Gare routière de Mvan : Les Centrafricains ont bon dos

Arrivés au Cameroun pour des raisons existentialistes, ces ressortissants de la sous-région ont choisi d’être de bagagistes pour subvenir à leurs besoins.

Mvan, dans le 4e arrondissement de la ville de Yaoundé, est une localité dans laquelle plusieurs agences de transport interurbain ont pris leurs quartiers. Ici, l’une des activités dominantes est celle des transporteurs ou chargeurs de bagages. Et parmi les bagagistes, l’on retrouve de jeunes étrangers de nationalité centrafricaine. Ce jeudi 1er juillet 2021, il est 11 heures. Sous un soleil caniculaire, les jeunes centrafricains sont à leur poste de travail. Ils transportent les bagages des passagers et les conduisent à l’agence. Ils courent derrière chaque taxi qui s’arrête pour faire descendre les passagers. Thierry Wanko raconte: «J’ai quitté la Centrafrique en passant par Garoua-Boulaï pour arriver à Yaoundé. J’ai perdu mes parents très tôt. C’est la raison pour laquelle, je suis venu ici me battre. Je me bats au quotidien pour réunir des fonds nécessaires, pour retourner auprès de mes grands-parents qui sont restés au pays. Je fais le métier de chargeur depuis un an et je trouve mon pain quotidien».

En effet, «en dépit de quelques difficultés du métier, je peux gagner par jour entre 3000 FCFA et 5 000 FCFA. Quand il y a du travail comme c’est le cas en cette période de vacances, je peux même empocher 10 000 FCFA par jour. Et à la fin du mois, mon patron me paie 70 000 FCFA comme salaire. Et c’est avec cet argent que j’essaie de mieux m’organiser en faisant des économies. Je fais des cotisations, je paie mon loyer, vu que le loyer est très cher à Yaoundé. Et en plus je paie mes factures d’électricité et d’eau, et je me procure les soins de santé, quand un cas de maladie survient», confie Thierry Wanko. Et de renchérir, «je suis fier de mon travail. Après un an passé au Cameroun, je me suis responsabilisé, je me suis marié à une femme camerounaise».

Selon Osée Yabada, également Centrafricain, c’est après le décès de son père qu’il arrive au Cameroun. Et qu’il a embrassé le métier de chargeur qui lui permet de subvenir à ses besoins. Contrairement à compatriote, il n’a pas de contrat de travail avec l’agence qui l’emploie. «Je travaille dans une agence comme chargeur, ce que je gagne oscille entre 5 000 FCFA et 10 000 FCFA ça dépend. Je n’ai pas de salaire à la fin du mois, puisque je n’ai pas de contrat. C’est avec le peu que je gagne par jour que je m’organise pour gérer mon quotidien», déclare-t-il.

L’autonomie
Les jeunes centrafricains bagagistes caressent tous le rêve de s’autonomiser plus tard. C’est l’une des perspectives majeures qui animent leur esprit. «Je suis à ma deuxième année au Cameroun, mon ambition est de rentrer chez moi, et avec les économies faites, je pourrais acheter une moto, ou un véhicule au niveau des frontières pour travailler à mon compte personnel au regard de l’accalmie qui prévaut dans le pays», laisse entendre l’un d’entre eux qui a requis l’anonymat. Sur ce point, Osée Yabada conclut en disant : «avant de venir me battre au Cameroun, je travaillais dans un garage, mon souhait est de renter plus tard au pays et d’ouvrir mon atelier pour enfin me refaire une nouvelle vie».

Olivier Mbessité

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