Marchés de Yaoundé : Les citernes de lavage des mains abandonnées

Depuis leur réception, les cuves n’ont jamais connu de suivi. Immersion dans quelques marchés de la capitale.

Aux marchés de Mvog-Mbi, Ékounou, Nkol Ewé, Mekolo, le constat est le même : les dispositifs de lavage des mains sont défectueus et totalement abandonnées. Pour lutter efficacement contre la pandémie, un certain nombre de mesures avaient été prises, mais à ce jour, «les citernes causent plus de problèmes qu’elles en résolvent», constat fait par un jeune vendeur de poulet. À Mvog-Mbi ce mercredi, il est 13 heures et le marché est bondé. Et l’on peut voir des citernes qui servent d’abri pour les légumes et d’autres marchandises. Pour le président des commerçants, cette situation a deux origines, la première est que «les commerçants ne croient pas à la maladie et plus encore, les autorités n’assument pas leurs responsabilités», a tenu dire Pantaléon Ndzana.

Mais maman Berthe, la cinquantaine sonnée, dont le Comptoir est à proximité des citernes ne décolère pas. C’est une aubaine pour elle d’accuser le maire et le président des commerçants de mauvaise gestion. «C’est depuis plus de 9 mois que les réservoirs ne fonctionnent pas. Qu’ils disent où sont passés les savons et les gels», lance cette dernière. Plus loin dans le secteur de la pharmacopée, c’est également la colère qui habitent les tenanciers. « C’est chaud, ils nous ont abandonnés», s’expriment-ils.

Au marché de Nkol-Ewé à cheval entre deux arrondissements à savoir Yaoundé 4 et 5, le constat est le même. Les populations et les vendeurs poursuivent leurs quotidiens sans inquiétude aucune. «Les gens ici nous demandent de leur montrer quelqu’un qui est mort. Ils disent n’avoir jamais vu un mort de coronavirus», déclare le président du secteur halieutique Médard Ngah. L’on peut alors voir un réservoir abandonné et dont la couleur a changé. Les ordures et les animaux errants y ont fait leur lit.

Un détour au marché des plantains à Nkomo donne également le même spectacle, avec cette différence que ce sont les seaux qui servent de dispositif. Ici, les commerçants et usagers ne s’en servent que quand ils ont fait leurs besoins. «Qu’on nous laisse tranquilles, moi je n’ai jamais vu un malade ou un mort de coronavirus. C’est un moyen de contrôler les gens», affirme mama Agnès, vendeuse dans le marché. Pour ces derniers c’est inutile de placer des citernes parce qu’ils ne croient pas à la maladie.

Non loin de là, au marché d’Ékounou, il ne faut pas s’attarder sur ce problème du fait que les commerçants sont réactionnaires et avec des tons sarcastiques. «Des cuves pour les mains, alors qu’ils n’ont pas donné de masques ha ha ha», moqueries d’un vendeur, ce dernier montre comment il est dépité. Notons que ces acteurs remettent leurs vies entre les mains de Dieu.

André Balla Onana (stagiaire)

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