Processus de décentralisation au Cameroun : L’UE Piaffe d’impatience !

Elle s’impatiente du déficit de mise en œuvre de l’une des recommandations phares du Grand dialogue national (GDN).

Philippe Van Damne, ambassadeur chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun

Le 28 octobre dernier, Lejeune Mbella Mbella a échangé avec le corps diplomatique accrédité à Yaoundé. Des sources dignes de foi informent que, face une soixantaine de diplomates et représentants des organisations internationales, le ministre camerounais des Relations extérieures (Minrex) a fait une communication sur la situation socio- politique dans la zone anglophone du pays. A s’en tenir à nos informateurs, le fil rouge du discours de Lejeune Mbella Mbella était «les mesures prises par le gouvernement dans la mise en œuvre des recommandations du GDN dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun». Dans son propos, apprend-on, le Minrex s’est répandu sur l’énumération de quelques actions (politiques et économiques) en faveur d’une paix durablement installée dans la partie anglophone du Cameroun. «Ainsi, le gouvernement, dans le cadre de ses responsabilités constitutionnelles, a pris des mesures afin d’enrayer la tendance à l’anarchie», a dit Lejeune Mbella Mbella.

Impatience
Si cette déclaration a reçu des applaudissements du corps diplomatique, elle a été loin de satisfaire l’UE. Présents dans la salle, ceux qui ont interprété quelques gestes de Philippe Van Damme y ont vu des traces d’impatience. C’est également ce qui a été observé dans son discours prononcé à Douala lors de l’atelier national de lancement du projet «Unesco Heritage For Sustainable City» (USC) le 26 octobre 2021. «Nous attendons maintenant la signature des textes présidentiels organisant le transfert de compétences et pour le transfert progressif des ressources humaines et financières aux collectivités locales décentralisées pour la mise en œuvre concrète de ce processus de décentralisation», a martelé l’ambassadeur /chef de délégation de l’UE au Cameroun.

Proches de ce discours, quelques phrases prononcées par Sébastien Bergeon avaient trahi le même état d’esprit le 4 mars 2021 à Mogodé (Extrême-Nord). «Qu’il me soit permis ici de rappeler que l’appui au développement local fait partie des priorités du nouveau Consensus européen de développement adopté en 2017. Ce Consensus reconnaît le rôle clé des autorités locales et régionales dans la réalisation des Objectifs du Développement Durable contenus dans l’Agenda 2030 des Nations Unies. C’est pourquoi la gouvernance et la décentralisation figurent, en place de choix, parmi les axes prioritaires de la coopération entre le Cameroun et l’Union européenne», avait lancé l’ancien chargé d’affaires de l’UE au Cameroun, lors de la cérémonie d’inauguration des projets réalisés dans le cadre de la phase pilote du PRODESV dans les Régions de l’Adamaoua, de l’Extrême-Nord et du Nord.

Ongoung Zong Bella

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