Réseau routier du Cameroun : Chemin faisant avec le Mintp

Depuis octobre 2020, un engrenage de représailles et contre-représailles ne cesse de rythmer l’actualité entre les «deux cousins». Dans une espèce de guerre larvée, les deux parties évitent la diplomatie du panache et du verbe haut.

Beaucoup reste à faire pour le bitumage intégral du reseau routier du pays

1- Centre: des inquiétudes…
Selon le Mintp, certains axes routiers présentent aujourd’hui un état de dégradation plus ou moins important et nécessitent des travaux de rénovation. Dans la région du Centre, les tronçons Boumyebel-Eseka-Lolodorf et la route régionale n°105 et 103 (échangeur Nkolbisson-Okola-Evodoula-Monatélé) sont des sujets d’inquiétudes à cause des nids de poules et d’ouvrages en piteux état. Il en est de même du routier communal en terre ; lamentable malgré l’octroi aux maires des ressources transférées et quelques projets sur financement du Fonds routiers. Pour un linéaire total estimé à 20 880,85 km, seulement 1 471 km sont bitumés. Ce qui représente un taux de 7,04%.

2- Littoral: l’usure
Selon la délégation régionale du Mintp, une analyse globale montre un tableau diversifié du parc routier de la région. Braqués sur les routes nationales et régionales, les projecteurs éclairent sur la situation d’ensemble: seuls 47% de routes nationales sont praticables, 13% le sont plus ou moins et 40% sont en mauvais état.

3- Sud: quelques angles morts
Ici, le réseau routier est de 11 298,55 km dont 987,33 km bitumés correspondant à 8,7% et 10 310,55 km en terre, soit 91,3%. La délégation régionale du Mintp pour le Sud pointe 28,56% des routes nationales sont en bon état, 46,14% passables et 25,3% en mauvais état. Concernant les routes régionales, seules 184,29 sont bitumées sur un total 1271,82 km. 10% des routes sont en bon état, 57,97% sont passables et 57,97% sont en mauvais état. 12% de ces routes sont couvertes par des contrats. La région possède 8 656,55 Km de routes communales dont 80% sont en terre et en mauvais état.

4-Ouest : l’urgence des réparations
Dans cette région, la mobilité des usagers relève de la croix et de la bannière. La situation des ouvrages d’art et des ouvrages de franchissement fait état de ce que les entreprises ne sont pas en activité sur le terrain. Pour le cas des ponts Acrow (ponts métalliques) par exemple, les travaux de construction n’ont toujours pas repris depuis septembre 2019. Quelques points singuliers de coupures ont été recensés dans les départements de la Mifi, des Hauts-Plateaux, du Ndé, du Koung-Khi, de la Menoua, du Noun et dans le Bamboutos. Comme la plupart des régions, les contraintes liées à l’exécution des projets sont dues au retard dans la libération des emprises, retard aux paiements des décomptes des entreprises, faible mobilisation des ressources humaines et matérielles des entreprises sur le terrain, entre autres.

5-Est : satisfecit inquiétant
La délégation régionale du Mintp fait état d’un réseau routier long d’environ 22 994 km (1886 km de routes nationales, 1584 km de routes régionales et environ 20 478 km de routes communales). Au premier semestre 2021, seuls 18% de routes nationales sont en bon état ; ce qui constitue une baisse de 5% par rapport à l’année 2020 écoulée. L’état des routes communales en gros reste tributaire des activités des sociétés forestières qui contribuent de manière considérable à l’amélioration du réseau routier de la région, d’après la délégation régionale du MINTP.

6-Adamaoua : péril sur le trafic
Le réseau routier de la région de l’Adamaoua est estimé à 7 214,66 km. Selon la classification, il se compose de routes nationales (1 387,30 km), de routes régionales (1 013,95 km) et de routes communales (4 813,41 km). Les routes principales (nationales et régionales) sont d’une longueur totale de 2 401,25 km, dont 664,30 km bitumés, soit un taux de 23,66% répartis comme suivant : 664,30 km de routes bitumées ; 70,20 km en bon état de service (soit 10,57%) ; 555,10 km avec un état de service moyen (soit 83,56%) ; 39 km avec mauvais état de service mais en chantier (soit 5,87%) ; 1736,95 km de routes en terre dont 241,90 km sont en bon état soit 13,93 %. Le réseau routier de la région de l’Adamaoua compte sept routes nationales (N1, N6, N13, N14, N15, N15A et N20). La particularité de ce réseau est que la plupart de ces routes nationales sont en terre. Cette particularité favorise l’apparition régulière des points critiques susceptibles d’interrompre le trafic.

Douala, ville la plus bitumée du pays.

7-Extrême Nord : 14% des routes nationales en bon état
En à croire les responsables du Mintp dans cette région, le taux de couverture du réseau par des contrats sur les routes nationales est de 57%, soit 305 km couverts sur 536 km; 14 % en bon état soit 75 km (N1: Magada-Laf et N1 : Maroua-Mora; 26% en moyen état Magada-Yagoua, et 60% en mauvais état (N1 Mora-Kousseri). Parmi les points critiques, l’on note une dégradation de la route N12 (Magada-Yagoua 40km) et l’effondrement du radier pk12+450 au lieu-dit Klilimbri sur la route communale Kaélé-Boboyo-Moutourwa (32km). De façon générale, les sections de route sont totalement inondées en saison des pluies, d’où la nécessité du relèvement de la ligne rouge et la construction de multiples dalots, selon la délégation régionale du Mintp de l’Extrême-Nord. Cette même source pense que l’amélioration de la qualité des infrastructures routières dans la région ne doit pas uniquement relever du ministère des Travaux publics. Il se doit d’avoir l’adhésion des autres départements ministériels chargés des Mines, Cadastre, Administration territoriale, Minepat, Minfi, et même des CTD.

8-Nord : des routes semées de nids de poule
La grande majorité du réseau routier de la région du Nord comme dans les principales villes camerounaises est endommagée. Cette situation devient un réel problème de sécurité pour les automobilistes qui empruntent par exemple les routes nationales (RN1, RN20). D’après le délégué régional des Travaux publics pour le Nord, il est nécessaire de trouver des sources de financement afin de rénover ces routes.

9-Sud-Ouest
Le réseau routier de la région du Sud-Ouest est estimé à 1608,31 km dont 574,66 km de routes bitumées et 1033,65 km de routes en terre. Ce réseau routier est constitué de routes nationales (557,76km de routes bitumées et 381,48 km de route en terre) ; routes régionales (16,90km de routes bitumées et de 391,57km de routes en terre) et de routes communales (260 km de routes en terre). Selon le délégué régional, les routes nationales sont moyennement en bon état, malgré la présence de quelques nids de poule. C’est le cas de la route nationale N3 Bekoko-Limbe-Idenau, section bitumée de 93km ou encore celle de la nationale N6 Lim NO-frontière Nigeria. Par contre, apprend-on, les routes régionales et communales sont globalement «en mauvais état de service». «A l’exception de Lim LT-Bangem ; Bangem-Carrefour Tombel et Buea Inter N8A-Bonadikombo Inter N3».

Nord-Ouest dans nos prochaines éditions…

Landry Kamdem

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