Favoris : Égypte et Sénégal en pôle position

L’une a déjà été sacrée 7 fois, l’autre cherche désespérément une première couronne. Un abime les sépare en termes de palmarès, mais les sélections égyptiennes et sénégalaises semblent a priori les mieux armées pour s’imposer lors de cette Can 2019. Attention toutefois de gagner les matches avant de les avoir joués, car d’autres prétendants sont bien embusqués.

Les Lions de la Teranga aucours d’une séance d’entraînement

Égypte : En route pour le 8e ciel
Pays organisateur de la 32e édition de la Coupe d’Afrique des nations, la première à rassembler 24 équipes (du 21 juin au 18 juillet prochain), l’Égypte, qui a déjà été sacrée 7 fois, est résolument en quête d’une 8e couronne qui ferait d’elle la reine incontestée d’Afrique. Après avoir trébuché en finale en 2017 face au Cameroun, les pharaons vont remettre le couvert pour un festin qu’ils espèrent eux-mêmes clôturer le 18 juillet prochain. Leurs atouts majeurs : leur star planétaire, Mohamed Salah, et un public passionné à la limite du fanatisme, et qui a longtemps été sevré de football par des années de huis clos forcé. Attention à la marmite qui bout. Savant dosage de joueurs locaux et de stars internationales à la valeur ajoutée incontestable (Salah, Elneny), le groupe conduit par Javier Aguirre a les moyens de ses ambitions.

Sénégal : Maintenant ou jamais
Sur le papier, ce sont les meilleurs. Mais encore faudra-t-il le prouver sur le terrain et c’est ce que le Sénégal n’a jamais su faire. Qualifiés haut la main, les Lions de la Teranga devront remédier à leur tendance à se crisper à l’approche des matches décisifs. Emmenés par un Sadio Mané au sommet de son art, les hommes d’Aliou Cissé comptent dans chaque ligne des joueurs de grand talent (Koulibaly, Gueye, Niang, Sarr) et ont trouvé un portier sûr en la personne d’Édouard Mendy (Reims). Pour aller loin, ils devront sortir d’un groupe composé de la Tanzanie, du Kenya et de l’Algérie, équipe que les Lions avaient déjà croisée au premier tour lors des éditions 2015 et 2017. S’ils se loupent une nouvelle fois, les autres Lions d’Afrique pourraient s’installer durablement dans la spirale de loosers. Ça n’est jamais bon pour le moral.

Nigeria : Des aigles en embuscade
Pour son retour à la CAN depuis l’édition 2013, remportée en terre sud-africaine, le Nigeria a difficilement vaincu le Burundi (1-0) samedi dernier à Alexandrie. Un démarrage au petit trot qui n’entame en rien les ambitions qui veut réaliser un coup, de sa position outsider. Équipes toujours jeune, mais désormais riche de l’expérience d’une phase finale de Coupe du monde, les coéquipiers de Wilfred Ndidi progressent discrètement, mais sûrement sous la houlette du technicien Gernot Rohr. Les triples champions d’Afrique ont progressé depuis. OdionIghalo a retrouvé ses qualités de finisseur, Ahmed Musa n’a pas perdu les siennes, et le Nigeria a vu émerger ces derniers mois de jeunes talents offensifs. Les Chukwueze, Osimhen, Onuachu et autre Kalu ont permis au sélectionneur de rebattre les cartes et de faire mieux que compenser le départ à la retraite internationale de Victor Moses. Capitaine au long cours, John Obi Mikel est quant à lui revenu de son exil chinois et tient de nouveau la barre dans l’entrejeu.

Maroc : les Lions et le Renard
Après un Mondial 2018 de bonne facture, le Maroc ne manque pas d’atouts, au moment d’aborder cette CAN 2019. Sortis vainqueurs d’une poule comprenant le Cameroun, le Malawi et les Comores, les Lions de l’Atlas présentent un collectif soudé et rodé. Si le secteur offensif marocain n’est pas une machine à but, leur milieu de terrain excelle dans la créativité avec les Ziyech, Belhanda et autre Boussoufa.

Pour prétendre au sacre final, le Maroc devra d’abord se dépêtrer d’un groupe particulièrement relevé. Si la Namibie ne paraît pas de taille à lutter, les coéquipiers de Mehdi Benatia retrouvent ensuite une vieille connaissance : déjà sur sa route lors de la CAN 2017 et en éliminatoires du Mondial 2018, la Côte d’Ivoire va de nouveau croiser le fer avec le Maroc. Vainqueur des deux manches précédentes, Hervé Renard jouera-t-il encore un sale tour au pays qu’il amena sur le toit de l’Afrique il y a quatre ans, en Guinée équatoriale ? Réponse le 28 juin à l’occasion de ce qui sera l’un des principaux chocs du premier tour.

Xavier Tassous

Les outsiders

Les Écureuils peuvent surprendre

Le Cameroun et le Ghana avancent en favoris alors que le Bénin veut créer la sensation.

Les Écureuils du Bénin

En quatre participations à la Coupe d’Afrique des nations, le Benin n’a pas gagné un seul match. Avant de regarder plus loin que le bout de leur nez, les Béninois devraient d’abord avoir en tête de savourer un premier succès dans la prestigieuse compétition. Ils croient tenir le bon bout cette fois-ci. Impressionné par leur parcours de qualifications plus que convainquant (ils ont sorti le Togo), l’ancien capitaine des Lions Indomptables, Samuel Eto’o les voit même créer la surprise.

Le sélectionneur, Michel Dussuyer, peut compter sur des joueurs expérimentés: Poté, Mounié, Sessegnon, Adéoti, Imorou, Adénon… En préparation, la dernière victoire en date, face à la Mauritanie (3-0), a été probante et laisse entrevoir de belles promesses. Des promesses qu’il faudra bien tenir, car en face ça ne sera pas du menu fretin. Le Cameroun est tenant du titre alors que le Ghana reste une valeur sûre du football africain, malgré quelques passages à vide.

Mais il y a là un coup à jouer. Kwadwo Asamoah et Thomas Partey sont les seuls Ghanéens qui évoluent encore dans des équipes européennes de premier plan, bien loin du ratio des dernières années. Pire encore, les Black Stars sont régulièrement mêlés à des scandales extra sportifs. Après la suspension de la Fédération par la FIFA pour une affaire de corruption, c’est la retraite puis le retour d’Asamoah Gyan qui ont perturbé le football ghanéen. Pas le meilleur moyen de préparer une CAN.

Un 2e outsider
Une petite aubaine pour l’autre outsider du groupe. Après soixante ans d’absence sur la scène continentale, la Guinée-Bissau avait découvert les joies d’une phase finale de CAN en 2017. Deux ans plus tard, les Djurtus sont de retour lors de la grand-messe du football africain. Après une première expérience soldée par des performances intéressantes, mais vierges de victoires, les hommes de Baciro Candé vont chercher à franchir un cap. L’effectif a gagné en maturité depuis son voyage au Gabon il y a deux ans, et n’a pas volé sa qualification pour la phase finale 2019. Les partenaires de l’Ajaccien Joseph Mendes ont terminé premiers d’un groupe où l’on retrouvait également la Namibie, le Mozambique et la Zambie. Un exploit réalisé avec seulement deux victoires, mais également un seul revers. Désormais, l’objectif de la Guinée-Bissau sera de ne pas terminer dernière de ce groupe F.

Xavier Tassous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *