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1-0, score fatal à Casablanca et à Dakar

Évocation de deux matches à fort enjeu entre le Cameroun et deux pays organisateurs des CAN de 1988 et 1992.

Les Lions indomptables de 1992

1-Cameroun-Maroc 1988: un but, c’est tout!
Au Maroc, en mars 1988, tout ce que le royaume chérifien compte de passionnés de football frissonne au moindre écho concernant son équipe nationale. À partir du 13 mars et jusqu’au 27 du mois, le Maroc accueille «SA» CAN. Le stade Mohammed V de Casablanca (80 000 places) et Le stade Prince Moulay-Abdallah de Rabat (60 000 places) sont fin prêts pour la grande fête du football continental. Le fait que le Maroc abrite l’événement n’est pas anodin, ainsi que le proclame fièrement Driss Bamous, le président de la Fédération (FRMF) et ancien capitaine de la sélection au Mondial 1970, dans les colonnes du magazine Afrique Football N°2, daté de mars 1988: «Nous sommes devenus l’équipe à battre sur le continent.

Nos joueurs, après le Mondial 86, sont devenus les ambassadeurs de notre football en Europe. Certains ont pris leur retraite et il existe aussi un problème de cohésion avec les pros, mais ils ont l’avantage de très bien se connaître entre eux». Après avoir organisé les Jeux Méditerranéens 1983 puis les Jeux Panarabes deux ans plus tard, le Maroc est candidat à la Coupe du monde 1994, et compte bien sur le tournoi pour marquer les esprits. Il est aussi devenu la première équipe africaine à atteindre les huitièmes de finale d’une Coupe du monde, lors du Mundial mexicain, seulement battu par la République fédérale d’Allemagne (RFA) (1-0), future finaliste.

Côté marocain, le soulagement de se qualifier pour le dernier carré n’est pas atténué par le fait que l’équipe doit affronter le Cameroun de Claude Le Roy, vainqueur en 1984 et finaliste 1986. Quand débute la demi-finale à Casablanca, le 24 mars, tout le Maroc retient son souffle, d’autant que Timoumi n’est pas aligné en raison d’une contusion au pied gauche. Après cinq minutes pourtant, le libero Mouahid est victime d’un «coup de boule» camerounais et c’est le vieux Hcina qui entre en jeu. L’arbitre mauricien perd pied, et distribue les avertissements.

Le match est tendu, les joueurs nerveux. En début de seconde période, Roger Milla s’enfonce dans la surface marocaine, coincé entre Biaz et Hcina. Il s’écroule. Penalty frappé par Louis-Paul Mfédé… repoussé par Badou Zaki! Pendant la demi-heure qui suit, le Maroc assiège le but de Joseph-Antoine Bell. Les Lions indomptables, solides, repoussent tout sans trembler. La délivrance viendra finalement des rangs camerounais. Le jeune Toulonnais Cyril Makanaky expédie des vingt mètres une frappe rasante qui trompe Zaki (79e). Le Maroc est KO, vaincu par une formation tactiquement et mentalement plus forte. La désillusion est à la hauteur des espérances d’un peuple, d’une fédération et surtout, d’une équipe préparée pour aller au moins en finale. Mehdi Faria

2-Cameroun-Sénégal 1992

Un quart de finale pour fauves
À Dakar, une affiche ne manque pas d’attirer l’attention des reporters de la télévision publique camerounaise. Repéré au lieu-dit Sacré-Cœur (au centre-ouest de la capitale sénégalaise), l’écriteau annonce fièrement: «Sénégal en demi-finale». Chez le public Dakarois, les reporters sentent bien que le sens, toutes les élucubrations, les scénarios, les attentes, tous les effets de sens sont élaborés en vue d’une victoire écrasante des Lions de la Téranga sur les Lions indomptables.

Le président Abdou Diouf qui ne va pas au stade se fait représenter par son secrétaire général. Tôt ce 19 janvier 1992, le Sénégal tout entier est assis sur la branche de la gloire. Cela est d’autant plus palpable que Claude Le Roy dit tenir «tout le football du Cameroun dans un petit mouchoir». Pour mieux démontrer la force de l’équipe sénégalaise, le technicien français cite de grands noms. «J’ai Jules Bocandé, Roger Mendy, Adolphe Mendy, Cheick Seck et d’autres très bons éléments», vante-t-il dans le Soleil de Dakar du 19 janvier 1992.

Ce jour justement, le stade Léopold Sédar Senghor est plein à craquer. Une clameur retentit lorsque, à la 89e minute, Ernest Ebongue ouvre la porte des demi-finales au Cameroun. Et enfin… le silence. La sélection sénégalaise disait au revoir à sa CAN, frustrée de ne pas avoir exploité ses atouts. Les sarcasmes d’avant-match et les «évidentes lacunes techniques» de la défense des Lions indomptables sont noyés dans les larmes de tristesse. «Nous voulions que l’on soit fier de nous et montrer à tout le pays que le football sénégalais est vivant. Nous nous sommes battus comme des lions», se console Claude Le Roy, approché par la télévision camerounaise. Après des matches parfaitement maîtrisés par le pays hôte, tout vient de s’écrouler.

Jean-René Meva’a Amougou

 

Chronique de la CAN

Des choses qui arrivent?

Une semaine après son coup d’envoi, la CAN TotalEnergies 2021 a offert quelques épisodes à la fois comiques et déconcertants aux fans de football à travers la planète. On a beau vouloir garder son sang-froid, on n’est pas à même d’ignorer certaines bêtises et autres séquences abracadabrantes. Divers faits peuvent être retenus, mais arrêtons-nous sur quelques faits divers. Le premier a trait au scandale arbitral survenu le 12 janvier dernier, lors du match opposant la Tunisie au Mali. L’arbitre zambien Janny Sikazwe arrête la rencontre à la 85e minute. Le banc tunisien s’enrage. L’arbitre fait reprendre le match, après avoir visiblement transformé ce coup de sifflet trop précoce en pause fraîcheur.

Et comme si une polémique ne suffit pas dans la journée, une deuxième arrive sur le champ, comme un effet boule de neige. Alors que le coup d’envoi de la deuxième rencontre du groupe F est retardé de 45 minutes (puisque le match est censé se dérouler après Mali-Tunisie), la Mauritanie n’a pas le droit à son hymne. Les 22 joueurs alignés face à la tribune présidentielle, un premier hymne résonne quelques secondes au Stade omnisports de Limbé. Pas le bon, vu les regards désabusés des Mourabitounes.

Après quelques secondes, on coupe le son… pour le remettre avec toujours la même erreur de casting musical.
Le troisième fait divers parle des ballons dégonflés d’Égypte-Nigeria en l’espace de neuf minutes. La rencontre est arrêtée par l’arbitre à deux reprises, non pas pour blessure, pour soigner un joueur ou pour consulter le VAR mais plutôt pour remplacer le cuir mal gonflé.

Ce sont des choses qui arrivent. Et voilà qui met plusieurs pièces dans la machine à polémiques. Les uns disent aucune excuse; aucune négociation avec l’abject. Les autres disent encore: ce sont des choses qui arrivent. Sauf que toute nuance apportée sur ces scandales révèle l’addition salée d’élucubrations dangereuses au cours d’un tournoi organisé dans un pays qui se respecte.

JRMA

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