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Cemac: Le FMI dans le manteau de mère Teresa

Écrit par  Aboudi Ottou
Le président de la RCA et la DG du FMI Le président de la RCA et la DG du FMI

Dans le cadre des négociations en cours pour la conclusion d’un plan d’ajustement structurel régional, l’institution de Bretton Woods recommande aux Etats de la sous-région la protection des lignes budgétaires pro-pauvres.

Au Gabon et au Cameroun où ils sont déjà passés, les experts du Fonds monétaire international (FMI) se sont positionnés en défenseurs des intérêts des personnes vulnérables. «La recherche d’un juste équilibre entre le besoin d’ajustement et la nécessité de préserver les dépenses sociales et de protéger les groupes les plus fragiles de la population sera particulièrement importante», indique Alex Segura-Ubiergo, le chef de mission pour le Gabon, à l’issue d’un séjour de deux semaines à Libreville. Corinne Deléchat, sa collègue qui a conduit l’équipe ayant séjourné à Yaoundé du 20 février au 06 mars, de renchérir: «Les services du FMI ont souligné qu’il était nécessaire de protéger, voire d’accroître, les dépenses sociales en faveur des couches de population les plus vulnérables, et ils ont salué l’intention des autorités d’étendre leur programme éprouvé de protection sociale».

Au Cameroun, la politique sociale désigne les actions qui concourent à l’universalisation de l’éducation et le renforcement de la professionnalisation ; à l’amélioration de l’état de santé des populations ; à la promotion du genre et l’autonomisation des femmes ; à la protection sociale de la petite enfance et des personnes marginales et enfin à la promotion de la jeunesse, de l’emploi, et de l’habitat social.  La réalisation de ces actions coûte au pays chaque année près d’un quart de son budget. Cette enveloppe est d’ailleurs en constante évolution et devrait continuer de croître malgré la crise au regard du discours du FMI. En 2016, par exemple, une dotation budgétaire de 954,5 milliards de francs CFA (22,5% du budget de l’Etat) a été allouée aux secteurs sociaux. Elle était en augmentation de 25,1% par rapport à 2015.

 

Lois somptuaires 

Mais au même moment où les émissaires du FMI demandent de protéger les lignes budgétaires pro-pauvres, ils recommandent aussi de «réduire les dépenses non prioritaires» et de «rationaliser les dépenses». Il s’agit concrètement de maîtriser les dépenses de fonctionnement et d’accroître l’efficience des dépenses d’investissement «notamment en accordant la priorité aux dépenses d’investissement présentant le plus de dividendes de croissance». Pour l’instant, les secteurs où les coupes vont s’opérer de même que leur volume ne sont pas totalement arrêtés. Il en est de même pour la liste des investissements à maintenir pendant cette période transitoire qui ne devrait pas excéder 2019 pour ce qui concerne le pays de Paul Biya. 

«Les détails précis de ce programme sont toujours en discussion», informe la chef de mission pour le Gabon. Alex Segura-Ubiergo ajoute que «A leur retour à   Washington, les services poursuivront leurs discussions avec les autorités pour parvenir à une position commune sur les politiques qui pourraient servir de base à un accord financier au titre de la facilité élargie de crédit». Côté Cameroun, le chef de mission assure que «de très bons progrès vers la définition de mesures» ont été enregistrés. Cependant, précise Corinne Deléchat, «les entretiens se poursuivront durant les jours à venir dans le but de parachever ces accords et de parvenir à un terrain d’entente sur l’ensemble des politiques économiques et financières qui constitueraient la base d’un programme économique appuyé par le FMI». 

Selon nos informations, les mesures de réduction et de rationalisation des dépenses de fonctionnement devraient toucher les dépenses de personnel. Il est question «de maitriser la masse salariale». S’il est acquis que pour le Cameroun les licenciements ne sont pas envisagés, ce ne serait pas encore le cas pour le Gabon plus durement touché par la crise. Avant l’arrivée du FMI, le Cameroun s’était déjà par ailleurs engagé lors du Conseil de cabinet du mois de janvier à réduire le train de vie de l’Etat et les dépenses de transferts. Il va donc sans dire que les 2059,4 milliards de francs CFA prévus cette année pour les dépenses courantes (998,5 milliards pour les dépenses de personnel, 693,7 milliards pour l’achat de biens et services et 367,2 milliards pour les transferts et subventions) connaitront des coupes. En ligne de mire, les frais de réception, de bouche et de mission budgétisés à 60 milliards en 2017 ; les carburants et les lubrifiants d’un crédit de 35,5 milliards ainsi que les primes et les gratifications d’une prévision budgétaire de 42 milliards qui profitent à une poignée de haut fonctionnaires. 

 

Pression fiscale 

Autres recommandations de l’institution de Bretton Woods, «la mise en œuvre continue de politiques destinées à accroître les recettes intérieures non pétrolières» et «l’adoption de politiques saines et prudentes de gestion de la dette». Pour ce qui est de la dette, le FMI estime que «les autorités devront particulièrement veiller à réduire le rythme des nouveaux emprunts, notamment ceux de nature non concessionnelle» Pour la mobilisation des recettes non pétrolières, l’institution de Bretton Woods indique que le Cameroun est sur la bonne voie et l’«encourage à continuer d’élargir l’assiette fiscale non pétrolière». Selon un responsable du Fonds cité par l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique (JA), le pays aurait relevé sa pression fiscale de 16-17% à 20-22% en 2017. Les prévisions de recette fiscale non pétrolière sont ainsi en hausse de 154 milliards francs CFA passant de 1565 milliards en 2016 à 1719 milliards cette année. 

