Horreur à Kumba : Six élèves tués par des hommes armés

Plusieurs de leurs camarades grièvement blessés au cours de cette attaque survenue samedi 24 octobre dernier, sont actuellement pris en charge par des formations sanitaires de la région du Sud-Ouest.

Les corps des élèves exposés dans toute leur horreur , Les élèves grièvement blessés évacués vers des hôpitaux, Des victimes dans un état critique prises en charge

«L’ennemi ne dort jamais», dit l’adage. Le temps a suspendu son envol dans la cité verte de Kumba en ce samedi 24 octobre 2020. Juste dix-neuf jours après la rentrée scolaire, l’établissement scolaire privé dénommé Mother Francisca International Bilingual Academy, situé à Bamiléké Street Fiango Kumba, a été victime d’une attaque. Selon les informations puisées à bonne source, des hommes armés ont fait irruption au sein de cet établissement secondaire bilingue vers 11 h 30. Ils se sont introduits dans l’une des salles de classe. Sans pudeur et sans remords, ils ont ouvert le feu sur environ une douzaine d’élèves. Le bilan provisoire fait état de six élèves tués et une dizaine grièvement blessés. Après leur acte, les assassins ont fondu dans la nature, laissant les enfants dans une marre de sang.

Un incident qui a créé la panique générale non seulement au sein du collège, mais aussi dans la ville de Kumba en général. Les premiers secours arrivés sur les lieux ont transporté les victimes à l’Hôpital de district de Kumba. Le sous-préfet de l’arrondissement de Kumba 1er, Ali Anougu, pointe un doigt accusateur sur les séparatistes de la République virtuelle d’Ambazonie. L’administrateur civil en larme, laisse entendre: «un collège privé d’enseignement secondaire a été attaqué par des terroristes sécessionnistes.

Environ six élèves sont morts, tués à bout portant, et certains sont dans des conditions critiques à l’hôpital». Il ajoute: «L’administration condamne avec la dernière énergie cet acte terroriste. J’en appelle à la population de dénoncer et mettre fin à ces actes terroristes dès ce jour à Kumba. Nos enfants doivent aller à l’école. C’est leur droit. Les enfants ne doivent pas être attaqués parce qu’ils vont à l’école. Nous devons condamner cela avec la dernière énergie». Et l’autorité administrative de s’émouvoir : «pour la première fois de ma vie, j’ai pleuré. Cette merde doit s’arrêter. Quel genre d’indépendance veulent-ils en tuant les élèves qui veulent aller à l’école. Dites à vos frères et sœurs d’arrêter cette barbarie. Laissez les enfants aller à l’école».

La nouvelle de ces meurtres a fait le tour du pôle économique de la région du Sud-Ouest. Les populations de la ville de Kumba ont abandonné leurs occupations et se sont déportées respectivement à l’établissement scolaire en question et à l’hôpital de district de Kumba afin de s’enquérir de la situation. Ces lieux ont été transformés en une scène de lamentations. C’est la consternation générale. Les condamnations fusent de partout. Monseigneur Agapitus Nfon, évêque du diocèse de Kumba, et le Révérend Fonki Samuel Forba, modérateur de la PCC (Presbyterian Church in Cameroon) n’en reviennent pas. Si pour ce dernier «la PCC condamne ces assassinats», il a adressé «un message de réconfort et de compassion aux familles directement concernées, à la communauté éducative et aux populations de Kumba en général».

Pour sa part, l’évêque de Kumba a commis une correspondance dans laquelle on peut lire : «à cause de cet acte barbare, la population de Kumba est en émoi. Le diocèse de Kumba pleure, nos cœurs ont été bousculés parce que nos innocents enfants ne vivent plus». Et de se lancer dans une série d’interrogation: «nous pleurons et demandons pourquoi nos enfants ont été tués. Qu’ont-ils fait de mal? Est-ce parce qu’ils sont allés à l’école? N’auraient-ils pas été autorisés par ceux qui par le passé, et ce depuis quatre ans, les empêchent d’aller à l’école? Comment peuvent-ils leur demander d’aller à l’école et les massacrer par la suite? Qui peut avoir commis cet acte ignoble? Ngarbuh n’était pas suffisant? Quelle quantité de sang doit être versée pour que quelque chose soit fait? Les enfants doivent mourir avant que quelque chose soit fait?». Des questionnements toujours sans réponse. Néanmoins, Mgr Agapitus Nfon invite les populations de Kumba à une messe en la mémoire de ces enfants assassinés, ceux internés à l’hôpital et les traumatisés, vendredi prochain, 30 octobre 2020, à la cathédrale Sacret-Coeur de Kumba à partir de 15 h.

Zéphirin Fotso Kamga

Une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de cette attaque

La déclaration gouvernementale au sujet de l’attentat dans un complexe scolaire de la ville de kumba le 24 octobre 2020.

 

Mesdames, Messieurs ;Le Gouvernement de la République porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, qu’un acte terroriste d’une cruauté et d’une barbarie insoutenables, a été perpétré ce jour, 24 Octobre 2020, dans la ville de Kumba, aux environs de 11 heures, par des bandes armées terroristes sécessionnistes, dans un établissement scolaire situé au quartier Fiango, Arrondissement de Kumba 2, dans le Département de la Mémé, Région du Sud-Ouest.

