Can 2021 sans Covid-19 : Le système sanitaire en rodage

Le Plan de couverture médicale de la compétition était au menu d’une réunion préparatoire au Centre de coordination des opérations d’urgences de santé publique (Ccousp) à Yaoundé. Dans le même temps, on assure déjà opérer au niveau des Postes de santé aux frontières, une défense en zone.

Une vue de la réunion préparatoire au Ccous de la CAN 2022

À moins de cent jours de la Can Total Énergie Cameroun 2021 (Can 2021), l’heure est aux derniers réglages. Chaque administration enfile son maillot. Chaque domaine de la vie de la nation chausse ses crampons. Le secteur de la Santé ne fait pas exception. Bien au contraire. Car, en plus de l’objectif global d’une organisation inédite de cette compétition au Cameroun, les acteurs de ce secteur névralgique sont pour leur part également mobilisés autour d’un objectif spécifique : «une Can 2021 sans Covid-19».

Rodage
C’est tout le sens à donner à la réunion préparatoire tenue ce 28 septembre 2021 à Yaoundé. Elle a regroupé au siège du Centre de Coordination des opérations d’urgences de santé publique (Ccousp), les représentants de plusieurs administrations. Parmi celles-ci, figurent le ministère de la Santé publique (Minsanté), le ministère des Sports et de l’Éducation physique (Minsep), ainsi que la Commission médicale du Comité d’organisation de la Can (Cocan). À en croire le communiqué rendu public le même jour par l’institution, «l’objectif était d’évaluer le niveau d’avancement de la préparation de la couverture sanitaire de la Can Total Énergie 2021». Et au final, deux actions majeures ont été prescrites par le coach de circonstance. À savoir «finaliser et valider les protocoles sanitaires et le plan de couverture médicale de la Can la semaine prochaine (cette semaine, Ndlr)», a indiqué le Dr Georges Alain Étoundi Mballa, directeur de la Lutte contre les maladies, les épidémies et les pandémies au Minsanté.

Défense en zone aux frontières
Sur le terrain de la lutte contre le Covid-19 pendant la Coupe d’Afrique des nations, le Centre de Coordination des opérations d’urgences de santé publique est appelé à occuper une position centrale. C’est notamment à cette administration qu’il revient de consolider toutes les données concernant les entrées et les sorties du territoire pendant la compétition. Le Ccousp doit pour cela travailler en bonne intelligence avec les Postes de santé aux frontières (PSF).

Sur cette nécessaire coalition, le Dr René Do’o Bessin ne dit pas autre chose. Le chargé du suivi et évaluation des activités de surveillance au niveau des PSF préfère cependant insister sur la délicatesse de la mission. «En ce qui concerne par exemple ceux qui veulent entrer dans le pays, il y a toute une procédure relative au testing des passagers. Parce qu’on joue un rôle de filtre. On est assez sensible pour ne pas laisser passer des cas positifs», souligne-t-il.

D’après le dernier rapport de la situation de Covid-19 au Cameroun publié par le Centre de coordination au mois de septembre 2021, pas moins de six Postes de santé aux frontières font l’objet d’une défense en zone dans la perspective de la Can 2021. On y retrouve notamment «l’Aéroport international de Yaoundé Nsimalen; l’Aéroport international de Douala; le PSF de Garoua-Boulaï; le PSF d’Ekok; le PSF de Kyé-Ossi et le PSF de Campo».

Dernier pointage
«Durant la 37ème semaine épidémiologique, soit du 16 au 22 septembre 2021, environ 8911 passagers ont transité par les PSF», apprend-on. Le rapport produit par le Ccousp permet alors de savoir que «7 719 (86,6%) ont été testés dont 20 (0,2%) sont positifs au Covid-19». Dans le détail, il est précisé qu’«à l’Aéroport international de Yaoundé Nsimalen, 2 cas positifs ont été détectés en provenance d’Abidjan; et à l’Aéroport international de Douala, 4 cas positifs ont été détectés dont 2 en provenance de Libreville, 1 de Lomé et 1 de Bangui».

Des cas de passagers positifs au Covid-19 ont également été enregistrés au niveau des autres Postes de santé aux frontières. C’est le cas au «PSF de Garoua-Boulaï, 2 cas en provenance de Bangui; au PSF d’Ékok, 2 cas en provenance du Nigéria; au PSF de Campo, 1 cas en provenance de la Guinée Équatoriale», présente le rapport. De tous les PSF cependant, c’est celui de Kyé-Ossi qui a enregistré le plus grand nombre de cas positifs. Le Ccousp y a recensé «9 cas dont 4 en provenance du Gabon et 5 de la Guinée Équatoriale».

Théodore Ayissi Ayissi

Civière

Dr René Do’o Bessin

«Il y a une unité chargée de la riposte contre la Covid-19 au niveau des points d’entrée»

Le chargé du suivi-évaluation des activités de surveillance au niveau des Postes de Santé aux Frontières (PSF), apporte des précisions sur la prise en charge des cas positifs au Covid-19 susceptibles d’être détectés actuellement et en prélude à la Can 2021.

