1er Plan stratégique décennal 2025-2034 : le Prasac passe à l’étape opérationnelle

Il présente pour chaque action les responsables, les moyens nécessaires, les résultats attendus et les délais de mise en œuvre des programmes.

Le Prasac en conclave le 29 janvier 2024 à Douala

Le Pôle régional de recherche appliquée au développement des systèmes agricoles d’Afrique centrale (Prasac) était en conclave du 29 janvier au 2 février 2024 à Douala. À l’ordre du jour, figurait la mise en place d’un Plan stratégique. «Celui-ci, n’a jamais existé. Toutes les organisations qui veulent être performantes aujourd’hui dans le monde fonctionnent avec les Plans stratégiques. Il y a eu tout un processus, l’étape de Douala, c’est celle qui consiste à mettre les chercheurs devant leur responsabilité. C’est tout simplement leur demander de mettre en place un document qui va permettre de programmer désormais les financements en matière de recherche scientifique», explique Jean-Louis Mihindou Doukaga, directeur général du Prasac.

Pour bien comprendre, il s’agit d’une base opérationnelle inscrite dans une logique d’évolution. Autrement dit, ce Plan stratégique propose des voies d’évolution possibles/nouvelles en les rendant cohérentes avec les valeurs des divers acteurs en présence et les caractéristiques organisationnelles du Prasac. À ce titre, c’est un outil appelé à assurer la cohérence des différentes activités à mener. «Le Plan stratégique dont on parle va se décliner en plan opérationnel. Il sera évalué tous les 5 ans pour qu’on sache d’où on part et quels sont les résultats obtenus. En gros, l’enjeu, c’est de pouvoir donner aux chercheurs de la sous-région un outil pour piloter la recherche en Afrique centrale. Cet outil, c’est pour qu’ils puissent discuter avec les partenaires qui sans doute seront prêts à les accompagner. Les partenaires aujourd’hui aiment quand les choses sont prévues d’avance. C’est l’intérêt d’avoir un Plan stratégique».

Ce Plan stratégique ne s’oppose pas à la stratégie régionale d’import-substitution. À la limite, il complète dans le même sens dans le domaine agricole. Il est mis certes au service des scientifiques et des chercheurs, mais c’est aussi au service des États. La dernière étape dans le processus est le plaidoyer que nous allons mener auprès des gouvernements pour qu’ils accordent un peu plus d’intérêt à la recherche scientifique», ajoute le DG du Prasac.

2025-2034
À l’en croire, l’esprit du temps est tout entier dans ce Plan stratégique. «Il est conçu pour la période 2025-2034. En qualité d’institution spécialisée de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), le Prasac a pour mandat d’intégrer les instituts de recherche agricole de la sous-région pour faire converger les six États de la Cemac vers une politique commune de sécurité alimentaire et de sécurité sanitaire des aliments. Il s’agit alors de faire contribuer le Prasac à l’agenda de renforcement de l’infrastructure qualité dans la sous-région, pour accélérer l’industrialisation et la diversification économique en Afrique centrale. Ce Plan stratégique va faciliter la collaboration et la mobilisation des ressources. Par rapport à la Cemac, le plan stratégique du Prasac anticipe les projets de réformes de l’institution faitière notamment le passage du budget de moyen au budget programme».
Les grands axes

Le plan stratégique intègre les nouvelles problématiques et thématiques qui se posent dans le monde agricole, notamment celles liées aux enjeux et défis de la résilience des systèmes de production agro sylvo-pastorale. Au sortir des cinq jours d’atelier à Douala, quatre axes principaux meublent le document. «Certes les discussions étaient intenses, riches, constructives parfois houleuses, mais dans une ambiance bon enfant. Ceux-ci nous ont permis d’arriver à un document de 4 axes, 7 programmes et 16 projets à réaliser sur un horizon temporel de 10 ans alors que, initialement, nous étions à 7 axes, 23 programmes et 111 projets», détaille Jean-Louis Mihindou Doukaga. «Pour parvenir à ce résultat, il y a une sélection qui a obéi à des critères largement partagés par l’ensemble des parties prenantes. Quatre axes ont été retenus de façon consensuelle à savoir: une gouvernance, développement des compétences et renforcement des capacités institutionnelles ; transformation des systèmes alimentaires, sécurité alimentaire et nutritionnelle, promotion des chaînes de valeur agricole ; ressources naturelles, biodiversité, environnement et changement climatique ; cultures pérennes. Les axes abordent les thématiques qui se posent aujourd’hui au monde agricole», ajoute le DG du Prasac. Des risques susceptibles d’impacter négativement son implémentation ont été identifiés et les mesures d’atténuation proposées.

Pour lui, le document va poursuivre son parcours et va continuer à être enrichi à chaque étape, jusqu’à son adoption par les instances de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et sa soumission aux partenaires techniques et financiers pour son financement. «En tant que partie prenante, vous serez régulièrement informé de son évolution jusqu’à la fin du processus que j’ai toujours voulu participatif. En cas de besoin, le Prasac sollicitera vos compétences respectives pour l’aboutissement de notre projet commun», confie Jean-Louis Mihindou Doukaga.

Diane Kenfack

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