Horticulture : Yaoundé prend des couleurs

Des compositions florales agrémentent chaque jour les rues de la capitale.

Un des nombreux jardins plantés dans la capitale politique du Cameroun.

Au lieu-dit Nouvelle Route Bastos, l’effet est immédiat: les humeurs chagrines se colorisent d’un regard et d’une profonde inspiration. Voilà qui ouvre un autre œil sur Yaoundé. «Si la ville est de plus en plus belle, c’est grâce à l’apport des fleuristes de Yaoundé. Ce sont les fleurs qui embellissent la ville. Si vous entrez au Palais des Sports, c’est beau à voir, la décoration qui est faite donne une autre image à cette infrastructure», se réjouit la fleuriste Anna. En tenue de travail, elle désherbe son jardin en face du Palais des Sports de Yaoundé.

«Elles sont nombreuses ces femmes qui s’occupent dans les jardins. Sans oublier les hommes également. Vous savez que la crise anglophone a provoqué les déplacements des populations de ce côté, et elles ont choisi pour activité la floriculture pour subvenir à leurs besoins. Elles n’ont pas de qualification, elles ont appris sur le tas aux cotés des fleuristes qui ont séjourné en Europe. La dernière convocation de la mairie de la ville a permis de recenser plus de 500 fleuristes dans la salle de conférence», explique-t-elle

La collaboration
Les fleuristes ne travaillent pas en vase clos, ou ne fonctionnent pas en électron libre. Elles bénéficient du soutien et de la collaboration de la mairie de la ville. «La dernière rencontre avec la mairie de la ville avait pour but de nous encourager à travailler davantage. Et on nous a à cet effet demandé de nettoyer régulièrement ces champs, qui peuvent servir de refuge aux bandits de grands chemins. Bref, l’entretien permanent de ces espaces verts permet d’endiguer le phénomène d’insécurité. Puisque à l’époque, ces espaces étaient des champs. Lorsque les bandits arrachaient des sacs à des Dames, ils fonçaient dans la nature», raconte maman Anna.

Revenus
L’activité nourrit son homme, en dépit des moments difficiles. «Je dirai que c’est une activité rentable. Nous avons beaucoup plus les jardiniers de la mairie de la ville qui nous sollicitent de temps en temps. C’est beaucoup plus en saison pluvieuse que nous faisons des meilleures ventes. Je ne peux pas vous dire avec exactitude les ventes journalières, puisqu’elles diffèrent d’une journée à l’autre. En saison sèche, c’est vraiment très difficile, les clients n’achètent pas les fleurs, pour éviter cette peine de les arroser au quotidien», raconte Berthe fleuriste au carrefour Olézoa.

Olivier Mbessité

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