Baccalauréat et Probatoire : L’épineux problème des primes de corrections

Le déroulement des examens officiels au Cameroun s’accompagne des mouvements d’humeur et de menaces de grève des enseignants du fait du retard de paiement des émoluments. L’OBC pointe un doigt accusateur sur la tutelle, qui pour des raisons sibyllines plombe le mécanisme.

Mention passable en matière de paiement des frais de correction aux enseignants.

Les examens relevant de l’Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC) sont émaillés des couacs. Ce qui inéluctablement écorne l’image de l’institution. Annonces de grève et colère des enseignants sont entre autres problèmes, ceux auxquels l’OBC doit faire face. Le motif étant le retard de paiement des primes de corrections. C’est le cas du Probatoire de la session 2020. Si le paiement des frais des corrections revient à l’OBC, il faut tout de même noter que la procédure est longue et entachée de lenteurs.

C’est ce qu’explique un ancien responsible de l’OBC décidé à faire la lumière sur le mécanisme de déblocage des fonds. « Lorsque nous lançons les examens comme ceux de 2021, nous à l’Office du Baccalauréat, on recense les différents acteurs, on prépare les états de paiements de ces acteurs qu’on envoie sur le terrain. Et dans chaque lieu, on désigne ce qu’on appelle les billetteurs qui sont censés payer les surveillants, les correcteurs et les chargés de mission. Lorsqu’on finit de faire les états, on somme. On prend donc ces états, on compile, et on fait un appel de fonds managérial pour bénéficier de la subvention du ministre des Finances et du ministre des Enseignements secondaires », explique-t-il.

Selon ce que le responsible aujourd’hui retraité pense savoir, il arrive généralement que cela prenne du temps. « Malheureusement, il peut arriver que la session des examens 2021 finisse et qu’on arrive en 2022, sans que les correcteurs ne perçoivent leur argent. Là encore, c’est un véritable problème qui retombe sur la tête de l’Office », regrette-t-il. Et de poursuivre, « lorsqu’on arrête un budget, on sait qu’on a notre support que sont les inscriptions. Encore que les inscriptions dépendent du Minesec, puisque c’est elle qui gère les paiements et c’est elle qui nous donne les moyens. En dehors de notre support, nous avons les subventions du Minesec et les subventions du Minfi. C’est à ce niveau qu’il y a problème. Une fois que la subvention du Minesec et du Minfi sont mises à la disposition, ce que la ministre doit faire, c’est de nous donner cet argent ».

Seulement, « le Minesec a dit qu’elle ne peut plus mettre cet argent à notre disposition. C’est elle-même qui fait désormais les dépenses avec cet argent via les comptes bancaires de l’OBC. Cela veut dire que lorsque l’Office a besoin d’argent, on la saisit », d’après ce qu’il dit avoir appris.

À la vérité, pour ce qui est des paiements des salaires et primes de corrections des enseignants, les blocages viennent du Minesec, puisque tout est centralisé entre ses mains. Au niveau de l’Office du baccalauréat, on est astreint de recourir à la tutelle pour avoir les fonds nécessaires au bon déroulement des examens.

Olivier Mbessité

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