Décentralisation au Cameroun : Le processus vu depuis Paris

Pour la France, les repères indiqués par Yaoundé pour la transition sont de plus en plus intangibles et fluctuants.

Christophe Guilhou

« C’est un cheminement qui est assez compliqué. Il se heurte à des résistances et à l’inertie administrative et politique ». Entre autres choses, voilà ce qu’a dit Christophe Guilhou à Yaoundé le 12 juillet 2021 au cours d’une réception en sa résidence. Reprise par le quotidien Cameroon Tribune (édition du 14 juillet 2021), la position sur le fil de l’ambassadeur de France au Cameroun évoque en filigrane des problèmes de délais de réalisation et de rendu des résultats sur le terrain, spécialement des logiques contradictoires. Pour en rendre compte de manière synthétique, le diplomate français parle simplement de « résistances et d’inertie ». Visiblement, selon lui, la décentralisation scandée lors du Grand dialogue national demeure modeste tant sur le fond qu’à propos de la procédure de sa mise en œuvre.

Toutefois, il ne s’agit pas d’un reniement de la parole donnée. « C’est un processus sur lequel nous sommes engagés, malgré un calendrier aussi serré », a relevé Christophe Guilhou. La France a été sollicitée par le président de la République, Paul Biya, pour accompagner le processus au cours de la visite au Cameroun du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, en octobre 2019. Pour impulser une nouvelle dynamique, Paris s’est alors engagée à accompagner le Cameroun. Son soutien porte sur différents domaines. Christophe Guilhou liste les relations entre élus, les finances, la gestion administrative, le statut des employés et l’accompagnement de la National School of Local Administration (NASLA) qui forme le personnel des collectivités territoriales décentralisées, à la gestion administrative, l’élaboration des statuts des personnels des collectivités territoriales décentralisées (CTD). En guise d’exemple, Christophe Guilhou rappelle que « l’opérateur Expertise France développe depuis deux mois, un projet d’appui à la régionalisation sur un financement de 650 000 euros (Plus de 426,3 millions de F, ndlr) de l’Agence française de développement ».

Ongoung Zong Bella

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