Mvog-Ada (Yaoundé) : Le prix de la viande de cochon peste

L’instabilité que crée l’éventualité d’une épidémie déprime l’un des plus importants marchés porcins de la capitale.

1500 FCFA le kilo : c’est le nouveau prix de référence de la viande de porc au marché de Mvog-Ada (dans le 4e arrondissement de Yaoundé. « C’est désolant de vendre comme ça », marmonne Damien Fotié. S’il est encore présent ici, c’est parce que le vendeur se dit porté par un label : « le porc de Mvog-Ada ». « Tout le monde sait que c’est le meilleur à Yaoundé. Mais ces derniers jours, ça ne va pas », dit-il. Pour tout comprendre, cette grande place porcine de la capitale connaît des trous d’air fatals depuis une semaine. Ici, Richard Djemo (qui se désigne comme « le président élu des vendeurs de cochon ») a vite identifié la cause de la déprime: les informations récentes faisant état d’une éventuelle peste porcine au Cameroun. « C’est cela qui fait baisser les prix du kilo », croit-il savoir. Il dit craindre une accentuation de la baisse des prix du fait de l’absence d’un grand nombre d’acheteurs au marché.

Sur place, personne n’est capable de dessiner une issue à cette situation. Et de fait, « tout le monde veut écouler ses bêtes », souligne Richard Djemo. À l’en croire, les éleveurs de porcs se montrent plus préoccupés. Faute d’un prix de référence solide, tous se précipitent pour vendre. « Ils viennent là et liquident tout », renseigne Damien Fotié. « Tout », c’est-à-dire des porcs en poids excessif (plus de 250 kilogrammes), des porcs de poids normal (environ 150 kilogrammes) et des porcs de poids insuffisant. Pour Richard Djemo, cette braderie s’étend même jusqu’aux porcelets.

« En l’espace de quelques jours seulement, le prix du porc vivant a vraiment chuté en raison de l’augmentation des abattages, de la faible demande des consommateurs et de l’abondance de viande de porc disponible », affirme-t-il. Selon des sources, quelques éleveurs se sont vus contraints d’euthanasier à domicile leurs bêtes sur lesquelles pèseraient des soupçons de maladie, avant d’en écouler les morceaux ici à Mvog-Ada.

Approchés, d’autres « magnats du cochon » décrivent leur nouvelle astuce : déverser la viande excédentaire dans les autres marchés de la ville. « À défaut de le faire chaque jour, c’est se planter le groin dans la boue comme des porcs justement », ironise Elvis Mbatchou, un autre vendeur.

Jean-René Meva’a Amougou

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