Plastiques non biodégradables : Toujours en circulation à Yaoundé

Depuis leur interdiction en 2013, les emballages présentant cette caractéristique ne sont jamais vraiment sortis des habitudes des consommateurs de la capitale politique.

À Yaoundé, on n’était plus censé tomber sur des emballages plastiques. Rendu en 2021, force est de constater qu’on retrouve toujours chez les boutiquiers, vendeurs à la sauvette, et bayam-sellam, des emballages plastiques non biodégradables. «J’utilise les emballages plastiques ordinaires jaunes et noirs parce que c’est moins couteux et en plus, c’est plus pratique», déclare Ali Bachir, tenancier d’une grande enseigne à Coron dans le 4e arrondissement de Yaoundé.

Distributions
Yakubu est un jeune ressortissant de l’Extrême-Nord du pays. La vingtaine à peine il est un revendeur desdits plastiques. Il déclare : «je prends les plastiques chez les grossistes soit au marché Mfoundi, au marché central, soit à Mokolo, et je vends dans les quartiers et les marchés périphériques de Yaoundé», fait-il savoir. Ngarba, lui aussi vendeur d’emballages plastiques indique parcourir, «plusieurs quartiers par jours. Quand je vends beaucoup, j’arrive à 40.000 FCFA, mais aujourd’hui, j’ai vendu à peine 5.000 FCFA», confie le jeune homme.
Sur l’identité des fournisseurs, Yakubu affirme seulement que «les plastiques viennent du Nigeria à partir du grand nord. Moi par exemple, j’ai de la famille au Nigeria et nous avons beaucoup d’échange». Plus encore pour Aminou, boutiquier à Roumdé Adja à Garoua, «les grossistes ont leur circuit et ils réussissent à tromper la vigilance des douaniers et agent du ministère du Commerce».

Cache-cache
«Il est constaté que les boutiquiers dissimulent les emballages pour que les agents du ministère du Commerce ne les repèrent pas», indique papa Yves, boutiquier d’origine rwandaise à Anguissa dans le 4e arrondissement de Yaoundé. Et le Mincommerce n’est pas la seule institution à laquelle ces conditionnements sont cachés. Certains pointent du doigt la passivité, voire la complicité de certaines autorités. «Les agents de la mairie et les policiers sont complices de cette circulation. Les plastiques sont vendus sous la barbe de tout le monde. Nous sommes tous coupable», relève Paul Akono Akama, specialiste des questions d’environnement. Il conclut en disant que «pour que cela s’arrête, il faut contrôler les importations illicites en provenance du Nigeria».

André Balla Onana

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