La Can 2021 va drainer beaucoup d’amoureux du football au Cameroun dans le contexte de crise sanitaire que nous connaissons. Comment se passent actuellement les opérations d’embarquement et de débarquement au niveau des aéroports?
Il faut d’abord savoir que l’on a trois types de points d’entrée : aériens, maritimes et terrestres. Et que ce sont les points d’entrée aériens qui enregistrent effectivement le plus grand nombre de passagers. Évidemment, la surveillance est renforcée à leur niveau.

Il existe donc des procédures pour ceux qui veulent sortir et pour ceux qui veulent entrer au pays. Et pour ce dernier cas, il y a toute une procédure concernant le testing. Ainsi, à leur arrivée, les passagers sont d’abord désinfectés. Puis, on leur fait un checking, on vérifie leur température, on prend certaines informations cliniques pour savoir s’il n’y a pas de cas suspect. Ensuite, ils doivent présenter, un test PCR négatif datant de moins de trois jours au niveau des aéroports. Autrement dit, ils devront avoir réalisé le test. En ce qui concerne la Can 2021, le système est entrain d’être revu et des procédures spécifiques à cet évènement, quelque soit le type de point d’entrée, sont en cours de validation. Elles seront disponibles dans les prochains jours.

Mais bien qu’ils présentent ce test, même s’il est négatif, on les soumet à un test de diagnostic rapide antigénique que l’on appelle TDR. Après quoi, nous avons deux situations : ceux qui sont négatifs, peuvent en principe poursuivre leur itinéraire. Mais au cas où il y a un passager positif, on a également deux situations. Celle qui va concerner le passager positif et celle relative à ceux qui étaient dans le même vol.

Justement, des cas positifs ont été enregistrés ces dernières semaines à l’Aéroport international de Yaoundé Nsimalen. Comment se passe concrètement la prise en charge?
Je tiens à préciser que, depuis la mise en place de la stratégie de testing systématique des passagers entrant au Cameroun, en novembre 2020, nous détectons fréquemment des cas positifs au TDR bien que ces passagers ont à leur disposition des tests PCR négatifs. Donc la procédure en cas de détection de cas positif dans un vol, comme cela a été le cas à Nsimalen, est d’abord de prendre les sujets négatifs que l’on va caractériser de «contact».

Parmi les sujets «contact», on a deux groupes : les contacts rapprochés du passager, c’est-à-dire tous ceux qui sont dans un périmètre maximum de trois sièges autour de lui. Et pour ces derniers, un suivi sera fait et il sera très rigoureux. Pour ceux qui sont à plus de trois sièges, ils seront des contacts légers, mais seront également suivis. Et de fait, tous ces deux groupes de contacts seront sensibilisés. On établit alors une liste qui sera transmise à la hiérarchie selon les points d’entrée. C’est généralement à la délégation régionale du ministère de la Santé Publique où se situe le PSF que la liste de cas et celle des contacts sont transmises. Et il y a une unité chargée du suivi des contacts qui dispose également de procédures.
Donc, le point d’entrée est chargé de constituer les groupes de cas positifs et de cas négatifs. Et parmi les cas négatifs, on a des contacts rapprochés et les contacts légers.

Que devient le cas positif?
Lui il est automatiquement isolé. Il ne poursuit pas le trajet avec les autres et est soumis à une investigation approfondie. Les PSF ont des outils à leur niveau qui vont permettre de faire cette investigation. De même, un second prélèvement de ce cas positif est fait. Ce second échantillon est alors transmis à un laboratoire agréé pour faire le séquençage génomique pour savoir avec quel variant il est entré. On contacte alors le Centre de prise en charge agréé qui attend uniquement des passagers qui viennent avec des tests positifs. En ce qui concerne l’Aéroport de Douala, le centre de prise en charge est du côté de Yassa. À Nsimalen, il est à l’Hôpital Central de Yaoundé.
On va donc conditionner le malade et l’envoyer dans ce site. C’est après une prise en charge optimale et une confirmation de leur guérison à travers un certificat attestant cela, qu’ils pourront poursuivre leur itinéraire dans le pays.

Est-ce que vous êtes en contact avec leurs pays d’origine pour signaler ces cas?
Au niveau du point d’entrée, lorsqu’ils ont une situation qui se présente, ils font une notification quotidienne détaillée des cas détectés au niveau du Centre de coordination des opérations des urgences de Santé publique (CCOUSP). Après analyse et confirmation, l’information sera transmise au point focal national RSI (Règlement Sanitaire International), qui appartient à un réseau mondial d’échange et partage d’information. Et c’est lui qui est chargé de communiquer avec les autres pays.

Interview menée par Théodore Ayissi Ayissi

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