Covidgate au Cameroun : Les femmes leaders se crêpent le chignon

Pendant que certains membres se désolidarisaient de leurs consœurs, d’autres femmes ont dénoncé leur antipatriotisme et saisi par le même canal, les deux institutions internationales destinataires du premier courrier.

 

Plusieurs femmes supposées avoir signé deux lettres envoyées à deux institutions internationales ne se reconnaissent pas dans cette initiative. Si certaines disent n’avoir jamais été mises au parfum du projet, d’autres par contre se désolidarisent seulement de la substance du message. C’est le cas de Henriette Ékwé. Son nom figure bien dans les lettres des femmes leaders adressées aux institutions internationales. Seulement, elle «ne se reconnait pas dans le contenu de la lettre». Elle confirme cependant avoir été informée de la manœuvre. «Kah walla, dit-elle, m’a appelée pour me parler de ce projet. Mais, je n’avais jamais vu le contenu de la lettre».

Face au tollé suscité par cette initiative, celle qui se présente par ailleurs comme une «patriote», ne rejette pas entièrement la faute sur ses consœurs. Car d’après elle, «la difficulté d’une lettre supposée être commune, c’est que nous ne nous sommes pas assises pour nous entendre sur les termes de la lettre», a confié cette dernière à l’émission l’Arène sur Canal2 international du dimanche 6 juin dernier. Mais une fois le contenu de la lettre connu, «j’ai pris connaissance de certains aspects qui ne correspondent pas à mes convictions philosophiques». S’il est vrai que les idées ne sont pas toujours toutes partagées au sein d’une association, l’ancien directeur de publication de Bebela indique pour sa part, «ne pas être prête à laisser tomber les siennes». Ce qui, de son point de vue, n’enlève rien à la cause des femmes leaders qui «vaut la peine d’être défendue».

Réplique
De leur côté, le Pr Justine Diffo Tchuenkam (réseau More women in politics), Marie Angèle Meyanga (réseau des femmes élues locales d’Afrique), Fadimatou Iyawa Ousmanou (pour le Conseil national de la Jeunesse du Cameroun), Françoise Puene (réseau des femmes entrepreneures du Manycawe), Mballa Biloa Marie (présidente fondatrice de l’association des Bayam-sellam du Cameroun), mais aussi Virginie Nga (forum des femmes élues du Cameroun : démocratie au feminin), Carine Tchamdeu (pour les jeunes femmes entrepreneures du Cameroun) et le Pr Uphie Chinje Melo (pour les femmes universitaires et les femmes de Ngaoundéré), ont signé un communiqué le 5 juin dernier publié dans le quotidien national bilingue du lundi 7 juin 2021. Une sortie dans laquelle, ces dernières expriment leur mécontentement concernant les deux lettres envoyées aux deux institutions internationales par une association dont elles ne connaissent pas l’existence.

Dans leur communiqué, le Pr Tchuenkam et les autres signataires dénoncent l’antipatriotisme de Me Alice Nkom et de Judith Kahbang Walla. Elles disent être en désaccord avec ces dernières. Et «en guise de riposte, se désolidarisent de cette initiative dont la démarche activiste, irresponsable et antipatriotique, n’a d’autre visée que la quête effrénée d’existence, de visibilité et de positionnement sous le fallacieux alibi de défense des intérêts du peuple camerounais», ont-elles clamé.

En tout état de cause, c’est au cours de la conférence de presse organisée dans les locaux du Cameroon people’s party (CPP) à Douala le 3 juin dernier, qu’Edith Kahbang Walla avait déclaré: «le tri a permis à Me Alice Nkom et moi-même de porter la voix de 20 femmes leaders du secteur politique, de la société civile et du secteur privé qui écrivent à l’Onu d’une part, et au FMI et au conseil de sécurité d’autre part. À l’Onu, nous demandons des interventions immédiates et simples pour éviter l’aggravation de la crise au Cameroun et dans l’ensemble de la sous- région».

Diane Kenfack

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