Consommation : Quand le riz local joue sa carte à la cuisson

De l’avis des ménagères et acteurs de la filière restauration, la cote de la céréale made in Cameroon est fonction de son comportement au feu.

Le riz, c’est de la manière de le cuisiner que le choix dépend. « La première fois que j’ai cuisiné le riz de Ndop, je n’ai pas été satisfaite; sa cuisson est très longue. Et c’est la raison pour laquelle j’opte pour le riz importé », souffle une ménagère. Une autre confesse comment trouver l’inspiration pour cuisiner son riz local au quotidien avec des ustensiles que l’on a sous la main, sans avoir à passer des heures derrière les fourneaux. La raison est simple : « les habitudes de vie ont changé et plus que jamais les ménagères aiment improviser des dîners chics composés de petits plats rapides qui font de l’effet », assure la sociologue Nina Ngo Mandeng.

Julie wengue, diététicienne : « le riz camerounais fait partir des meilleurs riz cultivés dans le monde entier. Parce qu’on le sème et le récolte de façon traditionnelle, il garde toute sa richesse en nutriments. À l’instar des minéraux comme le magnésium, le potassium, les vitamines du groupe B, les glucides, les fibres ». Tout de même, la nutritionniste affirme elle aussi que : « c’est vrai que le riz de Ndop met un peu plus de temps au feu. La meilleure façon de le cuire c’est de mettre de l’eau au fur et mesure de la cuisson pour mieux la contrôler ». Pour Maxime, un autre nutritionniste, « le riz local n’est pas difficile à cuire mais il est plutôt long à cuire ».

À l’épreuve de la cuisson, dans plusieurs espaces culinaires, il n’est pas très présent dans les marmites. Le riz local semble perdre son aura face aux variétés importées. Officiellement, entre 2015 et 2018, les importations de riz du pays se sont chiffrées à 652,6 milliards de FCFA, soit en moyenne 163 milliards chaque année. Selon le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) pour le compte de l’exercice 2020, la demande domestique est évaluée au cours de cette année à 576 949 tonnes de riz pour une production moyenne nationale estimée à 140 710 tonnes, soit un déficit de 436 239 tonnes.

Diane Kenfack, stagiaire

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