambition «de produire 5000 mégawatts toutes ressources énergétiques confondues à l’horizon 2030, notamment grâce au barrage de Nachtigal qui sera mis en service d’ici une ou deux années».

ACER
Pour sa part, le président de l’Association camerounaise pour les énergies renouvelables, pense qu’«il est de bon ton de délaisser les énergies fossiles et de recourir aux énergies renouvelables, surtout au lendemain de la Cop26». À en croire Gérard Ntchoubia, une telle mutation est importante dans un double aspect : «combler le déficit énergétique et préserver la planète». Étant entendu qu’à l’ACER, on considère «l’hydroélectricité comme une énergie fossile. C’est la petite hydroélectricité, c’est-à-dire moins de 5 mégawatts qui est renouvelable», a-t-il été indiqué pendant la table ronde.

Inter-Progress
Pierre Zumbach défend quant à lui l’idée que «l’eau et le soleil sont complémentaires et non en concurrence et que c’est ce qui fait avancer le monde». Comme les autres participants, le président de la Fondation Inter-Progress pense également qu’il faut dès lors privilégier «une approche multisectorielle qui renforce les filières stratégiques».
Ce qui implique pour Pierre Zumbach que les compétences, les expertises, la ressource humaine qualifiée et les patrons d’entreprise doivent se constituer «en moteur solidaire du développement de l’économie africaine». Le Salon international Promote sert justement de plateforme d’échange permettant de parvenir à un tel résultat, à savoir la mutualisation des moyens. À la CEA, on parle notamment d’une «approche collective pour le financement des projets qui dépassent largement les capacités des États pris isolément».

Théodore Ayissi Ayissi

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