Cameroun-Guinée Équatoriale : du vieux vin dans les outres neuves

Depuis le 30 juin dernier, c’est un air de décrispation qui souffle entre Yaoundé et Malabo.

Signature du communiqué de presse final

Après la retentissante polémique sur la construction d’un mur (sur initiative de la Guinée Équatoriale) à la frontière entre leurs deux pays, Joseph Beti Assomo et Leandro Bakale Nkogo (respectivement ministres camerounais et équato-guinéens de la Défense) ont entonné l’hymne de la réconciliation les 29 et 30 juin 2020 à Yaoundé. Les signes, les plus tangibles, sont ces phrases prononcées par les deux personnalités. «La relation est tellement forte entre nos deux pays qu’elle ne peut pas rester indéfiniment sur une pente descendante. Personne ne peux s’attaquer au Cameroun en passant par la Guinée Equatoriale.

Des ennemis veulent nous voir divisés, mais nos peuples et surtout nos chefs d’Etats sont attachés à la paix», dixit Leandro Bakale Nkogo. Pour sa part, Joseph Beti Assomo a dit que son pays s’attelle méthodiquement pour la normalisation des relations avec Malabo. Il est à relever qu’au cours de leurs travaux, ayant essentiellement porté sur les modalités de coopération et d’actions communes à la frontière entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale les deux ministres de la Défense ont entre autres, résolu de «Dynamiser davantage les échanges dans les domaines de la formation, du renseignement et de la lutte contre la criminalité transfrontaliers et les autres types de menaces».

Seulement, aucune résolution n’a été évoquée pour la suite de la construction du mur, durant la tenue des travaux. Pendant les discutions entre hautes autorités militaires conviées à ce conclave, Malabo a surtout cherché à corriger l’image de dureté qu’il a auprès autorités camerounaises. L’exercice a consisté à éviter d’expliquer pourquoi, au niveau de la frontière, le cycle des relations entre le Cameroun et la Guinée Équatoriale a très souvent oscillé entre le mauvais et l’exécrable.

Le Cameroun et la Guinée Équatoriale ont signé un Traité de bon voisinage en 1980, un Accord portant création de la Commission mixte permanente de sécurité transfrontalière ainsi que le Règlement intérieur du comité de suivi des questions consulaires conclu en 2012. Il y’a aussi des accords-cadres établis afin de résoudre les problèmes qui pourraient survenir entre les deux pays. La prochaine réunion de cette même envergure se tiendra à Malabo à une date qui sera arrêtée entre les deux parties.

Jean-René Meva’a Amougou

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