Réfugiés : Encore une année blanche à Douala

Plusieurs d’entre eux n’ont pas pu effectuer leur rentrée scolaire le 6 septembre dernier faute de prise en charge.


Des cris de détresse des réfugiés. Cette année encore, les enfants réfugiés vivant à Douala ne vont pas emprunter le chemin de l’école. Et de fait, «plus de 2200 d’entre eux vont encore avoir une année blanche», selon ce que révèle Daniel Moundzego, président de l’Association réfugiés sans frontières. Les parents se battent pourtant corps et âme, mais n’obtiennent pas de résultats satisfaisants. Ces derniers disent ne plus savoir à quel saint se vouer. «Je suis réfugié urbain centrafricain.

Je suis à Douala depuis 2013 et j’ai trois enfants. Je suis allé faire un plaidoyer au niveau du Plan mais cela n’a pas marché», commence par regretter Guy Alain Oscar Diwa. Et le parent d’élève, par ailleurs président des personnes handicapées de poursuivre : «l’année passée mes enfants n’étaient pas scolarisés parce que leur âge a dépassé celui de l’école primaire. Du coup, ils n’ont pas le courage d’aller à l’école. Pour celle qui est même en âge de scolarisation, je me bats pour qu’elle y aille, mais on va la chasser aussi bientôt à cause du manque de moyens financiers».

La situation devient de plus en plus critique pour les parents à cause du manque de prise en charge par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). «Mes deux enfants ne vont pas à l’école faute d’argent. Le HCR ne s’occupe plus de la prise en charge des élèves réfugiés. Lorsque je trouve même le travail qui me permettra de m’occuper de mes enfants, à la fin du mois je ne suis pas payée et ces derniers trouvent tous les moyens possibles pour me chasser en me rappelant que je ne suis qu’une étrangère», raconte abattue Leslie Yamba, parent d’élèves.

Pour essayer de pallier cette situation, «nous avons fait un plaidoyer il y a deux ans auprès du représentant des Nations unies. Dans cette lettre, il est question de prendre les élèves réfugiés dans les établissements primaires privés. Et ces derniers ont suggéré que le HCR paye la même somme qu’il paye dans le public et les parents vont se charger du reste. Le plaidoyer jusqu’ici n’a jamais eu aucune suite», déplore Dimitri Mbaya, vice-président du Collectif des réfugiés du Littoral.
Face à cela, c’est en «communauté que nous nous battons avec un esprit de solidarité afin de nous entraider. Parce que la prise en charge du HCR est limitée», rappelle la même source. D’ailleurs, malgré que certains réfugiés soient enregistrés dans les listes du HCR pour la prise en charge, jusqu’ici ils disent n’avoir jamais reçu d’argent. D’où l’appel du vice-président du Collectif en direction des ONG, associations humanitaires et autres étrangers de bonne volonté.

Diane Kenfack

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