8 mars 2019 : Le gros œil du Minproff sur le business du pagne

Pour garantir la disponibilité du tissu et éviter la spéculation, un système informatisé est mis en place cette année. Seulement, il présente des failles.

Cela s’appelle « prendre le problème à bras-le-corps ». Le 24 janvier 2019 à Yaoundé, à l’occasion de la toute première réunion préparatoire de la célébration de la 34e Journée internationale de la femme (JIF), Marie Thérèse Abena Ondoua a choisi, entre autres, de s’intéresser aux incongruités du marché du pagne dédié à l’événement. La ministre de la Promotion de la femme et de la Famille (Minproff) a jeté un regard sur les prix et les basses manœuvres autour de ceux-ci. « 6 800 francs CFA la pièce », a martelé la Minproff devant les responsables des administrations publiques, parapubliques et privées, les organisations de la société civile, les réseaux d’associations et les partenaires techniques et financiers.

L’oratrice a par ailleurs indiqué que cette année, des mesures sont prises pour préserver le «pagne du 8 mars au régime d’emballement et d’inflation». Selon elle, les précédentes éditions de la JIF ont consacré le développement de pénuries, propice aux spéculations. « Le dispositif mis en place par les pouvoirs publics est destiné à mettre à mal les auteurs de ces ignobles initiatives », a-t-elle prévenu.

Traque
Sur le terrain, l’anticipation est de mise. Depuis sa mise sur le marché, le pagne est soumis à une formule permettant de mieux cerner l’organisation du système de distribution, d’approvisionnement et de commercialisation. « À travers un système informatisé, nous mettons à rude épreuve les acteurs des circuits informels par lesquels transite une partie du pagne du 8 mars alimentant généralement les seconds marchés », assure Mélanie, huissière de vente dans un magasin à Nkoabang (banlieue de Yaoundé). Elle recense alors plusieurs cas précis, tous datés de la semaine dernière. « Lundi nous avons reçu un client désirant acquérir 250 pièces d’un coup ; jeudi, un autre s’est présenté à nous pour en avoir 400. Nos systèmes ont débusqué le fait qu’ils en avaient fait l’achat ailleurs », énumère-t-elle.

Pas de risque zéro
À comprendre qu’une technique informatique capable de saisir des mouvements des « grands acheteurs » est appliquée. «Cette année, avance Florine, préposé aux ventes dans une boutique de gros à Mokolo (Yaoundé II), le marché noir fait face à un resserrement systématique».

Selon des responsables de magasins rencontrés dans la capitale, la formule n’est pas entièrement fiable. «Nous ne disposons pas d’informations plus précises sur les intermédiaires affiliés à un ou plusieurs canaux de revente du pagne au prix fort. De plus, quelques clients connaissent le système, en jouent et s’adaptent aux nouvelles exigences», déplore Engelbert Tomdjeu, grossiste au marché Mvog-Mbi.

Jean-René Meva’a Amougou

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