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«Renaissance» de Boko Haram: Au cœur du conseil de guerre de Yaoundé

Écrit par  Jean-René Meva’a Amougou

Les armées de la Commission du bassin du Lac Tchad (CBLT) se sont livrées la semaine dernière dans la capitale camerounaise  à une autocritique. Le conclave a abouti à un réajustement de stratégie de lutte contre la secte terroriste.

Face à des Etats qui se mobilisent chaque jour pour combattre la crise sécuritaire qu’il a déclenchée, Boko Haram invente chaque jour de nouvelles stratégies à partir de ses espaces de repli. Avec le ralentissement des affrontements directs contre les armées, la secte se recycle dans des actions terroristes. Démultipliant les ruses, elle a fait parler ces dernières semaines comme toujours en mal. 

En multipliant, dans la région de l’Extrême-nord du Cameroun des attentats perpétrés par le biais de filles âgées de 12 à 16 ans et équipées d’EEI (engins explosifs improvisés), Boko Haram fait la démonstration de la réussite de ses camps dans lesquels on formate depuis deux ans des centaines d’enfants.

Des morts, il y en a désormais au quotidien. Une autre rivière de sang coule alors qu’on annonçait la bande à Abubakar Shekau en réelle perte de vitesse. Il faut tout revoir ou presque. Tel est le défi qui interpelle les forces armées nationales du Nigéria, du Niger, du Cameroun, du Tchad ; et depuis peu, la Force Multinationale Mixte (FMM) - cadre stratégique intégré de lutte contre les terrorismes en Afrique centrale et de l'ouest - impulsée par la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT). Pour autant : peut-on croire en l’éradication de Boko Haram ? Et d’ailleurs, quels sont les facteurs qui ont permis son émergence? Alors comment comprendre ce «retour»? Le présent dossier esquisse des pistes de réponses à ces questions.

Ainsi donc, après Ndjamena en fin 2016, Yaoundé a abrité, la semaine dernière, une autre réunion des ministres de la Défense, des chefs d’état-major des armées, des officiers de la Force multinationale mixte (FMM)  et des chefs de services de renseignement et de sécurité des pays membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) et du Bénin. Le but des assises était d'approfondir les échanges sur les stratégies devant aboutir à l'éradication complète de la nébuleuse Boko Haram au Sahel.

«Les échanges ont permis aux ministres de conclure que la situation sécuritaire dans l'espace CBLT et le Benin est très positive. Mais, il faut rester plus que jamais vigilant», valide le communiqué final à l’issue du conclave. Le Nigérian Lamidi  Adeosun, ancien commandant de la FMM (il vient d’être remplacé par son compatriote et camarade d’armes Leo Irabor, NDLR), l’a martelé fort opportunément: «la guerre contre Boko Haram se poursuit, nous ne devons pas nous fatiguer». Pour le général de corps d’armée, chef d’état major de l’armée camerounaise, René Claude Meka, «des activités résiduelles comme l’envoi de kamikazes ou des enlèvements sont encore enregistrées». 

 

Corps de pensée stratégique

En réalité, arrimée aux changements de posture de l’ennemi, la guerre contre le terrorisme dans le Bassin du Lac Tchad génère indiscutablement des regards nouveaux. «Surtout sur le plan technico-opérationnel où la supériorité de la puissance de feu et de la technique des Etats impliqués doivent être modifiées», a suggéré Joseph Beti Assomo, le ministre camerounais de la Défense. 

Et avec la «nouvelle vie de Boko Haram», il faut raisonner stratégiquement. «Concrètement, il s’agit de penser avec rigueur dans un environnement en perpétuel changement», a-t-on pensé à l’unanimité à Yaoundé. Cela induit un travail de fond sur les objectifs essentiels. De façon générale, des structures sont en cours de réorganisation. Elles doivent, apprend-on, permettre aux pays du Bassin du Lac Tchad de coopérer efficacement, et de trouver des ponts qui sauront favoriser l’échange et la création stratégiques. «Un nouveau plan de guerre va donc être mis en œuvre, de manière à la fois de palier les lacunes existantes et proposer des visions nouvelles parce que la guerre contre le terrorisme se caractérise chaque jour d’un lourd investissement», a avancé Lamidi  Adeosun.

A travers ces propos, on lit le nouveau niveau stratégique auquel les Etas du Bassin du Lac Tchad fixent leur objectif commun: neutraliser ou détruire les centres vitaux de Boko Haram, éléments essentiels de sa capacité de combattre ou d'entretenir l’insécurité dans la bande sahélienne. «Avec une autre manière d’aborder notre ennemi commun, nous sommes déterminés à continuer de faire tout notre possible pour empêcher à Boko Haram et ses mouvements satellites de s’implanter et de créer des sanctuaires. Cela reste possible dans le cadre d’une action concertée, fondée sur la participation et la collaboration actives de l’ensemble des États et des organisations internationales, régionales et sous-régionales, menée sans relâche pour contrer la menace terroriste», a rapporté Sanusi Imran Abdullahi, le secrétaire exécutif de la CBLT et chef de mission de la FMM.


Le sphinx reédite sa sanglante épopée

 Kidjimatari, colonnes de terreur.

A Homaka, une localité de l’arrondissement de Mora, région de l’Extrême-Nord du Cameroun, la soirée du 03 juillet dernier ne s’est pas terminée dans la quiétude. Un attentat-suicide survenu y fait 04 morts et une dizaine de blessés graves. Le colonel Didier Badjeck, Chef de la Division de la communication au ministère camerounais de la Défense, relève que « les combattants de Boko Haram ont attaqué à l'arme lourde le poste militaire situé dans la localité». 

A Limani (département du Mayo-Sava, à la frontière avec le Nigeria), une jeune femme s'est fait exploser près d'une école, causant trois morts dont deux civils et elle-même, selon des sources communautaires et sécuritaires.

La veille, une autre militante présumée du groupe djihadiste a manqué d'atteindre son objectif en se faisant tuer seule après avoir actionné sa charge sur une place isolée en tentant d'échapper à une interpellation d'un comité de vigilance d'Amchidé, autre localité de l'Extrême-Nord.

Le 9 juin 2017, les forces de défense et de sécurité camerounaises avaient annoncé avoir déjoué en collaboration avec les comités de vigilance un total de quatre tentatives d'attentats à Mora et d'autres localités environnantes.

Mais le lendemain, un attentat dirigé contre un camp militaire de Kolofata (Mayo-Sava) avait tué deux soldats et une jeune fille présentée comme l'auteure de l'attaque.

Une semaine auparavant, onze morts et 30 blessés avaient été enregistrés lors d'une double explosion survenue le 2 juin dans la même ville. C'est l'un des attentats les plus meurtriers depuis le début de l'année dans le pays.

Dans la localité de Boungour, dans le lac Tchad, un raid des terroristes a permis à ces derniers d’emporter environ 4.000 têtes de bœufs arrachées aux éleveurs locaux.

Le quotidien Le Jour édition du 2 juin 2017 rapporte qu’en date du 31 mai 2017 les éléments de la Force multinationale mixte (Fmm) ont mis la main sur un ravitailleur de la secte terroriste Boko Haram. Cet homme qui est présenté comme un maillon important de la logistique de la secte terroriste a donc été appréhendé à Daher, localité située à neuf kilomètres de Mora dans la Région de l’Extrême-Nord. Le quotidien écrit à son sujet qu’«il fait partie de ces comparses téméraires qui, malgré les dangers commercent avec Boko Haram». Le 25 mai, un soldat de la marine camerounaise a été tué lors d'une attaque d'un groupe armé débarqué dans cette localité à bord de deux véhicules aux couleurs de l'armée nigériane et d'une moto, et déguisés en militaires.

Sans prétendre à l’exhaustivité, ce bilan montre qu’en l’espace de quelques temps seulement, les assauts de Boko Haram se sont enchaînés à l’Extrême-nord du Cameroun. D’aucuns ont craint une «renaissance»: «Le Cameroun a rarement connu un tel niveau de violence en un laps de temps», souligne Mamoudou Laré, géostratège tchadien. Il inscrit cela dans la lignée du programme de terreur de Boko Haram. Selon lui, «même affaiblie, cette secte rêve toujours de refonder ses pratiques sanguinaires».

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