Viande de bœuf à Yaoundé : Vaches maigres pour les vendeurs et consommateurs

Les uns procèdent à la réduction des quantités pendant que les autres se serrent la ceinture et se privent désormais de certains plats.

Les amateurs de chair paient désormais cher leur appétit.

Avoir un plat de nourriture à base de viande de bœuf ou un pain garni de brochettes ou de « soya » est désormais un luxe pour les consommateurs de Yaoundé. « C’est difficile de trouver de la viande au marché, on ne sait pas quelles en sont les causes. Ce qui est certains, c’est que les prix ne cessent d’augmenter », déclare un vendeur mobile de viande de bœuf. Pour ce dernier cependant, le responsible est tout trouvé: le coronavirus.
À Coron dans le 4e arrondissement de Yaoundé, à la gare routière MRS, l’on trouve les stationnements pour plusieurs destinations comme Mfou, Ekali, Essazok. Non loin, se trouve un restaurant-bar tenu par Ngoon Mvele. La spécialité ici est le bouillon de bœuf. Mais depuis trois mois selon la restauratrice, la viande manque et elle coûte chère. « On ne me livre plus sur place, je dois partir à Atangana-Mballa ou au Mfoundi pour trouver de la viande », dit-elle.

Les chauffeurs de la place sont également aux abois. Pour la tenancière, en plus de la rareté de la viande, elle doit aussi gérer leurs humeurs. « Ils ne veulent pas comprendre mes difficultés, leur seul souci est de manger ». Et tous les jours, « nos échanges tournent autour de la quantité et de la qualité des morceaux servis ».

Du côte de l’École des Postes, tout près de la station Neptune se trouve « Mama Eru ». Pour s’en s’en sortir face à la grogne de ses clients, elle préfère les prévenir avant de poser le plat sur la table. « Ne regarde pas la quantité, c’est le goût de la viande qui compte », lance-t-elle. Pour cette vendeuse, il faut que les clients soient informés de la situation avant de se plaindre.

À Ayene à l’Université Catholique d’Afrique centrale, les étudiants qui raffolent de la viande de soya sont eux aussi aux abois. Josué la quarantaine et originaire de Mokolo dans le grand Nord est propriétaire d’une échoppe et François son frère est l’un des cuisiniers. Ce 7 juillet 2021, la relation avec la clientèle est très tendue. Une passe d’armes met justement en scène le cuisinier et une étudiante. Cette dernière se plaint de la quantité pour le prix de 500 FCFA exigé. Tandis que François, le Cuisinier, tente de se défausser sur le marché. « La viande est chère, va même à la brique te renseigner », lance-t-il.

Non loin de là, chez Nathan, l’on ne trouve plus les émincés de viande au menu. Le tenancier du restaurant a dû faire face à la réalité. D’après lui « les coûts de la viande sont élevés et les clients ne vont pas comprendre le fait que le plat des émincés passe de 1000 à 1500 FCFA », déplore-t-il.

Témoignage de consommateur
Au marché du Mfoundi, un jeune homme de 25 ans dit être en grande difficultés. Célibataire, il n’avait pas encore éprouvé de difficultés pour trouver à manger. « Aujourd’hui pourtant, j’ai toutes les peines du monde pour manger de la viande le lundi et le jeudi. C’est ainsi que j’avais planifié mon menu de la semaine », confie-t-il. Tout à son embarras, le jeune homme ne comprend pas pourquoi la situation dégénère jusqu’à ce point. Cela sans que le gouvernement ne donne une explication. Il va même plus loin, en s’offusquant du fait que d’autres denrées alimentaires soient aussi en manque.

André Balla Onana

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