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Alex Gustave Azebaze: «Promouvoir l’Union Africaine à travers quatorze de ses instruments»

Écrit par  Thierry Ndong

A cœur ouvert avec le coordonnateur national du comité de pilotage de la plateforme «Mon Union Africaine Cameroun». Cette plateforme, qui regroupe une cinquantaine d'organisations de la société civile (OSC) et de réseaux d'OSC. 

En quoi consiste le travail de «Mon Union Africaine Cameroun»?

L'initiative «Mon Union Africaine Cameroun» vient de la volonté des leaders et représentants des OSC et réseaux d'OSC participants à l'atelier de formation de février de mutualiser leurs connaissances et moyens en vue de rendre plus accessibles aux citoyens et peuples de notre pays les textes régionaux africains dont le Cameroun est signataire ou partie par leur internalisation dans le dispositif législatif (lois y compris la Constitution de la république) et règlementaire national (décrets et arrêtés présidentiels et gouvernementaux d'application desdites lois). L'atelier de Yaoundé, dois-je le rappeler faisait suite à la sélection de l'une de nos organisations civiles, Nouveaux Droits de l'Homme Cameroun (NDH) par appel à candidatures pour la mise en oeuvre au Cameroun du projet SOTU, acronyme de l'intitulé en langue anglaise State Of The Union. Littéralement traduit en français, État de l'Union (Africaine), ce projet est une initiative de la Coalition de la société civile continentale qui a décidé depuis 2009 de militer en faveur de la signature, la ratification et surtout la mise en œuvre dans les pays membres de l'Union Africaine des principaux instruments juridiques de notre organisation continentale. Au 31 décembre 2015, soit 14 ans après l'entrée en vigueur de l'UA suite à la signature alors de l'Acte Constitutif par 2/3 des pays membres dont le Cameroun, c'est au total 49 instruments ou textes qui avaient déjà été adoptés par les Etats membres. Pour le moment, la Coalition SOTU a choisi de faire le monitoring de 14 de ces instruments et politiques dont nous avons la conviction que leur mise en œuvre dans nos pays amélioreraient significativement la situation sociale, économique et politique de nos populations donc, in fine, la situation et la perception de notre Continent. Il s'agit, pour l'essentiel, de la Charte Africaine des Droits de l'homme et des peuples (CADHP) et son protocole dit de Maputo sur le droit des femmes en Afrique; la Charte Africaine pour la Démocratie, les Élections et la Gouvernance (CADEG); le traité établissant la Communauté économique Africaine (CEA); la Charte Africaine pour les Droits et le Bien-être de l'Enfant; la Convention de l'Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption (CUAPLCC); la Convention Africaine sur la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles (CACNRN) et sa convention modificative; le protocole au Traité établissant la Communauté économique Africaine en relation avec le parlement panafricain; la Charte Africaine de la Jeunesse (CAJ); de la stratégie Africaine de la santé; de l'Appel d'Abuja pour l'action accélérée en vue de l'accès universel aux traitements du VIH/Sida, le paludisme et la tuberculose; le plan du NEPAD pour le développement agricole de l'Afrique, etc.

Concrètement, sur quoi porte votre mandat ?

Notre mandat, en tant que Comité de pilotage, consiste à accompagner le point focal Cameroun de la Coalition, notre organisation amie NDH Cameroun dans la réalisation des objectifs du programme d'information, de vulgarisation et surtout d'éveil des pouvoirs publics afin que soient effectivement mis en œuvre dans notre pays les engagements librement pris au niveau africain. D'un point de vue stratégique, et au regard de la situation spécifique de notre pays, nous avons décidé de concentrer nos capacités dans la promotion et le suivi de la mise en œuvre des deux importants instruments juridiques africains que sont la CAJ et CADEG qu'heureusement le gouvernement de l'Etat du Cameroun a déjà introduit dans son dispositif législatif national en les ratifiant respectueusement en 2010 et 2012. On pourrait croire en effet que la ratification, c'est à dire l'adoption, comme lois faisant désormais partie des textes nationaux, suffit en elle-même. Que non. Notre expérience de juriste publiciste, mais surtout de journaliste professionnel doublé d'observateur de la gouvernance publique nationale et internationale, nous enseignent qu'il ne suffit pas que les textes nationaux existent pour être automatiquement connus par les citoyens. À fortiori, leur application par tous, notamment les acteurs publics. Au surplus, dans un pays comme le notre où il n'existe pas encore de loi obligeant les agents publics, à quelque niveau que ce soit, de fournir l'information nécessaire aux citoyens ou usagers des services publics, malgré les engagements et proclamations des plus hautes autorités de l'Etat en faveur de la bonne gouvernance dont la transparence des processus doit être le premier indicateur, il est du devoir des acteurs les mieux outillés de s'engager à ouvrir davantage le système public. Il est en effet établi par toutes les études sérieuses que la corruption et les atteintes aux droits fondamentaux des citoyens s'opèrent autour de la faible information des citoyens sur les règles et normes existantes et applicables qui fondent l'État de droit auquel nous aspirons tous. Notre objectif est donc qu'avec et au bout de la mise en œuvre du projet SOTU, les Camerounais de tous bords, qu'ils soient simples citoyens ou agents/dirigeants de la puissance publique, aient une meilleure appropriation des textes africains voire internationaux dont, il faut dire clairement, sont issues de plus en plus l'essentiel des législations et réglementations nationales au-delà de la souveraineté internationale proclamée des Etats. L'exemple des pays européens, qui sur le plan des mœurs démocratiques sont un peu plus avancés que les noms, nous édifie chaque jour de l'importance des politiques et décisions européennes (UE) sur la vie des Etats membres, malgré les discours politiciens des gouvernants. Telle est aussi une des réalités vives de la mondialisation.

