Surveillance multilatérale : Le Cameroun évalué par la Cemac

Depuis le 10 février 2020, une mission de surveillance multilatérale de l’institution sous régionale séjourne dans le pays pour s’enquérir de la situation économique.

 

Après avoir fait des recommandations lors de leur passage au Cameroun en juillet 2019, la délégation conduite par Jean-Claude Nguemeni revient sur ses pas. Du 10 au 21 février 2020, le directeur de la surveillance multilatérale de la Cemac et son équipe vont s’entretenir avec les pontes de l’économie camerounaise. Il est question de voir si toutes les grandes orientations de politique économique (Gope) des États membres et de la Communauté pour 2020 sont appliquées au Cameroun.

Objectifs
Au cours de son séjour en terre camerounaise, le démembrement de la Cemac doit précisément inspecter les perspectives économiques du pays pour 2020 et 2021 et faire l’évaluation de l’état de conformité du Cameroun en 2019 aux critères de convergence de la Communauté. «Nous allons également profiter pour évaluer les dispositions qui sont prises au niveau national pour la conclusion de la 6e revue du programme avec le FMI. Nous verrons également la mise en œuvre d’autres recommandations qui avaient été prises ici en novembre 2019 par les chefs d’État, notamment à poursuivre la coopération avec les institutions financières internationales au terme des programmes qui vont arriver à échéance», explique-t-il. Ce n’est pas tout. La mission multisectorielle envisage aussi d’examiner l’implémentation des différentes réformes structurelles engagées, ainsi que quelques divers piliers du Programme des Réformes économiques et financières de la Cemac.

Contexte
À bien regarder, cette visite de l’équipe de surveillance se prête au contexte actuel dans le pays. Effectivement, le Cameroun est marqué par la persistance de la crise sociopolitique dans le NOSO (Nord-ouest/Sud-ouest), sans oublier les attaques de la secte terroriste Boko Haram dans le septentrion. À cela, s’ajoute l’interruption temporaire de l’activité de raffinage par la Sonara (Société nationale de raffinage) suite à l’incendie survenue dans ses unités de production le 31 mai 2019.

Au-delà de ce tableau sombre, se trouvent des projets qui méritent une meilleure orientation. Il s’agit de la mise en service de grands projets structurants tels que le Port en eau profonde de Kribi, le deuxième pont sur le Wouri et les entrées ouest et est de la ville de Douala. On a également la poursuite de la transposition dans la législation nationale des directives du Cadre harmonisé de gestion des finances publiques de la Cemac.

On note également l’adoption par le gouvernement de la stratégie nationale de développement 2020-2030 et l’achèvement par le Conseil d’administration du FMI (Fonds monétaire international), le 22 janvier 2020, de la cinquième revue du programme du Cameroun au titre de la Facilité élargie de crédit.

Joseph Julien Ondoua Owona (Stagiaire)

Jean Claude Nguemeni 

4,9% de croissance pour le Cameroun en 2020

Les explications du directeur de la surveillance multilatérale à Commission de la Cemac.

 

«Les perspectives macro-économiques du Cameroun sont globalement favorables». C’est en ces mots que Jean Claude Nguemeni a résumé la situation globale de son pays face à la presse le… février 2020.

Pour lui, l’économie camerounaise pourrait enregistrer un taux de croissance de plus de 4 % au cours de cette année. «Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, les efforts ont été consentis dans le cadre du maintien de la croissance économique, puisque le ralentissement de la croissance s’est estompé en 2018, avec un taux de croissance de 4,1 % contre 3,5 % en 2017 et on prévoie environ 4,9 % pour ce qui est de 2020.»

Si le Camerounais n’a pas mentionné les facteurs de cette grimpée du taux de croissance, il est clair que le taux de progression de l’économie du pays en 2020 sera supérieur à celui enregistré au cours des années antérieures. Puisque, «dans le cadre du rapport définitif de surveillance multilatérale 2018 et perspectives pour 2019, l’économie camerounaise continuait d’enregistrer une certaine résilience avec une croissance que nous avons prévue à cette époque à 4,1 %, tout comme en 2018».

Réduction du déficit budgétaire et solde
En dressant le bilan des années antérieures, l’ingénieur statisticien a fait observer que le climat économique camerounais s’améliore peu à peu. «Nous avons constaté une forte réduction du déficit budgétaire, mettant ainsi en œuvre les mesures de consolidation budgétaire qui avaient été prises lors de la Conférence des chefs d’État de décembre 2016 à Yaoundé. Le déficit budgétaire étant parti de 6,4 % du PIB en 2016 à pratiquement 2,3 % en 2018 et ainsi resté pratiquement au même niveau en 2019».

JJOO

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