Filière coton : l’UE injecte 10 milliards FCFA dans le marché camerounais

Le jeudi 16 juillet 2020, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey et l’ambassadeur, chef de délégation de l’Union européenne au Cameroun, Hans-Peter Schadek, ont cosigné la convention de financement du projet «Accompagnement des mutations du bassin cotonnier du Cameroun» (ABC) à Yaoundé.

Cameroun-UE : on se serre les coudes pour promouvoir la filière coton

Lors du «Forum coton» organisé par la Banque européenne d’investissement (BEI) en mai 2019 à Yaoundé, Mohamadou Bayero Bounou, directeur général de la Sodecoton, déclarait ceci: «Le premier objectif est réalisable si les investissements nécessaires pour la mise à niveau sont effectués et si les producteurs sont enthousiastes». Ces paroles, à l’évidence, ne sont pas tombées dans des oreilles de sourds. Le don de 15 500 000 euros soit 10 177 milliards FCFA fera à coup sûr le bonheur des acteurs clés du projet «Accompagnement des mutations du bassin cotonnier du Cameroun» (ABC), fruit du partenariat entre le Cameroun et l’Union européenne.

Il s’agit, concrètement, d’une action de développement cofinancée par le Programme indicatif national (PIN) du 11e Fonds européen de développement (FED) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), à hauteur de 9 500 000 euros (6 232 milliards FCFA) pour la partie européenne et 6 000 000 euros (3 939 milliards FCFA) pour la partie allemande. Les produits attendus de ce projet sont à inscrire dans la composante «formation professionnelle en agriculture et élevage» du Programme d’appui au développement rural (Pader II), financés par le BMZ.

Bénéficiaires
Les groupes cibles se comptent parmi les petits producteurs à la base, les éleveurs et entrepreneurs agropastoraux, les transformateurs ainsi que des prestataires de services du bassin cotonnier du Cameroun. Pour ce projet, le gouvernement et ses partenaires européens ont opté pour une approche «genre sensible». D’autant plus que, sur les 160 000 producteurs dénombrés dans cette zone (Extrême-Nord, Nord et de manière marginale l’Adamaoua), 15% sont des femmes. Le ministre Alamine Ousmane Mey justifie cette option par l’importance de favoriser «l’augmentation des revenus des femmes et des jeunes à travers la culture du coton et les cultures vivrières de rotation» afin de leur permettre «d’augmenter leur niveau de vie et de pouvoir envisager avec sérénité leur futur».

Objectifs
La signature de cette convention de financement, selon l’ambassadeur Hans-Peter Schadek, est «l’aboutissement d’un dialogue approfondi autour du renforcement souhaité de la filière coton». Un dialogue inéluctable, au vu du caractère sensible du bassin cotonnier du Cameroun, secoué par des vicissitudes d’ordre sécuritaire, socio-environnemental et climatique.

’accompagnement des parties prenantes au projet ABC vise donc l’amélioration de la situation socioéconomique des populations, la promotion d’un développement inclusif, équitable et durable et enfin, la bonification de la qualité agroécologique des systèmes de production.

Enjeux
Avec une production d’environ 300 000 tonnes par an représentant 1,5% du PIB national pour un chiffre d’affaires de 151 milliards FCFA, la culture locale de l’or blanc est en nette progression. Cependant, le gouvernement et l’Union européenne n’entendent pas lever le pied de l’accélérateur, afin de garder le cap fixé par la stratégie 2018-2020 pour le relèvement et la consolidation de la paix dans les régions du Septentrion et de l’Est du Cameroun.

Le démarrage des activités du projet ABC est donc prévu pour le mois de novembre prochain. Et d’après l’ambassadeur Hans-Peter Schadek, d’autres financements sont d’ores et déjà en préparation, dont «une opération de mixage prêt/don qui viendra en appui au plan d’investissement de la Sodecoton». Il s’agit sans doute d’aider le Cameroun à réaliser son ambition de produire 400 000 tonnes de cotons-graines à l’horizon 2022 et 600 000 tonnes, quatre ans plus tard.

Alain Patrick Fouda, stagiaire

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