Quel est l'état de lieu de cette initiative en terre camerounaise? 

Je vous l'ai dit, c'est en février dernier que l'idée de la plateforme a germé et a finalement pris corps à l'issue de l'atelier de Yaoundé. Et certes elle faisait partie du plan d'action du membre pays de la Coalition civile panafricaine SOTU qu'est NDH. Avec le lancement de la plateforme, nous accompagnons, par notre participation aux conférences, aux discussions publiques dans le cadre des débats citoyens ou médiatiques, ou des rencontres individuelles de citoyens et/ou personnalités diverses et bien entendu, des organisations civiles non présentes au lancement pour les sensibiliser à la nécessité de s'engager en vue d'une plus grande implémentation par notre pays de ses engagements africains. Nous discutons aussi en ce moment des possibilités de partenariat et d'appuis en vue des études et enquêtes d'opinion aussi bien sur les attentes des Camerounais vis à vis de l'Union africaine; d e la perception que nos populations ont de l'action de nos pays dans le cadre régional africain; etc. Cette stratégie actée il y a deux semaines lors de l'Assemblée générale tenue en marge des cérémonies de clôture de la semaine de l'Unité Africaine célébrée pour la première avec la participation effective des OSC organisées. Nous souhaitons nous appuyer davantage sur les OSC aux niveaux régionaux pour atteindre l'objectif central d'une masse critique de citoyens imprégnés des instruments juridiques de l'Union africaine qui doit effectivement devenir l'organisation des citoyens et des peuples d'Afrique dont la mutation de l'OUA en UA était la philosophie de fond.

L'Union Africaine s'apprête à renouveler à Kigali son organe dirigeant. Quel commentaire des candidatures de l'Afrique centrale? 

De manière globale, et pour le peu que je sache de leurs activités publiques, je pense que les candidats dont les noms ont filtre jusqu'ici, et qui pour l'essentiel sont d'anciens ministres ou de hauts fonctionnaires gouvernementaux, ont de bon pedigrees administratifs. Mais, je doute que leurs seules personnalités intrinsèques suffisent, en cas d'élection, à impacter significativement le cours de l'histoire Africaine. Pourquoi? Notre analyse du fonctionnement de la Commission africaine, depuis le départ Alpha Omar Konare, montre qu'elle est trop dépendante de la volonté des chefs d'État et leurs ministres qui composent les deux principales organes politiques qui sont le Comité exécutif et l'Assemblée générale. Le processus de décision de ces deux organes étant trop lourds parce que politisés, il nous semble qu'il n'y aura aucun changement notable tant que les États membres ne s'obligeront pas déjà en interne à se soumettre aux normes et standards régionaux et internationaux librement consentis par leurs institutions nationales. En comparaison avec l'Union européenne, elle est forte parce que l'essentiel de ses Etats membres se soumettent et respectent aux niveaux nationaux les décisions de l'Union dont la Commission ainsi que les organes spécialisés (Parlement européen, Cour européenne des droits de l'homme, Banque européenne, Mécanisme de stabilité, etc.) veillent simplement au respect des critères de convergences qu'ils soient démocratiques ou économiques et sociaux. De plus, la réticence des pays membres quant à assumer leurs engagements financiers à bon temps, obligeant ainsi la Commission à s'appuyer sur les fonds de projets internationaux, ne renforce pas l'autonomie nécessaire.

Enfin, et ce n'est pas un vœu pieux, il faudrait que nos Etats imaginent des formules d'ouverture des candidatures aux postes de commissaires par appel à candidatures aux nationaux parmi lesquels ils choisiraient les profils les plus qualifiés techniquement et auxquels ils donneraient leur onction étatique en les présentant. Il faut cesser de considérer les fonctions au sein des organisations régionales comme de simples exils ou reclassements de partisans à la retraite. Ça ne donne pas une très bonne image.

Comment résoudre le désintérêt des Camerounais aux processus d'intégration sous régionale, régionale et continentale? 

Paradoxalement à mes réserves sur le poids de la Commission et son futur, une bonne communication publique autour des candidatures camerounaises pour la Commission de l'Union Africaine, l'instance permanente de l'organisation continentale, pourrait susciter un certain intérêt. Elle permettrait, tout comme la couverture systématique par les médias nationaux, dans leur diversité des activités locales et régionales en rapport avec l'intégration africaine, de fixer à défaut de populariser au sein de l'opinion l'Acteur institutionnel appelé "UA" ou "Afrique". Mais à la vérité, au-delà des discours de circonstances, très peu de Camerounais s'intéressent à ce qui se passe autour d'eux, y compris chez leurs voisins immédiats. Une certaine pratique politico-culturelle élitaire qui a tendance à tenir les populations à distance de ce qui les concerne a largement favorisé cet état de fait. Mais plus anecdotique sans doute, le manque d'implication politique et diplomatique personnelle du chef central de l'Etat du Cameroun où, pourtant, tout part et revient vers le président de la République vient en rajouter au faible intérêt. Enfin, une plus grande facilitation des voyages intra-africains, en commençant par l'Afrique centrale et ce Golfe de Guinée dont le Cameroun se trouve au Centre augmenterait l'intérêt des Camerounais pour l'Afrique. Imaginez-vous une conférence de presse présidentielle ou gouvernementale -quel que soit le domaine d'activité gouvernementale- avant et après chaque événement important de l'UA ou de la CEMAC, comment la presse et les médias s'esquiveraient-ils d'autant qu'ils auraient là une mine d'or en terme d'informations disponibles, mais aussi de marché pour ceux qui veulent en savoir sur divers pays du Continent et de la sous-région.

Entretien réalisé par Thierry Ndong

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