Complexe sportif d’Olembe : Cameroun, vis et vois !

Au 3 septembre 2021, des clichés de l’infrastructure présentés par la CAF ne cessent de défier la parole des experts et de menacer la crédibilité de celle des politiques.

Le Stade d’Olembé encore en chantier d’après la CAF.

«Est-ce que je peux vous demander d’être précis»? Au cours de l’émission Talents d’Afrique sur Canal+ Sport le 31 août dernier, Vincent Radureau (le présentateur) n’a pas ménagé Narcisse Mouelle Kombi. Se voulant «précis» justement, le ministre des Sports et de l’Éducation physique (Minsep) a eu recours à quelques ficelles de communication pour répondre à la question posée. «Nous avons aujourd’hui du point de vue de la fonctionnalité des infrastructures sportives dont le standard et le standing sont de niveau mondial. Je me suis plu à entendre certains experts dire que le Cameroun possédait des stades du niveau de la Coupe du monde», a déclaré, sans ambiguïté, le président du Comité local d’organisation de la CAN (COCAN).

Fausses informations
Pour la suite, à la faveur du match Cameroun-Malawi du 3 septembre 2021, quelques secrets enfouis et des faux-semblants ont fini par cristalliser la colère de la Confédération africaine de football (CAF). «L’autorisation de jouer le match Cameroun–Malawi au stade d’Olembe a été donnée sur la base d’informations tronquées», tel est le curseur auquel reste attachée l’instance faîtière du football continental. Celle-ci ranime un débat considéré comme clos dans une correspondance qu’elle a adressée au président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) le 2 septembre 2021. En effet, selon la CAF, «les informations ne rendaient pas compte du fait que le stade en question est encore à ce point en chantier».

À cette phrase, les adeptes de l’information par les réseaux sociaux ajoutent un argument supplémentaire: «le gouvernement et ses experts ont monté à la une des informations sans intérêt, en passant sous silence quelques manquements criards». Si, pour la CAF, la situation a été supportable dans l’immédiat, un fait relayé par la chaîne de télévision privée Canal 2 International le 2 septembre 2021 a montré les poteaux des goals transportés d’urgence du Stade omnisport Ahmadou Ahidjo vers le Stade d’Olembe. Ici, il y a même plus: les toilettes internes ne sont pas encore fonctionnelles; idem pour les différents passages des ministres à partir de la voie présidentielle.

Dans un communiqué publié le 2 septembre dernier, le Minsep «en appelle à la compréhension, à la tolérance, à l’indulgence ainsi qu’au civisme et au patriotisme des nombreux supporters des Lions indomptables dont l’ambition légitime était non seulement d’apporter leur soutien in situ à leur équipe nationale, mais également de découvrir, en cette occasion particulière, le majestueux et futuriste Stade d’Olembé mis à la disposition de la jeunesse par le président de la République, Son Excellence Paul Biya».

Plusieurs mi-temps…
L’on se souvient qu’à cause des soubresauts liés à l’indemnisation des riverains, les travaux ont démarré en mars 2017, soit un retard d’au moins 15 mois après la signature du contrat entre Piccini et l’État du Cameroun. Pour tenir les délais de livraison (mars 2019, conformément au cahier de charges de la CAF), le matériel préfabriqué est commandé depuis l’Italie. Le choix induit des coûts supplémentaires. L’opération de transport est alors évaluée à 28 milliards FCFA. Le tout est supporté par Piccini qui veut rentrer dans ses frais.

Aux yeux du gouvernement, cela a un visage d’escroquerie. L’Italien est botté en touche. Le Canadien Magil Construction est sollicité pour livrer un complexe clés en main (stade couvert de 60 000 places avec une piste d’athlétisme; un complexe de trois salles de cinéma, un hôtel 5 étoiles de 70 chambres avec trois salles de conférences de 250 places chacune, un centre commercial; un musée pour le sport, un palais omnisport de 1000 spectateurs avec terrain de basketball, handball, volleyball; une piscine olympique de 2000 places et deux terrains d’entraînement de 1000 places couvertes chacun; six terrains de tennis et un Club House; quatre terrains extérieurs de basketball et de volleyball et un parking extérieur). À ce jour, il est loisible de remarquer que ce cahier de charges a été revu à la baisse.

Jean-René Meva’a Amougou

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