Tuerie des soldats à Bamessing : allons vite au fédéralisme!

Quand j’ai demandé au régime, contre toutes les opinions et dans les insultes, d’aller immédiatement au fédéralisme, c’est bien parce que je savais que le Cameroun ne pouvait rien contre ces enfants! Bien plus, les simulations montraient que le gouvernement unitaire n’avait même pas les moyens de les empêcher de s’armer!

Dieudonné Essomba

L’Ingénieur général, Expert et par ailleurs fonctionnaire retraité relève l’échec de la stratégie actuelle de résolution de la crise anglophone et appelle une fois encore au passage à la forme fédérale de l’État camerounais.

Quand j’ai demandé au régime, contre toutes les opinions et dans les insultes, d’aller immédiatement au fédéralisme, c’est bien parce que je savais que le Cameroun ne pouvait rien contre ces enfants! Bien plus, les simulations montraient que le gouvernement unitaire n’avait même pas les moyens de les empêcher de s’armer!
Hier encore, si on en croit les images horribles qui circulent sur Internet, l’armée a encore perdu une dizaine de soldats du groupe d’élites BIR, consécutivement à l’explosion d’un engin improvisé, ainsi que deux véhicules lourds et des armes. Une tuerie qui fait suite à une précédente qui a lieu pendant le week-end dernier, et qui a connu 11 morts parmi nos Forces de défense et de sécurité.

Nonobstant ce massacre à ciel ouvert, les Owona Nguini et autres Bokagne continuent à plastronner sur la force invincible de l’État westphalien qu’il pousse dans une guerre qu’il ne peut pas gagner et qu’il va certainement perdre. Ou plus exactement, qu’il a déjà perdue, et plus tôt que je ne le croyais, malgré mon immense pessimisme du départ !

Alors que cela étonne un grand nombre de Camerounais, pour moi, c’est dans l’ordre normal des choses! Ce massacre de nos militaires qui sera suivi d’une défaite cuisante était parfaitement prévisible et c’est pour cette raison que j’ai demandé dès le départ qu’on aille immédiatement à la Fédération, car nous n’avions plus de temps!

Bien avant cette crise, j’avais mis en garde le gouvernement sur le risque qu’il faisait courir au Cameroun en suivant les conseils haineux des Diafoirus qui écument nos Universités. Pour moi, il faisait une très grave erreur en allant éprouver l’État et son armée contre un adversaire que tous ces pédants méprisaient à tort, sur la base des considérations totalement irréalistes et biaisées par le désir impatient et cupide d’être nommés à un poste juteux et de vivre dans le luxe.

J’avais en effet tiré, à travers les sites parlant des sécessions dans le monde, les facteurs caractéristiques de ces mouvements et j’avais établi les conditions dans lesquelles un pays pouvait les contrôler. Ces analyses statistiques, anthropologiques et économiques conduisaient à la formulation d’un modèle de simulation qui permettait de simuler le cas anglophone et ce qu’il fallait faire. Il n’existait aucun scénario dans ces simulations qui fournissait la moindre perspective de victoire de l’État unitaire sur la sécession anglophone! Aucun!

Quand j’ai demandé au régime, contre toutes les opinions et dans les insultes, d’aller immédiatement au fédéralisme, c’est bien parce que je savais que le Cameroun ne pouvait rien contre ces enfants! Bien plus, les simulations montraient que le gouvernement unitaire n’avait même pas les moyens de les empêcher de s’armer!

Quand un individu comme moi, fonctionnaire retraité, Ingénieur général et Expert, je prends mon courage de dire sur un plateau de télévision très suivi, à côté du colonel Badjeck, que les Amba Boys vont vous battre à plate-couture, comment croyez-vous que je puisse proférer une telle énormité sans une inébranlable conviction? Je ne suis tout de même pas un rigolo! Je vous l’avais bien dit! La seule perspective pour étouffer l’hydre était d’aller immédiatement au Fédéralisme qui allait agir suivant 3 dimensions :

