N. Mekenasse : Panser les blessures de la société

C’est le leitmotiv de ce fabuliste camerounais qui vient de présenter son premier ouvrage «Les fables du soleil levant», édité chez La jeune plume.

N. Mekenasse c’est son nom. Ce fils de planteur né à Nkongsamba, dans un petit arrondissement du nom de Baré, une localité du littoral au Cameroun, selon ses dires, vient de faire son entrée dans l’univers littéraire camerounais. Romancier, poète, nouvelliste et conteur, ce féministe vient de commettre à destination des lecteurs et amoureux de la littérature son tout premier livre: «Les fables du soleil du levant». Œuvre dans laquelle, le fabuliste peint la société camerounaise enlisée dans une déliquescence morale, une société dans laquelle «les contre-valeurs sont des valeurs, l’anormal est devenu normal». C’est contre tous ces écarts de comportement acceptés et normalisés que l’auteur s’insurge dans son œuvre. «Je fais une peinture de la société à travers des histoires brèves, renfermant le comique de nos mœurs, la satire du politique, la sagesse de nos parents et les messages que la faune et la flore nous transmettent au quotidien», se plaît-il à indiquer d’emblée.

Sa mission, il ne la conçoit pas autrement que celle d’«édulcorer les peines de la vie en y apportant à qui, une pouffée de rire, des morales palliatives, à d’autres des interrogations rhétoriques». C’est d’ailleurs fidèle à ce créneau que l’étudiant en Master II option littérature à l’Université de Yaoundé I dit dans le préambule de l’œuvre, «décrire avec partialité la société en parcourant les thématiques d’actualité telles que le mensonge, la corruption, la ruse, le népotisme, l’égoïsme, le patriotisme, le tribalisme et bien d’autres».

Dans son cheminement, N. Mekenasse ne cache pas s’être inspiré de ses devanciers tels Patrice Kayo, (Esope, Phèdre, Jean de la Fontaine) pour ressusciter les fables qui sont un genre littéraire qui tend à disparaitre de la littérature en général. Cela dit, «Les Fables du soleil levant», sont loin d’être de la spéculation, étant entendu que le jeune auteur s’attaque aux problèmes ponctuels de sa société tant du point de vue synchronique que du point de vue diachronique.

Publiée aux éditions La jeune plume, l’œuvre «Les Fables du soleil levant» regorge de quarante fables qui s’étendent sur 52 pages. Parmi les attractions, l’auteur met en scène par exemple en scène «Une abeille qui voulait être roi», «Le cabri et le crocodile», «La fourmi et la panthère», «Les scarabées et le moineau», «Le roi des égoïstes, Sauve qui peut… ». De manière générale, celles-ci interpellent chaque lecteur, surtout si l’on considère qu’à travers les animaux mis en scène au travers de la prosopopée, se révèle en réalité notre humanité. Au moyen d’images et des figures de style telles que les comparaisons et la personnification, N. Mekenasse rendent le texte complexe, mais accessible à tous.

Comme touche personnelle l’auteur résume au bas de chaque fable la quintessence de son message. In fine l’on retient alors que le jeune auteur souhaite à travers ces fables l’avènement d’une société nouvelle, ce qu’il a voulu illustré dès la première de couverture par un soleil levant symbole d’un nouveau jour plein d’espoir et de joie.

Olivier Mbessité

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