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«La pauvreté et le chômage chez les jeunes peuvent conduire à la guerre civile et à l’instabilité de l’Afrique»

Écrit par  Muriel Capitoline ELOMO, à Midrand

A l’issue de la cérémonie d’ouverture de la 4e session ordinaire du Parlement Panafricain, dont le thème est «Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse», les Présidents du Burkina Faso et du Malawi et le Président du Parlement Panafricain, Roger NKODO DANG, se sont exprimés face à la presse à Midrand en Afrique du Sud, pour donner des éclairages sur cette thématique et la ratification du protocole de Malabo.

Pourquoi avoir placé la jeunesse au Centre des débats de cette 4e session ordinaire du Parlement Panafricain? Concrètement que peut faire le Parlement Panafricain pour la jeunesse?

Président du Malawi, Prof. Arthur Peter MUTHARIKA : La jeunesse est très importante. Mais son sort est très préoccupant. Comme je l’ai dit dans mon discours, la jeunesse constitue 60% de la population en Afrique de moins de 35 ans. Mais malheureusement, ces jeunes sont confrontés à plusieurs difficultés à l’instar du non-emploi ou du sous-emploi, de l’exode rural entre autres. Plusieurs jeunes n’ont pas eu accès à l’école. Au Malawi, nous essayons de les occuper. Nous sommes leaders dans le renforcement des capacités de la jeunesse dans le continent africain et nous encourageons les autres pays à faire la même chose parce que les jeunes ont besoin d’être encadrés, accompagnés pour mieux réussir dans la vie. Nous les amenons à s’intéresser à l’agriculture et à tous les projets structurants que le Malawi met en route. Les jeunes sont frustrés et ne s’intéressent pas à la politique.  La pauvreté et le chômage chez les jeunes peuvent conduire à la guerre civile et à l’instabilité de l’Afrique. Cela peut les rendre vulnérables et les exposer à une violence extrémiste et à la destruction. Et nous ne pouvons pas le permettre car c’est une mission commune. 

 

Quels sont les engagements des présidents Burkinabé et Malawite dans le processus de ratification du protocole de Malabo ? 

Président du Burkina Faso, Roch Marc Christian KABORE : Concernant la ratification du protocole d’accord de Malabo, le travail doit se poursuivre. Il doit être ratifié par tous les Etats africains. Et c’est l’Union Africaine qui a pris elle-même cette décision. Nous ne pouvons pas prendre une décision et traîner les pieds pour la mettre en œuvre. C’est une responsabilité que chaque Etat doit prendre et nous ferons toujours le plaidoyer pour que les choses se fassent comme elles le doivent. Concernant les cotisations vous savez que l’Union Africaine est en pleine restructuration et il avait été demandé au Président KAGAME du Rwanda de mener une réflexion non seulement sur l’organisation mais aussi sur les cotisations, au regard des arriérés qui sont constatés et qui mettent en mal le fonctionnement de l’Union Africaine qui dépend de plus en plus de l’Union Européenne. L’Afrique doit savoir assumer ses responsabilités. Il y a des propositions qui ont été faites dans ce sens pour que nous puissions payer les importations de chaque pays. Cette solution va être mise en œuvre et elle permettra d’éviter tous ces retards qui mettent en mal le fonctionnement de l’Union Africaine et du Parlement Panafricain. Nous attendons de constater le fonctionnement de ces mécanismes pour tirer des conséquences et faire en sorte que désormais, cette organisation puisse se prendre en charge entièrement et non dépendre des autres institutions. 

 

Lorsque vous faites les tournées pour rencontrer les Chefs d’Etats africains pour leur demander de ratifier le protocole de Malabo, que vous répondent-ils ? 

