Les ONG, humanitaires ou infiltrées

Le ministre de l’Administration territoriale a commis un communiqué à l’intention des ONG (Organisations non gouvernementales) travaillant dans notre pays, quand on sait que notre pays traverse une période très troublée.

Une ONG étrangère sur le terrain au Nord-Ouest du Cameroun.

Il s’est créé beaucoup d’ONG dont les buts ne sont pas avoués et même avouables. Dans la compréhension du public, les ONG sont des entités privées venant au secours des populations qui sont victimes des affres de la guerre. Elles peuvent être nationales ou internationales. Nul n’est besoin pour moi ici d’énumérer celles-ci.

À la question de savoir quel est le rôle réel des ONG en période de crise, il est dit qu’elles servent de «secours» aux populations des zones en guerre. Donc le grand Nord du Cameroun, la frontière avec la Centrafrique et les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.

Sont-elles humanitaires? Sont-elles une sorte de guerrier ayant un objectif caché? Pourquoi le ministre de l’Administration territoriale demande des rapports avec détails de leurs activités, y compris des financements, le personnel étranger et local, bref, que cherche le ministre de l’Administration territoriale : veut-il avoir «l’inventaire» de ces ONG?
La question que l’on doit se poser est de savoir si le Droit humanitaire international s’applique à elles. C’est-à-dire qu’il vise à limiter les effets des conflits armés pour les civils. Ou sont-elles dotées d’expression non définie par la communauté internationale, juridiquement vide de sens, l’Onu, le Conseil de sécurité, et les grandes puissances qui donnent le ton sur la scène internationale.

Il existe des ONG réellement sur le terrain des conflits armés qui, il faut le reconnaître, ont de la peine à garder leur neutralité, vu la qualité humaine qui les composent. Elles sont, d’une manière ou d’une autre proche d’un camp, et ce qu’il faut éviter, même s’il n’est pas facile de le faire.

Un autre bel exemple de l’habillage Militaro-humanitaire: «gagner les cœurs et les esprits». On discute, on vide, on se renseigne. Cette méthode, plus que discutable n’a jamais apporté des solutions ou des résultats probants ou pérennes.
L’humanitaire a, à un moment donné, fait jonction de recharge, et il a à se faire pardonner, car ces humanitaires ont plutôt mis le feu aux poudres, au lieu de l’éteindre. À la fin, elles ont une hâte à partir et à se faire oublier. C’est vrai, certains humanitaires vogués par les médias des grandes puissances croyant qu’elles parleraient, pourraient devenir la voix des sans voix, et hélas !

Le cas le plus patent est «Médecins Sans Frontières» que le gouvernement soupçonne fortement de travailler avec les séparatistes. Il leur est très difficile de trouver une signification acceptable envers ceux qui le leur disent. Ces ONG ont poussé l’Onu à utiliser toute sorte d’artifice juridique pour intervenir au Cameroun, en vain. Elles ont invoqué le devoir de protéger les populations, que la France a évoqué en Libye, le devoir ou le droit d’ingérence, etc. Tout ceci laisse indubitablement des traces.

L’argument de la «responsabilité de protéger les populations» a été évoqué en janvier 2011 en Côte d’Ivoire par Ban Ki-Moon pour lancer une livrée blanche de tirs de missile contre le bunker du président destitué M. Laurent Gbagbo. Il en a été de même pour le guide libyen Kaddafi.

Les ONG commencent à s’apercevoir de la supercherie des politiques les envoyant comme soldats aux mains nues dans des conflits qui n’en finissent jamais. Car il y a un dessous des cartes : aucune opération, même parée du bleu de l’Onu, et apparemment destinée à sauver des vies innocentes, n’est «pure». Les arrière-pensées stratégiques, économiques, géopolitiques demeurent. C’est aussi parce que l’existence des grandes puissances est en jeu. Ces grands États qui financent l’Organisation des Nations unies et qui n’oublient jamais de veiller à leurs propres intérêts. Et souvent quand ils paraissent se mettre au service d’une «communauté internationale» qu’ils manœuvrent à leur guise.

«Les causes nobles» commencent toujours par une femme qui fuit un bombardement avec un bébé dans les bras. Ensuite, on présente des cadavres qui jonchent les rues. Le tout devant des caméras de télévision et devant un «dictateur» aboyant. Entrent enfin en jeu les intellectuels et les éditorialistes qui supplient «la communauté internationale d’agir vite».
Le risque, c’est qu’à la fin, les politiques, qui sont généralement vainqueurs, traînent les pieds pour résoudre le problème dont-ils ont eux-mêmes la solution. C’est vrai aussi que les problèmes dénoncés sont réels, parfois exagérés, ou simplement imaginaires.

Aimé Mathurin Bakoto
Consultant-Économie

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