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APE: Le coup de poker du Cameroun

Écrit par  Aboudi Ottou

Au cours de la réunion des ministres de la configuration négociante d’Afrique centrale, programmée le 03 mars à Douala, le gouvernement camerounais va essayer d’obtenir l’adhésion des autres pays à son accord d’étape avec l’Union européenne.

Le sort de l’union douanière de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) se joue à Douala le 03 mars prochain. Ce jour-là, une réunion du Comité ministériel des négociations de l’Accord de Partenariat Économique (Comina) de la configuration négociante d’Afrique centrale s’y tiendra. Au cours de cette 16e session, «seraient examinées les possibilités d’adhésion individuelle ou collective à l’accord d’étape Cameroun-Union européenne», selon une lettre du ministre camerounais de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) adressée au président de la Commission de la Cemac et datée du 20 janvier 2017. En d’autres termes, la transformation de l’APE d’étape du Cameroun en APE régional d’étape, seule option qui reste à la Cemac pour préserver son union douanière depuis que l’UE a mis un terme aux négociations régionales. 

Depuis le 04 août 2016 en effet, la Cemac n’est plus une union douanière à six Etats. Avec le début du démantèlement des barrières douanières sur les importations du Cameroun en provenance de l’UE, intervenue à cette date, tous les pays de la Cemac n’ont plus la même politique commerciale vis-à-vis des tiers. Ce qui se traduit par exemple par l’existence de deux tarifs extérieurs communs (le Tec Cameroun et le Tec Cemac). Ce qui complique la circulation en franchise de droits de douane des marchandises dans la sous-région. L’application d’une politique commerciale commune est pourtant le socle granitique sur lequel repose une union douanière. Aussi pour sauver celle-ci, l’un des plus grands acquis de l’intégration en Afrique centrale, il ne reste plus qu’une option: convaincre les autres pays de la communauté d’adhérer à l’APE d’étape conclu entre le Cameroun et l’UE. C’est ce que Yaoundé va essayer de faire, aidée par l’Union européenne. Dans cette dynamique, le pays a fait organiser au mois de décembre de l’année dernière à l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) un colloque à l’issue duquel les participants (essentiellement des universitaires camerounais) ont invité les autres Etats à rejoindre le Cameroun dans cet accord.

 

Mission impossible 

La démarche de Yaoundé a tout l’air d’un coup de poker. Le Cameroun demande en effet aux autres pays de  la Cemac de sacrifier leurs intérêts au profit de l’intégration. Pour justifier son choix, le pays de Paul Biya a en effet prétexté la sauvegarde de son accès au marché européen en franchise de droits de douane. Les pays comme le Tchad, la République Centrafricaine et la Guinée équatoriale qui ont déjà libre accès à ce marché en dehors d’un APE pourraient eux aussi rétorquer qu’ils ne vont pas adhérer à l’APE d’étape juste pour sauver l’intégration régionale. 

Les discours à la fois officiels et officieux des autorités de ces pays indiquent qu’ils adopteront cette posture. Lors de la 42ème session du Comité régional de coordination des négociations de l’APE entre l’Afrique centrale et l’UE qui s’est déroulée du 21 au 25 novembre 2016 à Yaoundé, il a été recommandé qu’une réflexion soit conduite en vue d’arrêter «les actions à mener pour renforcer les capacités des services de contrôle aux frontières, pour une meilleure application des règles d’origine et l’effectivité de la libre pratique.» 

Au cours de la même réunion, indique Achille Bassilekin, le secrétaire général du ministère camerounais du Commerce, «il était symptomatique de remarquer que certains des pays de l’Afrique centrale pensent qu’il serait peut être judicieux d’établir vis-à-vis du Cameroun une zone de libre-échange alors que le Cameroun fait partie de l’union douanière. Alors revenir sur la création d’une zone de libre-échange entre le Cameroun et certains de ces pays qui sont tous membres de la Cemac, reviendrait à ramer à contre-courant de la dynamique d’intégration régionale.»

Réunis le 17 février dernier à Djibloho en Guinée Equatoriale, les chefs d’Etat de la Cemac ont «encouragé les différentes parties prenantes à faire preuve davantage de solidarité dans le traitement de cette question et dans la recherche de solutions qui préservent les intérêts de tous les Etats membres». Ce qui apparait comme une mission impossible tant les intérêts sur la question paraissent inconciliables.

Aboudi Ottou

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