Président du PAP, Roger NKODO DANG : Quand je suis allé au Burkina Faso rencontrer le Président KABORE, son pays n’avait pas encore signé le protocole de Malabo. Mais il m’avait rassuré que ce sera le cas et son pays l’a ratifié. Les Chefs d’Etat n’ont pas de problème à ce que ce soit ratifié, mais le protocole sus-mentionné précise que c’est selon les procédures en matière de ratification des accords internationaux de chaque pays. Et ces procédures varient d’un pays à un autre. Dans d’autres pays, c’est l’exécutif qui signe l’accord et envoie au parlement. Le Ministère des Affaires étrangères dans nos pays est le greffier des conventions et des accords internationaux. Il peut arriver qu’il y ait un retard matériel ou autre chose qui entrave la ratification de ce protocole. Mais je puis vous assurer qu’il y a une volonté politique à changer les choses. C’est moi qui ai présenté le protocole d’Etat à Malabo et il a été longuement discuté par les Chefs d’Etats qui ont accepté de le signer. Je pense qu’il s’agit d’une question de temps. Nous aurons les 28 signatures requises pour que ce protocole puisse rentrer en vigueur, car l’Afrique est dans une démarche dynamique. Il faut avancer car reculer serait la mort de l’Afrique. Les efforts des uns et des autres vont nous amener à court terme, à doter ce parlement de pleins pouvoirs législatifs qui pourra proposer des lois-types. Nous allons d’ailleurs exercer une législation assistée. En l’absence des gouvernements de l’Union Africaine, le Parlement panafricain est directement rattaché à la conférence des Chefs d’Etats. Nous n’avons pas de craintes à ce sujet. Tout ce que nous aurons à proposer sera validé ou non par la conférence des Chefs d’Etats. Trois ans c’est beaucoup. Nous allons continuer le plaidoyer avec nos deux ambassadeurs que sont les présidents du Burkina Faso et du Malawi, mais aussi la première dame malawite, pour que tous les Chefs d’Etats puissent ratifier ce protocole. Le Parlement panafricain est un organe qui a été appelé à être reformé. Au terme de cette réforme, beaucoup de choses pourront accélérer la législation. 

 

Qu’est-ce qui est fait pour lever les barrières économiques en Afrique et favoriser l’intégration? 

Président du Burkina Faso, Roch Marc Christian KABORE : Sur la question relative à l’intégration et à la levée des barrières économiques, c’est un processus qui va suivre des étapes et nous devons voir quelles seront les compensations pour ceux qui vont perdre dans ces échanges de pouvoir continuer à assumer leurs misions en tant qu’Etats. C’est un processus qui se met en branle et nous avons confiance que par l’essai concentrique que nous avons en Afrique australe, de l’ouest, de l’est. C’est cette concentrique qui, lorsque nous trouverons des solutions à dimension humaine, cela pourra être généralisé sur l’ensemble de l’Afrique. C’est l’objectif final que nous visons et je crois que les pairs-fondateurs nous ont montré la voie. C’est à nous de trouver les étapes par lesquelles nous allons passer pour que nous soyons une Afrique unie, productive dans le sens d’être un continent qui compte dans le monde pour le bien-être de ses populations. 

Président du Malawi, Prof. Arthur Peter MUTHARIKA : La levée des barrières économiques entraînera certainement des conséquences. Cela dépend des revenus de chaque pays. Cela va prendre du temps pour être implémenter dans chaque pays. Mais je puis vous assurer que nous ferons ce que nous pourrons pour que l’intégration économique puisse se faire le plus rapidement possible. 

 

Quelle est la contribution réelle de l’Afrique dans la lutte contre le terrorisme?

Président du Burkina Faso, Roch Marc Christian KABORE : Comme vous le savez, dans la zone sahélienne, nous vivons une situation assez difficile qui est celle du terrorisme. Nous avons crée ce G516 qui est constitué du Niger, le Mali, la Mauritanie, le Tchad et le Burkina Faso. Il s’agit de mutualiser nos moyens parce que la lutte contre le terrorisme n’est pas un phénomène seulement africain, mais mondial. Et c’est une lutte que nous devons mener ensemble. Des actions sont donc engagées pour que nous puissions assurer la sécurité sur nos frontières respectives. Mais également avec l’opération Barkane qui se situe au Mali, nous avons aussi engagé des opérations communes entre le Mali, le Burkina Faso et la force Barkane, et entre le Niger, le Burkina Faso et la force Barkane, des opérations vont être engagées dans les prochains jours. C’est pour dire que c’est un combat que nous menons pied à pied. Nous ne gagnerons pas cette victoire aussi tôt. Mais en même temps, nous pensons qu’au–delà de la guerre que nous devons mener contre le terrorisme, il nous faut également engager des actions de développement dans les zones concernées. Cela est important et cela permettra aux populations de vivre dans de bonnes conditions. Les résultats que nous obtenons dans le cadre de cette lutte sont probants et nous espérons pouvoir poursuivre dans ce sens.

 

Interview réalisée par Muriel Capitoline ELOMO, à Midrand

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