Produits halieutiques et autres : La flambée des prix, une épée de Damoclès sur le Cameroun

Du fait de l’interdiction de l’importation des denrées alimentaires en provenance de la Chine et autres pays touchés par le coronavirus, le coût du poisson et de la viande pourrait augmenter sur l’étendue du territoire.

Le poisson et la viande bientôt en cher et en hausse au Cameroun.

Bien qu’aucun cas de la maladie ne soit déclaré au Cameroun jusqu’ici, le pays est en voie de subir les affres du coronavirus sur son économie. En effet, le Cameroun aussi fait partie des pays qui ont dû suspendre les échanges commerciaux avec la chine et d’autres nations touchées par l’épidémie. À cause de cela, il risque de payer le prix fort.

Certaines denrées alimentaires, pourtant très consommées, verront leur coût grimper sur le marché. L’information, contenue dans une note publiée par l’Institut national de la statistique, est rapportée par le site d’information agenceecofin.com, édition du 28 février 2020.

Poisson
Parmi les aliments qui pourraient désormais être de moins en moins accessibles dans les prochains jours, il y a le poisson. Selon une note de l’Institut national de la statistique, l’interdiction, début février, de l’importation des produits halieutiques frais ou congelés va engendrer la hausse des prix de cette denrée alimentaire au Cameroun d’ici quelques jours.

Or, nous apprend l’INS, la Chine constitue le deuxième fournisseur du Cameroun en poissons, avec près de 19,6%. Ce qui revient à dire que les mégalopoles camerounaises devront se contenter de consommer le strict minimum. Il s’agit de 50,6% de poisson que leur fournissent la Mauritanie et le Sénégal, en plus des 12,9% en Europe (Irlande), avec à la faible production locale estimée à 292 675 tonnes en 2018. Selon le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), le Cameroun importe 200 000 tonnes de poissons par an, soit 170 milliards FCFA chaque année. Malgré cela, la demande reste forte dans le pays. L’INS l’estime à 400 000 tonnes par an.

La viande importée
Entre autres produits qui connaitront une flambée des prix, il y a également la viande. Dans un communiqué signé le 3 février 2020, Dr Taïga annonce la suspension, «jusqu’à nouvel ordre», de la délivrance «des avis techniques d’importation d’animaux vivants, de produits d’origine animale et halieutique frais ou congelés et non manufacturés», issus «des pays abritant des foyers actifs» du coronavirus. Ce n’est pas tout. Dans la même note, le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) du Cameroun appelle ses collaborateurs à «prendre toutes les dispositions nécessaires pour maintenir la veille sanitaire active des services vétérinaires sur toute l’étendue du territoire national, et de renforcer les mesures d’inspection et de contrôle sanitaire vétérinaire aux frontières portuaires, aéroportuaires et terrestres, ainsi qu’aux différents postes de contrôle sanitaire».

S’il y a augmentation des prix, cela aura une incidence sur le taux d’inflation cette année. En effet, l’INS a annoncé que l’inflation pourrait se replier au Cameroun autour de 2% en 2020, contre 2,5% en 2019. L’épidémie chinoise pourrait encore impacter davantage le climat économique du pays, si elle perdure.

Joseph Julien Ondoua Owona (stagiaire)

 

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