Relance économique en Afrique centrale : le FMI maître du temps

Pour relancer leurs économies gravement affectées par la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, les pays de la sous-région Afrique centrale entendent aussi s’appuyer sur des partenaires au développement. Plusieurs pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) se sont de fait tournés vers le Fonds monétaire international (FMI).

Kristalina Georgieva imprime son rythme dans la sous-région.

Seulement, «quand le FMI frappe à la porte des pays africains ayant des difficultés financières, il vient souvent avec la bourse pleine dans une main, et un chapelet de réformes dans l’autre», selon un confrère. Pour ce dernier comme pour plusieurs observateurs et experts, l’inquiétude ainsi formulée tient surtout de ce que depuis quelques mois, l’institution de Bretton Woods fait la pluie et le beau temps dans la sous-région.

En guise de preuve, plusieurs sources proches de l’institution financière font par exemple savoir que celle-ci a réussi à bousculer l’agenda des chefs d’État de la Cemac. Puisque que c’est à sa demande que le Sommet en préparation depuis quelques semaines à la Commission de la Cemac devra se tenir «au plus tard le 18 août prochain». Les mêmes sources indiquaient déjà face à l’érosion des réserves de change de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), que le FMI avait également voulu obtenir des pays de la sous-région une dévaluation du franc CFA. Et il faut également considérer que dans le cadre des négociations en cours avec le Cameroun, la Guinée Équatoriale, le Gabon, la République Centrafricaine, le Tchad et surtout le Congo, l’institution financière internationale a aussi imposé un certain nombre de conditionnalités.

Brazzaville a par exemple été contrainte à procéder le mois dernier à la restructuration de sa dette vis-à-vis de la Chine pour pouvoir bénéficier d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international. Ce qui est un indicateur parmi tant d’autres, de la force de persuasion de l’institution financière.

Pour sa part, la République Démocratique du Congo a obtenu le 16 juillet dernier du Conseil d’administration du FMI, «le décaissement d’un crédit de 1,5 milliard de dollars étalé sur trois ans et assorti d’exigences de transparence dans le secteur minier», selon une source gouvernementale.

Théodore Ayissi Ayissi 

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