Made in Cameroon : Les producteurs à bout de souffle

Les entreprises du Made in Cameroon, label des productions locales, se sentent lésées. Elles réclament une meilleure considération tant des autorités que de leurs compatriotes.

Morelle Ndjollé, promotrice de Morelia Hair Care, a créé sa marque au Cameroun il y a quelques années déjà. Sa motivation : «il est temps qu’on valorise notre pays. L’émergence nous concerne tous». Comme elle, de nombreux entrepreneurs ont investi au Cameroun afin de valoriser la matière première ainsi que sa main-d’œuvre locale qualifiée. «Il y a longtemps, j’étais obsédée par les produits capillaires et je déboursais beaucoup d’argent. Je me suis formée et j’ai décidé de créer une marque qui répond aux principes de nos cheveux», explique-t-elle avec fierté. Mais elle se dit désormais à bout. À l’en croire, elle est «contrainte d’exercer le métier d’enseignante pour joindre les deux bouts». Morelia Hair Care ne lui permet d’atteindre le seuil de l’autonomie.

Délaissement
Morelle Ndjollé n’est pas la seule dans ce cas. Les entreprises du Made in Cameroon ne sont pas toujours rentables et plongent par conséquent les entrepreneurs dans la précarité. Hadjara Amadou rencontre justement des anomalies pour le développement de sa structure. La propriétaire de SHEM’S, marque de produits des soins corporels, s’inquiète et affirme qu’elle ne se sent ni soutenue ni accompagnée tout au long de ce parcours du combattant. À cela, s’ajoute le payement des impôts assez cher pour la taille de son entreprise. La conséquence immédiate étant une augmentation des charges et des profits en moins. Hadjara est dans une phase primaire, en statut débutant. Elle n’emploie pas encore. C’est pourtant une ambition qu’elle nourrit parmi tant d’autres. Mais elle est de plus en plus «en proie au doute, surtout si cette situation persiste».

Autant de situations vécues au quotidien par ces promoteurs qui influencent l’opinion de la société. Les entrepreneurs du label Cameroun ont pourtant la conviction que «la clientèle est réceptive aux messages de la promotion du Made in Cameroon. Mais les espoirs placés dans ce Label sont encore loin d’être appréciables. Au contraire la considération chute au fil du temps».

Qualité
Pour sa part, Roméo avoue qu’il ne sent pas concerné par ce slogan. Et pour cause, il doute de la qualité et du respect des normes. «Lorsque je vais dans un supermarché de la place, je prends des produits qui viennent d’ailleurs parce qu’ils ont fait leurs preuves et la confiance a suivi. Un procédé que je ne retrouve pas dans les marques camerounaises. Je préfère être prudent et éviter des mauvaises surprises», confie ce dernier.

Lorsque l’on parle du Made in Cameroon, Thérèse n’en garde que de très mauvais souvenirs. Elle s’est «rétractée suite à une mauvaise expérience avec une gamme de produits de soins corporels dont je garde encore les signes de brûlures visibles sur ma peau». Elle déclare ne plus se sentir autant belle qu’auparavant. Désormais, la jeune dame refuse tout contact avec une gamme locale.

Presvualie Ngo Nwaha

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