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Négociations avec le FMI: La Cemac en rangs dispersés

Écrit par  Aboudi Ottou

La RCA et le Tchad sont déjà sous-programme, les négociations avec le Cameroun et le Gabon sont avancées, le Congo et la Guinée Equatoriale traînent le pas.

Le 06 mai dernier, au cours de la 2e réunion du Comité de pilotage du Programme des réformes économiques et financières de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (PREF- Cemac) tenue à Brazzaville, il a à nouveau, été demandé aux «Etats-membres de finaliser, dans un délai raisonnable, les négociations en cours avec le FMI (Fonds monétaire international)». Gilbert Ondongo, le ministre congolais de l’Economie, du Développement industriel et de la Promotion du secteur privé qui préside ce comité, sait que cette recommandation s’adresse principalement à son pays et à la Guinée Equatoriale. 

La Centrafrique et le Tchad sont déjà sous-programme avec le Fonds et à l’issue des réunions de printemps qui se sont tenues à Washington du 18 au 23 avril de l’année en cours, on sait que le Cameroun et le Gabon devraient recevoir leurs premiers financiers au mois de juin prochain, signe du début de la mise en œuvre de leurs programmes d’ajustement conclus avec l’institution de Bretton Woods. Mais on ne peut pas en dire autant des pays d’Obiang Nguema et de Sassou Nguesso. En fait, les négociations entre ces deux pays piétinent au point où Christine Lagarde, directrice du FMI, s’est trouvée obligée de rappeler qu’«il est très important que les réformes qui sont entreprises, le soient de manière cohérente et collective». «Avec une Banque centrale, une monnaie et des réserves communes, il est important d’avoir une certaine cohérence économique régionale. Si un pays continuait à dépenser plus qu’il ne reçoit en recettes et tirait trop sur les réserves communes au moment où d’autres pays font des efforts d’ajustement, cela irait à l’encontre de cet important principe de solidarité», explique pour sa part Roger Nord, le directeur adjoint du département Afrique du FMI. 

 

Réticences 

«Le Congo veut s’assurer que lorsqu’il va proposer des mesures, il est capable de les assumer dans l’intérêt des populations congolaises. Il ne faut pas qu’on prenne le Congo pour le mauvais élève de la Cemac. (…) Nous avons des déficits qui sont importants. Lorsque ces gaps seront de nature à susciter ou à solliciter les besoins extérieurs, le Congo finira bien par prendre les décisions», s’est défendu le 04 mai dernier, sur les antennes de RFI, le Premier ministre congolais. Clément Mouamba, qui répondait à la question de savoir pourquoi on a le sentiment que son pays traîne dans sa marche vers la conclusion d’un programme avec le FMI. 

Ce scénario était quelque peu prévisible. Libreville et Malabo ayant affiché depuis le début une certaine réticence à retourner au FMI. En début d’année dernière, le président équato-guinéen affirmait dans les colonnes de Jeune Afrique qu’il ne comptait «emprunter de l’argent ni au Fonds monétaire international ni à aucune autre organisation». Tout au long des tractations en prélude au sommet extraordinaire des chefs d’Etats de la Cemac tenu à Yaoundé le 23 décembre 2016, qui a prescrit le retour au FMI, Denis Sassou Nguesso avait également affiché la même opposition à tout projet de recours au Fonds. Il défendait l’implémentation d’une solution endogène à la crise. Surtout que le 30 juillet 2016, réunis à Malabo au cours d’une session extraordinaire, les chefs d’Etat de la sous-région avaient mis sur pied le PREF-Cemac avec pour objectif «de concevoir et de mettre en œuvre des actions économiques et financières rapides, vigoureuses et coordonnées, aussi bien au niveau national que sous- régional, pour la stabilisation du cadre macroéconomique et une transformation structurelle et profonde des économies de la sous-région» et lui avaient confié la présidence dédiée de ce programme. Aujourd’hui encore le Premier ministre du Congo continue de soutenir qu’une alternative au FMI, «n’est pas totalement exclue». 

