Orange Money Cameroun : Les dirigeants sonnent le gouvernement

Pour garder son leadership en Afrique en général et au Cameroun en particulier dans le secteur du Mobile Money, l’entreprise française donne une injonction au gouvernement aux fins de régulariser les personnes incapables de se faire établir des documents administratifs.

 

Photo de famille à l’occasion de la célébration des 10 ans de Orange Money à Yaoundé.

Intégré les millions de Camerounais des régions reculées du septentrion et de l’Est, est le leitmotiv d’Orange-Cameroun. La compagnie française de téléphonie mobile qui réalise les transactions financières à hauteur de 9600 milliards FCFA par an au Cameroun est donc loin d’être rassasiée. Elle veut également connecter à son réseau les personnes ne possédant pas de documents administratifs, notamment les actes de naissances et les cartes nationales d’identité. À en croire d’ailleurs Fréderic Débord qui l’a fait savoir le 5 juin dernier lors de la célébration des 10 ans d’Orange Money à Yaoundé, «l’inclusion financière pourrait être mise à mal par les difficultés d’identification des couches entières des populations dans les régions les plus reculées», a alors averti le directeur général d’Orange-Cameroun. Le dirigeant d’entreprise poursuit en indiquant que «la plupart ne disposent pas de documents d’état civil de base alors qu’ils font partie du circuit économique».

Devant le ministre des Petites et moyennes Entreprises et de l’Économie sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa) Achille Bassilekin III, Fréderic Debord va envisager des pistes de solutions. Parmi celles-ci, le directeur général d’Orange-Cameroun évoque l’établissement des actes de naissances et les cartes nationales d’identité aux personnes incapables de les obtenir. Ceci s’expliquerait selon lui par le fait que la fracture sociale est difficile à juguler. Alors que ces populations du grand Nord et de l’Est sont de potentiels clients. Plus encore, ce secteur informel a beaucoup de réserves en termes de devises. «L’élargissement de l’écosystème des utilisateurs de la monnaie mobile devrait convaincre ses détenteurs qu’elle doit être considère comme de la monnaie», a encore tenu à préciser le patron d’Orange au Cameroun.

Dans une autre articulation de la célébration, le directeur général d’Orange-Cameroun a été rejoint dans cette perspective par le directeur Orange money Cameroun. Ce dernier veut voir les initiatives prises par le ministère des Affaires sociales s’accélérer. Aux dires du responsable, la ministre avait lancé une campagne massive d’établissement des actes et cartes d’identité dans la seconde partie des années 2010. Mais cela est très insuffisant. Ce d’autant plus que selon Orange Money, son assiette est appelée à augmenter puisque le potentiel est grand. Pour eux, «l’État doit se rapprocher de la plateforme d’échange que la Beac a instituée Pour poser le problème de l’identification à deux vitesses, nous recommandons à cette couche défavoriser de ne pas être en marge de l’inclusion financière», a alors précisé Emmanuel Tessembedo, directeur Orange Money.

Gagnant-gagnant
Pour le géant de la monnaie mobile, l’État est aussi un grand bénéficiaire puisqu’il prélève non seulement la Taxe sur la valeur ajoute (TVA), mais aussi, les impôts. Le représentant du DGI va saluer le partenariat qui a déjà débuté en 2016, et qui aujourd’hui accompagne également le gouvernement dans la facilitation de ses recouvrements. C’est le cas du paiement de la taxe foncière ou de la déclaration des impôts des particuliers via la plateforme de l’opérateur mobile.

André Balla Onana

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