En effet, un groupe de près d’une dizaine de terroristes, munis d’armes de guerre et constitués en véritable commando, a fait irruption, à bord de trois motocyclettes, dans l’enceinte du complexe scolaire privé dénommé «Mother Francisca International Bilingual Academy», et a froidement ouvert le feu sur des élèves se trouvant dans les salles de classe. Le premier bilan de cet attentat terroriste fait état six (06) élèves assassinés, soit cinq (05) filles et un (01) garçon, tous âgés entre neuf (09) et douze (12) ans ; Treize (13) blessés, soit dix (10) filles et trois (03)garçons, dont sept (07) cas avérés préoccupants.

Il y a lieu de relever, pour le regretter, que le complexe scolaire privé «Mother Francisca International Bilingual Academy» n’a lancé ses activités qu’en ce début d’année scolaire 2020/2021, à l’insu des autorités administratives compétentes, et n’a pu bénéficier des mêmes mesures de protection que d’autres établissements scolaires du Département de la Mémé. Informé de la survenance de cette tragédie, monsieur le president de la République, son excellence Paul Biya, a instruit la prise en charge immédiate des blessés, lesquels ont été promptement évacués dans les établissements sanitaires appropriés dans les villes de Kumba, Buea et Mutengene.

De même, les autorités administratives locales, mobilisées de manière optimale, ont veillé au transfert des dépouilles des victimes à la morgue de l’hôpital de district de Kumba. En outre, au plan sécuritaire, des unités spéciales des forces armées camerounaises ont entrepris la sécurisation de la ville de Kumba. Le Gouvernement de la République, choqué et profondément indigné, condamne avec la dernière énergie les auteurs de cet acte odieux, lâche et abominable, perpétré contre des jeunes innocents. Le Gouvernement estime qu’aucune cause au monde ne peut justifier ou légitimer de telles atteintes systématiques à la vie d’êtres humains, encore moins, à celle d’enfants innocents, d’élèves, ou d’étudiants, qui doivent aller à l’école, au collège, au lycée, à l’université, pour se former et être en mesure de se prendre en charge, et d’assumer dans le futur la relève de leurs aînés.

Le Gouvernement de la République entend cette fois encore, prendre à témoin le Peuple camerounais tout entier, et dénoncer fermement tous ces concitoyens qui, tapis dans l’ombre à l’étranger, dans leurs pays d’accueil, orchestrent ces assassinats ignobles et alimentent le climat d’insécurité dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le Gouvernement entend également en appeler, une fois de plus, à la coopération active et sincère des pays amis où sont hébergés les commanditaires de cette rébellion armée, ainsi qu’à celle des organisations internationales, si attachées à la défense des Droits de l’Homme, afin qu’ils aident à leur neutralisation et à la consolidation du processus de pacification des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Par ailleurs, le Gouvernement réfute catégoriquement, les allégations mensongères ainsi que les subterfuges et autres manœuvres desdites bandes armées, tendant à imputer sans scrupules à nos Forces de Défense et de Sécurité, au travers d’interminables campagnes de propagande dans les réseaux sociaux, les atrocités de toutes sortes qu’elles commettent contre les populations des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, à l’instar de l’attentat horrible de ce jour.

Au demeurant, il ne fait pas de doute que l’attentat terroriste commis dans la ville de Kumba ce jour, traduit le désarroi et la déroute des bandes armées sécessionnistes face à la détermination de la communauté éducative, parents, enseignants et élèves, de braver leurs menaces et leurs mots d’ordre, en décidant la reprise des classes dans leurs localités respectives, conformément aux recommandations et aux prescriptions du Gouvernement de la République.

C’est dire, en d’autres termes, que l’objectif des sécessionnistes est de briser la dynamique observée dans la reprise des classes dans le cadre de la rentrée scolaire 2020/2021 dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, et par là, de dissuader les parents d’envoyer leurs enfants à l’école. Le Gouvernement entend pour sa part, réaffirmer sa détermination à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire face à toutes les manœuvres d’intimidation, créer et préserver les conditions permettant la poursuite de la rentrée des classes et la sécurité de la communauté éducative dans les deux régions concernées.

Le Gouvernement, par ma voix, transmet aux familles si durement éprouvées, les sincères condoléances du Chef de l’etat, son excellence Paul Biya, ainsi que la compassion émue de la Nation tout entière. Enfin, face à cette situation tragique, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a, sur les Très Hautes Instructions de Monsieur le président de la République, décidé de l’envoi d’une délégation interministérielle à Kumba, pour témoigner aux familles éprouvées, le réconfort, la solidarité et le soutien du Gouvernement de la République et de l’ensemble du peuple camerounais. Parallèlement, le Ministre Délégué à la Présidence, Chargé de la Défense, a été instruit, en liaison avec les autres services concernés, de diligenter une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de cette attaque, et de rechercher activement les coupables, afin qu’ils répondent de leurs actes devant la justice.

Je vous remercie de votre aimable attention./.

Le Ministre de la Communication, René Emmanuel SADI

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