Tabaski 2021 au Cameroun : Le bélier à la portée de toutes les bourses

La célébration de la Fête de la Tabaski chez les musulmans a laissé un arrière-goût amer aux vendeurs de moutons du marché huitième. Les raisons: l’ouverture des frontières et les difficultés financières des clients.

Fête de la Tabaski: les moutons sont disponibles

La Fête de la Tabaski appelée, Fête du mouton n’a pas encore atteint son pic. Au marché Mbankolo dans l’arrondissement de Yaoundé 2e ce 15 juillet 2021, ce n’est pas l’effervescence d’antan. Dans les enclos des bêtes, même pas l’ombre des clients pour acquérir un bélier. Seuls les éleveurs sont assis en groupe et par affinité pour passer le temps. Et d’autres font des va-et-vient pour conduire les bêtes au pâturage. En revanche, malgré cette timidité, les vendeurs affirment que les moutons sont disponibles pour toutes les couches. « On n’a pas encore l’affluence des clients, alors que nous sommes à cinq jours de la célébration de la fête. Depuis mon arrivée je n’ai vendu aucune bête. Contrairement aux années antérieures, les moutons ne sont pas chers.

Les prix vont de 50 000 FCFA à 80000 FCFA, mais les clients sont aux abonnés absents », s’alarme Abdoulaziz, vendeur venu de la région du Nord du Cameroun. La demande est en baisse du fait de l’ouverture des frontières. « L’année passée, les étrangers comme les Gabonais, les Soudanais, les Nigériens étaient nombreux à venir se ravitailler au Cameroun. Cette année, il n’en est rien. La raison étant que les acheteurs, qui d’habitude venaient au Cameroun, sont partis au Nigéria, au Tchad et au Gabon pour se procurer la bête. C’est ce qui justifie les mauvaises affaires à notre niveau. Rendus à cinq jours de la fête, ils ne vont plus venir, puisqu’ils arrivent souvent à dix jours de la cérémonie. Quand ils viennent, ils achètent à 80 000 FCFA voire plus, une bête de 50 000 FCFA », explique Abdoulaziz.

Une approche partagée par Souleymanou, président du marché des moutons pour qui le manque d’engouement chez les clients s’explique « par le manque des moyens. Les clients se plaignent de vivre des moments difficiles. Depuis des années que je vends les moutons, c’est la première fois de vivre une telle mévente, à quelques jours de la fête pas de clients. Mais je reste optimiste jusqu’à la dernière minute que la situation va s’améliorer. Pourtant les moutons sont à la portée de toutes les classes à partir de 35000 FCFA et 70000 FCFA l’on peut se procurer la bête et fêter aisément avec la famille », dit-il. Et d’ajouter : « la situation du Boko Haram s’est améliorée ces derniers temps. Ce qui a permis l’ouverture des frontières. Les commerçants et acheteurs se sont rendus au Nigéria, Tchad et au Gabon. C’est ce qui justifie qu’on ait moins de moutons au Cameroun, et de clients également ».

Lueur d’espoir
Nonobstant le climat d’affaire très morose, les vendeurs espèrent que les lignes vont bouger les derniers jours. « Malgré les temps difficiles, il y a encore une lueur d’espoir que les choses vont changer dès demain. Beaucoup attendent la dernière minute. Comme je l’ai dit plus haut, on n’attend plus les étrangers, nous attendons les musulmans locaux qui vont bien vouloir immoler la bête le jour de la fête, signe du sacrifice tel que le Coran nous l’a appris. C’est un devoir pour tout musulman selon ses moyens de faire ce sacrifice, pour partager avec ses frères musulmans et les chrétiens, symbole d’une vie communautaire harmonieuse », conclut le président du marché des moutons.

Olivier Mbessité

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