1. Un très grand nombre d’Anglophones allaient se détourner de l’idéologie sécessionniste, puisqu’ayant obtenu le niveau d’autonomie qu’ils réclament depuis de longues années. Cette adhésion massive allait réduire la base de recrutement des Amba Boys

2. Le gouvernement renforçait en priorité les moyens des deux États anglophones pour créer d’urgence une police locale qui allait combattre les Ambazoniens. Ainsi, la perspective de recruter 2.000 policiers dans l’État Régional du Sud-ouest avait un impact suffisamment puissant pour détourner la jeunesse des promesses d’une indépendance qui restait encore très spéculative

3. Le gouvernement transférait immédiatement à l’État régional l’essentiel de tous les bâtiments publics de type opérationnel (école, santé, routes régionales, police, etc.), en ne gardant que l’essentiel. De cette manière, c’est l’État régional, sa police et son peuple qui devaient assurer la sécurité de leur propre patrimoine, l’État fédéral venant en appui.
Il fallait donc accepter le fédéralisme et étouffer la pieuvre, au lieu de prendre le risque d’humilier l’État, le gouvernement et l’armée!

Mais alors que je tentais désespérément de sauver les meubles, une racaille d’intellectuels a diffusé partout que je suis antipatriote, voire Ambazonien! Que je veux «bantoustaniser» le Cameroun! Bien plus, pour contester l’intérêt du fédéralisme et dans un parfait sophisme, ils citaient en exemple le Nigeria et l’Ethiopie qui ont des problèmes, malgré leur modèle fédéral. Mais en aucun jour, je n’ai jamais dit que le fédéralisme supprimait les sécessions! J’ai toujours soutenu que le fédéralisme permettait de mieux combattre les sécessions!

Et cela se voit d’ailleurs dans ces pays qu’ils me citent comme des contre-exemples ! Le Nigeria a connu l’expérience d’un État unitaire après le coup d’État d’IRONSI qui a supprimé la fédération, et cela a conduit à la terrible guerre du Biafra. L’Éthiopie a d’abord eu un État unitaire, et cette forme de l’État a failli la conduire au bord de l’abîme!

Ces pays sont fédéraux et ont des problèmes, c’est vrai, mais s’ils n’étaient pas fédéraux, ils n’existeraient même plus du tout! C’est la même chose au Cameroun: notre pays ne peut pas longtemps vivre dans un modèle unitaire! Il est trop divers!
Maintenant que ces patriotes-aboyeurs va-t-en-guerre ont conduit le pays dans le marécage sanglant, je ne sais pas comment ils se sentent, mais le silence généralisé après la campagne de fanfaronnade montre bien qu’ils ont encaissé un uppercut. Et ce n’est que le début! Peut-être ne comprennent-ils pas très bien le message qui vient du NOSO : les Amba boys vous disent clairement que vous occupez leur «pays» et qu’ils vont vous chasser, de gré ou de force, par les armes et par le feu. Exactement comme l’ont toujours fait les nationalistes, dans tous les pays du monde et à toute époque. Vous riez, mais eux ne rient pas !

Vous leur demandez de déposer les armes, c’est vous qui les leur avez d’abord données? Ils ont pris les armes parce qu’ils vous ont demandé votre avis? Vous ne les avez pas empêchés de s’armer, et vous allez les désarmer comment?
Je vous rappelle, pour ceux qui semblent l’ignorer, que les jeunes Amba Boys sont très inventifs et très déterminés! Ce n’est pas comme nos enfants dorlotés et qui veulent tous entrer à l’ENAM. Les Engins explosifs improvisés qui font maintenant de terribles ravages dans les rangs de notre armée, ils ne les achètent nulle part : ils les fabriquent eux-mêmes! Vous savez qu’ils vont fabriquer quoi demain? Les Camerounais n’ont même pas conscience dans quelle mélasse s’est embourbé leur pays.
Pour la dernière fois, allons au fédéralisme! N’écoutez plus les imposteurs qui vous trompent! Un gouvernement qui écoutent les Owona Nguini et autres Bokagne est un gouvernement perdu! Allons-y immédiatement, sans hésitation, ni murmure! Il se fait de plus en plus tard!

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