Ambassade des États-Unis au Cameroun : La fête du 4 juillet en mode virtuel

C’est sur sa page Facebook que l’ambassade des États-Unis à Yaoundé a organisé la célébration de l’indépendance du pays, le 4 juillet 2020.

Peter Henry Balerin: «Mes chers amis camerounais, je pars…»

Au soir du direct sur Facebook dédié à la commémoration de l’indépendance américaine, le compteur affiche 400 commentaires et près de 3000 vues. C’est dire l’intérêt que les internautes camerounais ont accordé à cette célébration non ordinaire de «l’Independence Day». C’est aussi une gifle symbolique à la Covid-19, l’invitée surprise, mais indésirable de cette journée spéciale.

Le programme de l’évènement a prévu, entre autres, une visite guidée des sites populaires de la ville de Washington, D.C., un concert virtuel de Jazz et le mot de l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun. Pour que l’esprit et la lettre de cette célébration soient bien captés par l’assistance dématérialisée, Michael Fitzpatrick, Consul de l’ambassade des États-Unis à Yaoundé, en a planté le décor. Deux mots en guise d’appât: «liberté et démocratie», les porte-flambeaux d’une nation jalouse de sa grandeur. 

Washington, D.C. à visage découvert

Will Romine, l’officier adjoint des affaires publiques à l’ambassade des États-Unis, a offert aux participants à cette célébration virtuelle, une visite guidée de Washington, D.C., la capitale des États-Unis d’Amérique. Il s’est équipé, pour la circonstance, d’une microcaméra qu’il a fixée sur sa tête pendant son jogging matinal. La visite commence sur une rue bondée de manifestants et rendue populaire par la couverture médiatique liée à la disparition de George Floyd. Symboles du changement social positif que l’Amérique appelle de ses vœux, le maire de la ville, Muriel Bowser, a officiellement renommé les deux blocs menant à la Place de la Maison Blanche «Black Lives Matter», le 20 juin dernier.

Ce même jour, toujours selon le guide, le service des travaux publics de Washington a peint le slogan «Black Lives Matter» sur un texte long de 11 mètres de haut. D’un lieu d’histoire à un autre, Will Romine conduit les visiteurs virtuels au «Lincoln Memorial», monument qui rend hommage au 16e président américain, Abraham Lincoln. L’on apprend que ce site a servi de «toile de fond» à plusieurs mobilisations protestataires comme la manifestation des femmes pour le droit de vote et celle des militants pour la paix, opposés à la guerre du Vietnam.

L’autre lieu de mémoire qui a marqué cette balade virtuelle, c’est le «Martin Luther King Jr. Memorial», la première stèle honorant un Afro-américain. À juste titre, le guide s’est arrêté sur la conception du monument pour en expliquer le sens. Cette représentation du Dr King, émergeant d’une pierre inachevée, est la transcription d’un passage de son discours historique «Je fais un rêve»: «D’une montagne de désespoir, une pierre d’espoir». Après le Sénat ou encore le «Smithsonian Museum of African American History and Culture», la promenade se termine au «Washington Monument», construit en l’honneur du président George Washington.

L’assistance sanitaire américaine au Cameroun

À travers un PowerPoint incrusté dans la vidéo de la célébration, des données sur le rôle clé des États-Unis dans la lutte camerounaise contre le coronavirus font sensation. Les internautes apprennent que le pays de Donald Trump est le plus grand contributeur de la sécurité sanitaire mondiale contre la Covid-19, avec une provision de 2,4 milliards de dollars à l’aide sanitaire, humanitaire et économique.

Les chiffres de l’assistance financière des États-Unis au profit du Cameroun sont tout aussi éloquents: Washington a octroyé 20 millions de dollars d’aide Covid-19 au cours des trois derniers mois; le Centre national des opérations des urgences de santé publique (COUSP), qui coordonne la riposte du Cameroun contre la pandémie, a été construit avec des fonds américains, et son personnel formé par les États-Unis.

De plus, les experts de santé de l’ambassade américaine ont facilité l’accréditation des laboratoires camerounais pour le dépistage de la Covid-19, soutenant la décentralisation du dépistage pour mieux gérer la pandémie. Des faits d’armes colossaux qui s’ajoutent aux investissements préalables sur les questions de santé en général, évalués à 500 millions de dollars.

Le concert virtuel de Jazz

Depuis toujours, la musique fait partie des ingrédients de la célébration du 4 juillet par les Américains. Pour cette édition, l’ambassade des États-Unis a choisi le groupe de Jazz «Ari Roland Jazz Quartet», constitué de deux saxophonistes, Chris Byars et Zaid Nasser, du bassiste Keith Balla et du contrebassiste de Jazz et leader du groupe, Ari Roland. Interprètes chevronnés de chansons américaines et camerounaises, ces musiciens ont proposé aux internautes quatre chansons parmi lesquelles «Soir au village» en hommage à Manu Dibango et «Je vais à Yaoundé», célèbre chanson de André Marie Talla. Deux reprises réussies et très appréciées en commentaires. Le groupe a annoncé une visite prochaine au Cameroun pour découvrir la culture, les sites touristiques, mais aussi, offrir un concert aux mélomanes du pays.

«Mes chers amis camerounais, je pars…»

Le clou de la commémoration de l’indépendance américaine a été l’allocution de l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun, Peter Henry Balerin. Le diplomate se réjouit du travail effectué par son pays, notamment dans le secteur de la santé, au bénéfice de «tous les Camerounais». Il a salué la décision du gouvernement camerounais de supprimer les frais de service liés au VIH/Sida, ce qui a permis aux États-Unis de tripler son aide à Yaoundé. Peter Henry Balerin s’est également félicité de l’implication de son pays dans la lutte contre le paludisme, en particulier chez les femmes enceintes et les enfants des régions du Nord et de l’Extrême-Nord. «L’utilisation à bon escient» du Centre des opérations des urgences de santé publique fait également l’objet de sa satisfaction.

Concernant le conflit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, l’ambassadeur américain a exprimé le double espoir que les deux parties «se réunissent prochainement pour discuter d’une solution pacifique» et que les volontaires du Corps de la paix américain puissent retourner dans ces régions, mais aussi au Nord et à l’Extrême-Nord. Arrivé en fin de séjour après trois années de service en terre camerounaise, il a adressé ses remerciements au président de la République, Paul Biya, ainsi qu’à l’ensemble des structures qui constituent le Cameroun, pour «l’avoir aidé à décrypter les complexités de l’histoire et de la culture du Cameroun».

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