Mois de l’amnistie africaine 2021 : En mode prorogation

L’existence évidente de la circulation des armes illégales en Afrique oblige l’Union africaine à prolonger la validité de l’initiative.

Depuis 2017, septembre est appelé «Mois d’amnistie de l’Afrique» par l’Union Africaine (UA). Créée en 2017 lors de la conférence des chefs d’État de l’organisation panafricaine, cette initiative conçue pour faciliter la remise et la collecte d’armes illicites à travers le continent est de nouveau inscrite sur l’agenda du Conseil de paix et de sécurité de l’UA. Ce 31 août 2021 en effet, une session ministérielle présidée par Churchill Ewumbue-Monono (ambassadeur représentant permanent du Cameroun auprès de l’UA) va relancer ce programme dont l’échéance avait été préalablement fixée jusqu’en 2020.

Et pourquoi ?
«Le combat contre la circulation, la traite et l’utilisation illicites des armes légères et de petit calibre à travers le continent est loin d’être terminé. Sur toute l’Afrique, les estimations donnent environ quarante millions d’armes détenues par des civils, en grande majorité de façon illicite. Les transferts d’armes entre États peuvent aussi être officiellement autorisés par les gouvernements au profit d’autres gouvernements, et détournés vers d’autres destinations.

Les conflits armés continuent de contribuer aux crises politiques, de provoquer des problèmes humanitaires généralisés, des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, et d’exacerber les conditions de famine dans certaines parties de notre continent», répond d’emblée Françoise Mouyenga. Pour la géostratège camerounaise, «les lacunes dans la mise en œuvre et l’application des lois régissant la possession civile de ce type d’armes restent toujours un défi important dans toutes les régions d’Afrique». L’explication qu’en donne l’universitaire tient sur «un certain nombre de facteurs politiques, sociaux, économiques et culturels». «L’honneur reste donc sur l’UA de veiller à ce que, pendant qu’elle veut éliminer le fléau sur le continent, elle doit aborder ces défis pour créer un environnement propice, ainsi les gens n’auront aucune raison de chercher des armes illégales», poursuit-elle.

Depuis sa conception, le «Mois de l’amnistie africaine» vise à créer les conditions propices au désarmement volontaire, afin d’encourager les individus en possession d’armes illicites à les remettre aux organismes mandatés par l’État. «Or, jusqu’en 2021, tous les États membres de l’UA ne déploient pas le même volume d’efforts pour assurer une publicité plus large possible à l’initiative, et faciliter la collecte d’armes illicites entre les mains civiles dans un lieu national de stockage sûr ou de destruction», observe l’internationaliste camerounais Daniel Nkomba. Ce dernier relève également «l’incapacité de la communauté internationale à contrôler le transfert et le trafic d’armes».

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