 

Le temps presse 

Pour les analystes de la Standard Chartered Bank, l’avenir de la Cemac dépend pourtant en grande partie de l’ampleur des ajustements qui seront mis en œuvre au Congo et en Guinée équatoriale. Pour se sortir d’affaire, la communauté doit réduire les déficits budgétaires et courants qui se sont chiffrés en 2016 respectivement à 5,6 et 11,7 %. L’objectif étant de reconstituer les réserves de change de la Cemac qui se situent aujourd’hui à un peu plus de 2 mois d’importations là où la norme est de trois mois afin d’éloigner le spectre d’une dévaluation du francs CFA, la monnaie commune. Et ces deux pays les plus dépendants de la manne pétrolière ont une très grande part de responsabilité dans cette situation. En 2016, les déficits budgétaires et courants du Congo étaient évalués respectivement de 8,3 et 36,8 et ceux de la Guinée Equatoriale se situaient à 8,6 et 9,4. En plus, de novembre 2014 à la fin 2016, leurs réserves de change avaient dégringolé de 6,6 milliards de dollars quand, pour l’ensemble de la région, cette baisse se chiffre à un peu plus de 9 milliards. Les choses sont d’ailleurs encore plus difficiles pour le Congo qui enregistre à ce jour un taux d’endettement de 77% alors que la moyenne régionale est de 33%.  

Pour le Fonds monétaire international qui a rendu public le 09 mai dernier son dernier rapport sur les Perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne, «les perspectives globalement médiocres s’expliquent en partie par un ajustement insuffisant des politiques économiques». Et il faut d’ailleurs agir vite, estime le directeur du département Afrique du FMI. Pour Abebe Aemro Sélassié, «le retard observé dans l’exécution des ajustements indispensables crée de l’incertitude, freine l’investissement et risque d’engendrer des problèmes encore plus importants à l’avenir. L’ajustement dans les pays riches en ressources naturelles a été retardé. En particulier, les pays exportateurs de pétrole tels que l’Angola, le Nigéria et les pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale, ont encore des difficultés à faire face aux pertes de recettes budgétaires et aux pressions sur leur balance des paiements, trois ans environ après la baisse des prix du pétrole». Avis donc aux dirigeants des pays membres de la région.

 

Afrique subsaharienne: Les priorités pour faire redémarrer la croissance

La croissance en Afrique subsaharienne est tombée à son plus bas niveau depuis plus de 20 ans, note le FMI dans son dernier rapport sur les Perspectives économiques régionales de l’Afrique subsaharienne. Si certains pays comme le Sénégal et le Kenya continuent d’enregistrer une croissance supérieure à 6 %, l’expansion a ralenti dans deux tiers des pays de la région, ce qui a réduit la croissance moyenne à 1,4 % en 2016. Une accélération modeste de la croissance, à 2,6 %, est attendue en 2017, mais, selon le rapport, la dynamique reste faible, et à ce rythme, la croissance économique restera largement en deçà de la tendance de 5–6 %, et dépassera à peine la croissance de la population.

Le directeur du département Afrique du FMI, Abebe Aemro Selassie, note que des mesures vigoureuses pourraient changer les choses. «L’Afrique subsaharienne reste une région avec un potentiel de croissance à moyen terme considérable, mais étant donné le soutien limité qui est attendu de l’environnement extérieur, il est urgent de prendre des mesures vigoureuses et bien conçues pour exploiter ce potentiel», a-t-il déclaré. Le rapport met en avant trois priorités.

Il est primordial de mettre de nouveau l’accent sur la stabilité macroéconomique afin d’ouvrir la voie à une accélération de la croissance. Pour les pays les plus durement touchés, il reste pressant d’assainir les finances publiques pour mettre fin à la baisse des réserves de change et compenser les pertes de recettes budgétaires, surtout dans les pays de la Cemac. En outre, là où c’est possible, l’assouplissement du taux de change et l’élimination des restrictions de change seront importants pour absorber le choc en partie. Pour les pays où la croissance reste vigoureuse, il sera important de s’attaquer aux nouvelles sources de vulnérabilité en s’appuyant sur des bases solides.

Ensuite, il faut s’attaquer aux faiblesses structurelles pour favoriser le rééquilibrage macroéconomique. Des mesures structurelles sont nécessaires pour assurer une position budgétaire viable et réaliser une croissance plus durable en améliorant le recouvrement des impôts, en renforçant le contrôle du secteur financier et en s’attaquant aux lacunes du climat des affaires qui entravent depuis longtemps la diversification économique.

Enfin, il convient de renforcer la protection sociale pour les groupes les plus vulnérables. La combinaison actuelle d’une croissance faible et des déséquilibres macroéconomiques qui s’aggravent risquent d’annuler les progrès accomplis récemment dans la lutte contre la pauvreté. Les programmes existants de protection sociale sont souvent fragmentés et mal ciblés, et ne touchent qu’une petite partie de la population. Le rapport propose d’utiliser les économies réalisées sur de vastes programmes mal ciblés tels que les subventions énergétiques pour aider ces groupes vulnérables.

Source FMI 

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