L’objectif de ces mesures est de renforcer le stabilité macroéconomique en réduisant les déficits budgétaires et des comptes courants qui se sont aggravés du fait de la chute du prix du baril de pétrole (d’un prix moyen de 104,1 dollars en 2013, il est tombé à 50,9 dollars en 2015) et de la hausse des dépenses de sécurité. Le solde courant du Cameroun affiche en 2015 un déficit de 4,1% contre 3,8 en 2014 et le déficit budgétaire lui passe de 2,5% en 2014 à 5,1% en 2015. L’enjeu est évidemment de reconstituer les réserves de change de la région qui ont fondu comme neige au soleil (de 5,5 mois d’importations en 2015 à 2 mois en décembre 2016) et éloigner le spectre de la dévaluation du franc CFA.


 

Cameroun: L’ajustement fait sa première victime

Le Cameroun a un nouveau directeur général du budget en la personne de Cyril Edou Alo’o. L’ancien chef de division de la Réforme budgétaire au ministère de Finances (MINFI) a été porté à ce poste vendredi de la semaine dernière. Le décret du président de la République le nommant a été lu au journal de 20h30 de la CRTV, la télévision d’Etat. Antoine Felix Zamba, l’ancien titulaire du poste, est désormais Inspecteur général dans le même ministère. 

Dans le sérail, on y voit un lien entre cette sanction et les négociations en cours avec le FMI en vue de la conclusion d’un programme d’ajustement. Au sein des différentes délégations négociantes, on attribue en effet à l’ancien directeur général du budget un ensemble de blocages qui auraient retardé l’avancement des négociations. L’équipe du FMI conduite par Corinne Del échat serait par exemple retournée à Washington sans les lignes budgétaires pro-pauvres. Une information qu’Antoine Felix Zamba avait la responsabilité de mettre à leur disposition. 

Pour comprendre l’importance de cette information, il faut savoir que le Fonds tient absolument à préserver les dépenses sociales en faveur des couches de population les plus vulnérables. Ainsi qu’il en est ressorti d’une réunion tenue le 02 mars dernier à la Banque mondiale entre les institutions de Bretton Woods et les représentants de l’administration camerounaise, c’est vers ces lignes que ces bailleurs comptent d’ailleurs orienter prioritairement le financement à mettre à la disposition du pays de Paul Biya en contrepartie des efforts d’ajustement. 


 

Situation des autres pays

Avant le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Cemac du 23 décembre 2016 qui a «décidé d'ouvrir et de conclure à brève échéance des négociations bilatérales avec le FMI», deux pays de la sous-région étaient déjà sous programme avec le Fonds. Il s’agit de la République Centrafricaine (RCA) et du Tchad. 

Mais contrairement au pays d’Idriss Deby Itno, la RCA n’est pas au FMI du fait de la crise engendrée par la chute du prix du baril de pétrole. Le seul pays non pétrolier de la région y est pour des besoins de reconstruction après les crises sécuritaires qui l’ont déstabilisé ces dernières années. Et pour cela, le pays bénéficie d’une assistance du FMI. Elle se décline sous forme de conseils, d’assistance technique et de renforcement des capacités dans de nombreux domaines (fiscalité, la production des statistiques…). Cet appui technique est assorti d’un prêt concessionnel de trois ans consenti en juillet 2016 pour un montant de 120 millions de dollars soit environ 54 milliards de francs CFA. 

Seul pays de l’Afrique centrale à avoir réellement de nouveau gouté aux ajustements du FMI, après ceux des années 90, c’est le Tchad. Depuis août 2014, le pays a conclu un accord financier au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant d’environ 146,3 millions de dollars (soit environ 66 milliards de francs CFA). En contrepartie, le Tchad a suspendu les bourses à ses étudiants, réduit de façon drastique les primes et autres avantages des fonctionnaires. Et la cure devrait se poursuivre. Le FMI a en effet de nouveau approuvé une demande d’augmentation du crédit d’environ 46,2 millions de dollars (soit plus de 21 milliards de francs CFA) et une prolongation de l’accord jusqu’à fin novembre 2017. 

Les directives du FMI à l’endroit du Congo Brazzaville et de la Guinée Equatoriale sont attendues. Selon les experts, les efforts de redressement seront plus importants dans ces deux pays. Comme le Tchad, le Congo et la Guinée Equatoriale auraient déjà épuisé l’ensemble de leurs réserves de change. A cela s’ajoute des déficits budgétaires respectifs de 7,5 % et de 5,3 % en 2016, selon les chiffres de Jeune Afrique. D’ailleurs, avant que le FMI ne se pointe, la suppression des primes et autres avantages accordés aux membres du gouvernement et aux députés sont déjà d’actualité à Brazzaville.

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