Développement du Nord Cameroun : Déjà 650 milliards FCFA dépensés par l’UE, l’Allemagne et la France

Les actions de ces partenaires interviennent dans un contexte marqué par l’insécurité, les changements climatiques et une forte vulnérabilité socio-économique.

Le comité de pilotage du Programme de redressement économique et social inclusif du lac Tchad (Resilac) a bouclé sa 3e session le 30 juin 2021 à Yaoundé. Il s’agissait d’évaluer l’ensemble des actions menées dans les trois régions du Septentrion en particulier l’Extrême-Nord entre 2018 et 2021. Estimé à 20,4 milliards de FCFA, ce programme arrivé à terme au bout de 4ans est soutenu à 86% par l’Union européenne (l’UE) avec un cofinancement de l’Agence française de développement (AFD). Au cours de ce comité de pilotage, l’on a appris également que depuis 2000, l’UE, la France et l’Allemagne ont déjà dépensé ensemble plus d’un milliard d’euros, soit plus de 650 milliards de FCFA, dans cette région.

Selon Patrice Bendouga, coordonnateur national du Résilac, depuis 2018 le projet a mené un certain nombre d’activités dans le domaine de la cohésion sociale, dans le domaine du relèvement économique, de l’appui institutionnel et de la gestion de la connaissance. On peut alors noter comme avancée sur ces différents points d’actions : l’activation des dynamiques locales à travers le renforcement des organisations à base communautaire (OBC) et leur prise de main des actions citoyennes et communautaires ; la mise en route des micro-projets assis sur la mise en place d’associations villageoises d’épargne et de crédits ; le développement des pratiques agricoles innovantes, etc. En termes de chiffres, le projet dans son envergure régionale a contribué à ce jour à la résilience des populations de 13 territoires et plus de 250 villages autour du bassin du Lac Tchad.
« C’est plus de 94 000 personnes touchées par notre approche territoriale.

À date, nous avons appuyé plus de 2400 personnes à travers les actions de soutien au milieu associatif et l’engagement citoyen par le biais des formations aux organisations communautaires ou de la société civile. Nous avons apporté un soutien psychosocial à plus de 9500 individus afin de les aider à retrouver leur bien-être. Nous avons permis à plus de 9000 producteurs et éleveurs d’avoir accès aux terres mises en valeur et aux aires pastorales réhabilitées par le projet », a énuméré Patrick Bendouga. Les données collectées depuis le démarrage du projet montrent un taux de réalisation de 123% à la fin mai 2021.

Malgré ces actions des partenaires du Cameroun, l’insécurité met toujours en péril le devenir du bassin du lac Tchad où vivent une communauté de petits agriculteurs et pêcheurs dont celle de l’Extrême Nord Cameroun. Selon les Nations Unies, les exactions de Boko Haram sur cette zone par exemple ont causé plus de 33 000 morts depuis 2009. La région compte 2,3 millions de déplacés, 200 000 réfugiés, 10,7 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire et 515 000 enfants souffrent de malnutrition sévère, selon les mêmes sources. De ce fait, la région connait un taux de chômage et un niveau de pauvreté plus élevé que dans le reste des pays concernés et des jeunes livrés à l’oisiveté et à la consommation abusive de l’alcool et des drogues, et tentés par l’enrôlement dans les groupes armés ou par l’émigration, renseigne l’ONU.

Landry Kamdem

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