Lutte contre la vie chère : Les importateurs refusent de vendre à des prix modérés

Ils sont mus par des corpus de vente définis par eux-mêmes, avant la signature de la décision réduisant le taux de fret à prendre en compte pour la détermination de la valeur en douane des marchandises importées par voie maritime.

«À l’ère du mesurable, du quantifiable, du chiffre comme seule référence sur les étals des marchés, il y a des réalités qui laissent croire que la maîtrise du coût élevé des biens de consommation n’est pas à l’ordre du jour au Cameroun». Commentant l’organisation d’une «grande campagne promotionnelle de vente directe aux consommateurs» promue par les pouvoirs publics, l’économiste Yaya Hamadou fait observer que «les importateurs s’obstinent à vendre leurs marchandises 5 à 10% plus cher pour couvrir les hausses de matières premières qu’ils encaissent».

Flambée des céréales, des emballages, de l’énergie, du transport… «Je pense que nous n’avons jamais eu un contexte d’inflation aussi fort sur l’ensemble des coûts en entreprise», a souligné Vincent Kouete sur l’antenne de ABK Radio le 18 novembre dernier. Pour le directeur exécutif adjoint du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), les importateurs de produits manufacturés sont victimes de la spirale inflationniste à l’échelle internationale. «Selon les chiffres d’octobre 2021, nous avons le blé qui a augmenté de 40%, les engrais 72%. De l’autre côté, le prix du fret a été multiplié par 5 en raison de l’absence des bateaux», détaille-t-il.

Désaccords
Vincent Kouete, qui paraît être l’unisson de la plupart des importateurs, veut surtout disculper ceux-ci de l’accusation (de spéculation sur les prix) portée par des associations de consommateurs à travers le pays. «Lorsqu’on voit l’inflation se répandre de cette façon depuis au moins un an, n’est-il pas dérisoire de la présenter comme artificielle?», s’interroge Jenner Tchedom.

Saluant la décision réduisant le taux de fret à prendre en compte pour la détermination de la valeur en douane des marchandises importées par voie maritime, signée par le ministre des Finances Louis Paul Motaze le 16 novembre dernier, le jeune importateur basé à Yaoundé déclare néanmoins que «la mise en œuvre de cette décision ne prend pas en compte les importations faites avant». Dans son esprit, comme dans ceux de ses confrères d’ailleurs, il reste des désaccords ponctuels entre le gouvernement et les importateurs de biens de consommations. «Nous parlons notamment des délais d’application de la décision ministérielle qui devrait conduire vers un fléchissement des coûts des marchandises. Mais pour l’instant, nous appliquons nos corpus de vente mis en place avant ladite décision», lance fermement Jenner Tchedom.

Jean-René Meva’a Amougou

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