Compact With Africa : l’Anti-thèse du forum de Paris

Loin des calculs de positionnements dans l’échiquier mondial et des jeux géopolitiques et géostratégiques de Paris, l’Allemagne a convié l’Afrique à Berlin pour parler investissement et industrie.

Compact with Africa, l’initiative politico-économique allemande, a tenu sa troisième édition, les 19 et 20 novembre dernier à Berlin. Les délégations de douze pays africains (Bénin, Guinée, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Sénégal, Ghana, Maroc, Tunisie, Togo, Éthiopie, Égypte et Rwanda) ont pris part à ces deux journées de rencontres diplomatiques et économiques.

Et si la deutch kalität était transmissible. Il faut apprécier l’intention de l’interdépendance des valeurs. Il demeure évident que la recherche des parts de marchés guide l’action de la chancelière Angela Merkel. Au moins personne n’a le rôle de faire-valoir dans une bataille qui lui échappe et qu’il subit de plein fouet. Dans les échanges économiques, l’Allemagne est un nain en Afrique et l’Afrique est très peu présente en Allemagne. La dictature des chiffres démontrent que l’Allemagne et l’Afrique s’équivalent : 23 millions d’euros d’exportations pour Berlin et 22 millions d’importations en 2018 sur le continent.

Parmi les accords conclus à l’occasion de ces deux journées, la Banque allemande de crédit pour la reconstruction (KfW, publique) et le groupe Allianz ont annoncé le lancement du fonds Africa Grow. Doté de 170 millions d’euros, son rôle sera de fournir des ressources financières aux fonds de capital-investissement et de capital-risque africains, avec pour objectif de financer 150 jeunes pousses et PME à l’horizon 2030, et de créer 25 000 emplois.

Tout un symbole
A Paris, l’Union Africaine semblait absente. Elle l’était ! À Berlin, le Président de la Commission est présent de même que la troika (ancien, présent et futur président de la conférence des chefs d’État et de gouvernement).

Lors de son discours, la chancelière parle africain. Elle cite un adage mandingue qui dit: «Si vous voulez savoir comment les affaires marchent sur le continent, alors, vous devez vous y rendre». Un discours incitatif pour les hommes d’affaires allemands.

Même si la culture allemande d’investissement en Afrique demande encore à s’intensifier, les mobiles et la méthode peuvent renseigner. Et nous devons être attentifs.

Limites
À l’image d’une presse allemande très critique sur l’initiative de la chancelière, on peut remarquer la distance entre les objectifs affichés à sa création et les résultats obtenus à court terme. Une étude récente de la Fondation Friedrich Ebert sur l’initiative allemande n’a pas suscité l’effet d’entrainement voulu pour les pays du G20.

Pour les auteurs de cette étude, l’expert Robert Kappel, professeur émérite à l’université de Hambourg, et l’économiste Helmut Reisen, professeur émérite à l’université de Bâle et ancien directeur de recherche au Centre de développement de l’OCDE, le Compact with Africa n’est pas pour l’instant parvenu ni à augmenter les investissements privés dans les pays partenaires africains, ni à créer des emplois comme prévu. Les pays africains ont certes amélioré leur climat d’affaires de manière significative. Néanmoins, il n’y a pratiquement pas de nouveaux investissements des États du G20, selon ces experts. Alors, plus dure demeure le bout du tunnel. Finalement, la pole position de l’Asie en Afrique lui va bien !

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